Interview du directeur du Festival Verzio

Article publié le 6 décembre 2014
Article publié le 6 décembre 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le Festival Verzio se déroule en Hongrie depuis 2004. Centré sur le cinéma engagé - pour les Droits de l'Homme notamment, ce festival est un pari risqué dans un pays qui ne cesse de s'éloigner des idéaux démocratiques.

Le directeur du festival, Aniko Kovecsi, nous parle de cette 11ème édition. 

Le seul et unique festival cinématographique dédié aux droits de l’Homme en Hongrie est organisé depuis 2004 par la Fondation Verzio. Son programme est vaste et traite de nombreuses questions : l’oppression politique, les conflits et guerres civiles, le terrorisme, les difficultés des minorités, des réfugiés, les droits des femmes, les trafics ou encore les droits des enfants.

Un pari particulièrement risqué dans un pays – la Hongrie – où le pouvoir politique est de plus en plus critiqué par ses partenaires européens pour son manque de transparence et ses violations des Droits de l’Homme de plus en plus nombreuses.

Le 11ème festival Verzio a eu lieu dans quatre différents cinémas de Budapest (Toldi, Muvesz, Kino, Cirko, Jejzir de leurs noms).

Le directeur, Aniko Kovecsi, nous donne ses impressions et le bilan qu’il tire de cette 11ème édition.

Le 11ème Festival Verzio vient juste de finir. Êtes-vous satisfait du résultat et de l’affluence cette année ?

Nous avons plus de 5 000 spectacteurs cette année – la plus grande affluence à ce jour, et un chiffre que je crois très bon pour un petit festival à but non lucratif. Cependant, je ne fais pas la course aux spectateurs car ce sont plutôt les films qui importent, et en particulier les questions et les réactions qu’ils suscitent. Là réside tout l’enjeu du festival : regarder, penser, parler des droits de l’Homme pour être des citoyens conscients et critiques de la société. 

Est-ce que des étrangers viennent regarder les documentaires ou seuls les Hongrois intéressés font le déplacement ?

Verzio est un festival international et à ce titre nous souhaitons attirer à la fois des Hongrois et des étrangers. Les films sont disponibles avec des sous-titres en anglais, justement parce qu’il y a une grande communauté d’expatriés à Budapest et que leur présence au festival est très importante pour nous également. Ce que j’aime à propos de notre public, c’est sa diversité. Nous avons des spectateurs de toute la Hongrie et de plus loin encore, et les tranches d’âges sont elles aussi plutôt larges.

Parlez-nous un peu du festival et du thème sur lequel il est basé, les Droits de l’Homme.

« Verzio » signifie en hongrois « version ». Le festival propose justement différentes « versions » d’histoires sur les Droits de l’Homme. Verzio est un festival engagé dans la promotion d’une société ouverte, démocratique et basée sur la tolérance, à travers notamment l’exploration de nouvelles perspectives dans le vaste domaine du cinéma documentaire. Le festival propose un forum où les films, leurs portées et leurs interprétations peuvent être librement examinés, critiqués et commentés.

Combien de documentaires étaient proposés cette année ? Comment les choisissez-vous ?

En 2014, nous avons proposé 61 films différents incluant un Panorama international constitué de films liant activisme politique, créativité artistique et réflexions sur le monde d’aujourd’hui, mais aussi un Panorama exclusivement hongrois comprenant onze documentaires récents qui présentent des histoires humaines hongroises de toute horizon.

Nous avons également proposé des thématiques particulières telles que « Born Digital », une enquête explorant l’influence de la connectivité et des nouvelles technologies sur nos vies, « Global Hungarians » qui présente la vie d’hongrois expatriés dans le monde entier, « Reactive Citizen » qui s’intéresse aux impacts sur la société des énergies nucléaires, « Protest Waves » qui offre des reportages sur les mouvements de protestation contre la censure, la corruption et la répression politique partout dans le monde ou encore « Screening India », une thématique sur les contrastes de la société indienne actuelle qui cherche également à mettre en exergue des approches créatives pour représenter le changement quelqu’il soit à travers le cinéma.

Le festival choisit des documentaires créatifs sur les Droits de l’homme (des courts comme longs-métrages) parmi les films candidats mais également à travers la sélection des autres festivals internationaux.

Il y avait également 4 « master class » avec des réalisateurs cette année, était-ce la première fois ?

Les DunaDOCK Masterclasses étaient destinées en partie aux professionnels du cinéma et a offert une opportunité exceptionnelle de découvrir les dessous de la réalisation grâce à la présence de réalisateurs récompensés tels que Peter Kerekes, Petra lataster Czisch, Peter Lataster et Marcell Gerő. C’était en effet la première fois et se fut un grand succès. 

Quels sont vos plans pour l’avenir et le festival suivant ?

Verzio souhaite continuer à promouvoir une société ouverture, la démocratie et la tolérance tout en explorant de nouveaux domaines de la création documentaire cinématographique.