Inégalités dans le monde : doit-on s'indigner ? 

Article publié le 21 janvier 2015
Article publié le 21 janvier 2015

1% de la population mondiale détiendra bientôt plus de biens que ce que se partagent les 99% restants. C'est ce que met une évidence une étude publiée lundi par l'organisation humanitaire britannique Oxfam. Les inégalités grandissantes sont à l'origine de graves conflits, même dans les pays industrialisés, préviennent les commentateurs. Le sommet de Davos apportera-t-il des solutions?

De Morgen - Belgique : taxer plus fortement

Il faut taxer plus fortement la fortune dans les pays occidentaux industrialisés, exige le quotidien de centre gauche De Morgen : « Bien sûr que d'un point de vue libéral c'est une approche totalement erronée qui est l'expression d'une mentalité envieuse. C'est quand même étrange. Justement, le président Obama qui n'est tout de même pas un représentant de l'extrême gauche va plaider pour cette mesure dans son discours sur l'État de l'Union : une taxe sur les revenus des richesses pour le pourcentage le plus riche de la population en faveur de la classe moyenne qui est en train de disparaître noyée. (...) Cela n'a rien à voir avec de la jalousie, mais plutôt avec une distribution un peu plus juste de la fortune et des richesses qui peut contribuer à une société plus digne et plus sûre. D'ailleurs, la gauche n'est pas la seule à considérer les inégalités grandissantes comme la grande menace pour l'avenir : c'est ce que pensent aussi la plupart des penseurs, d'industriels et d'économes de premier plan qui se retrouveront à Davos cette semaine pour célébrer leur grande messe. » (20.01.2015

Delo - Slovénie : Les inégalités sont un danger

Les participants au forum économique de Davos ne vont pas s'engager en faveur d'un monde plus juste, écrit le quotidien de centre-gauche Delo. C'est déplorable, car la pauvreté est un facteur de radicalisation. D'après le journal : « Ceux qui se rendront mercredi dans la ville suisse de Davos en jet privé ou en hélicoptère commencent doucement à s'en rendre compte. (...) Pourtant, même si certains d'entre eux commencent à avoir peur des conséquences dangereuses des inégalités, il est peu probable qu'ils fassent porter la responsabilité aux riches qui par l'évasion fiscale sont à l'origine du problème. Il est aussi peu probable que l'on décide de taxer plus fortement le capital que le travail, que le salaire minimum soit relevé et que les services publics soient améliorés, ce que l'organisation Oxfam prescrit. Et cela, alors que la hausse des inégalités conduit déjà aux premiers conflits sérieux, même en Europe. »  (20.01.2015)

Duma - Bulgarie : C'est l'heure de la révolution ! 

Seule une révolution pourra mettre fin aux inégalités existantes, estime le quotidien socialiste Duma en réponse à l'étude d'Oxfam : « La pauvreté et les inégalités sont des sujets tabous pour la plupart des médias et des analystes bulgares, et encore plus pour les politiques. Ils parlent pourtant continuellement de certaines "priorités", d'extravagants projet de développement financés par l'étranger, par contre il n'est jamais question d'une politique globale qui lutteraient contre les inégalités. C'est le système politique lui-même qui favorise ces inégalités. (...) Cela peut sembler cynique, mais les riches ne sont pas responsables du fait de vivre de la misère des autres. Le problème c'est qu'ils ne sont pas en mesure de trouver les mécanismes adéquats pour lutter contre ces inégalités. Il se passe exactement l'inverse. C'est pourquoi il est l'heure de faire la révolution. Sérieusement : l'histoire ne connaît pas d'autres moyens pour combler un si grand fossé. » (20.01.2015)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne : il faut être à Davos !

Une confiance perdue dans la politique. Des médias, des grandes entreprises et un monde déchirés par les conflits. Discuter ensemble d'un tel contexte est une raison suffisante pour organiser un sommet à Davos analyse le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung : « Depuis des années, les réactions (à la tenue de ce sommet) sont prévisibles : ça ne sert à rien d'autre que de faire des dépenses, à brasser du vent, à faire des contacts professionnels, c'est le cirque des vanités. (...) Ce n'est en fait qu'une petite partie de la réalité. Nulle part ailleurs ne se rencontrent, dans un si petit espace, tant de représentants du monde politique, scientifique, économique et culturel afin de parler de l'état du monde. C'est une valeur en soi. On se rencontre et on se tend la main. Qu'y a-t-il de plus précieux dans un monde où tous les anciens liens sont en train de disparaître ? Quelques jours à Davos ne sont pas en mesure de guérir le monde de la démesure et de la cupidité des patrons, ni les conduites erronées des politiques. Mais garder confiance en une amélioration doit rester le début de tout. » (20.01.2015

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