Inscrire les élections régionales dans l’enjeu européen

Article publié le 8 mars 2010
Article publié le 8 mars 2010
Par Hamid Derrouich Retour sur le débat du 27 février 2010 C’est dans un haut lieu de la culture strasbourgeoise, le Théâtre Jeune Public, qu’a eu lieu le débat sur les Elections régionales. Quel avenir pour l’Alsace dans l’espace rhénan ? La démarche de l’équipe de Café Babel, organisateur du débat en partenariat avec le Club de la presse et StrasTV, est avant tout citoyenne.
En effet, elle visait à explorer les contours d’une élection dont les enjeux portent sur le quotidien des Alsaciens dans l’espace rhénan et à inciter les électeurs à une participation active au scrutin du 14 mars.

Le débat animé par Vladimir Vasak, Président du Club de la Presse de Strasbourg, a réuni les têtes de liste de cinq formations politiques : Jacques Bigot tête de liste du rassemblement soutenu par le PS, Patrick Binder, Pour une région enracinée (FN), Jacques Fernique Europe Ecologie Alsace, François Loos, représentant de Philippe Richert Majorité Alsacienne et Yann Wehrling Alsace Démocrate. Bien que critiqué par quelques groupes politiques locaux, le choix opéré par les organisateurs du débat se justifie par le fait qu’il s’agit à la fois de formations politiques représentées au sein du Parlement Européen et de listes sortantes.

De l’avis de tous les participants, le débat était dépassionné. Et on ne peut que s’en réjouir. Trois lignes directrices ont marqué cette rencontre. Tout d’abord la place de l’Europe dans la campagne de différents candidats. Excepté Patrick Binder qui s’est efforcé de « relocaliser » les enjeux des prochaines régionales, tous les autres candidats sont unanimes quant à la dimension européenne du scrutin. Jacques Fernique a ainsi rappelé qu’une « région à l’aise dans ses responsabilités pour la qualité de vie de chacun, c’est une région qui doit se connecter au pôle politique européen, qui doit être l’interlocutrice de l’Europe autant qu’il a la responsabilité de faire vivre la république de façon décentralisée ». Le débat s’est poursuivi par l’examen des enjeux locaux et des propositions programmatiques des différents candidats. A cet égard, c’est le bilan de la majorité sortante dirigée par Adrien Zeller qui a été passé à la loupe. Enfin, Vladimir Vasak a abordé l’épineuse question des alliances possibles entre les différentes formations politiques pour le deuxième tour du scrutin. Bien que la prudence fût de mise, les signes d’un rapprochement entre Europe Écologie et le PS étaient visibles. Yann Wehrling, qui se déclare non solidaire du bilan de la majorité sortante puisqu’il n’y avait pas participé, considère que cette question des alliances possibles a occulté les enjeux de décentralisation, de régionalisation, de la place de l’Europe dans les « programmes » respectifs des candidats. « Il y a un côté spectacle politique qui doit changer » affirme-t-il.

Le public ayant assisté au débat était majoritairement constitué de militants des différentes formations politiques. Chaque intervention d’un candidat a donné lieu à des applaudissements de ses colistiers ou de ses soutiens. Elle soulève aussi les huées de ses adversaires. Il semblerait que les citoyens aient préféré profiter du temps printanier de ce samedi 27 que d’un débat sur les élections régionales dont les statistiques et les sondages disent qu’elles n’intéresseraient que 50% des électeurs.