Indignés grecs : marée humaine dans tout le pays

Article publié le 7 juin 2011
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Article publié le 7 juin 2011
Les Indignés grecs ont inondé dimanche le cœur des grandes et petites villes du pays. La capitale Athènes a connu l'un des plus importants rassemblements dans l'histoire du pays depuis la chute de la dictature des Colonels (1967-1974). C’est une mobilisation citoyenne et populaire d’une ampleur exceptionnelle que le mouvement grec des Indignés a entraîné dimanche 5 juin dans tout le pays.
Avec probablement plus de 100000 personnes à Athènes et plusieurs centaines de milliers dans tout le pays. Cette mobilisation dépasse par son ampleur toutes les manifestations qui accompagné les neuf grèves générales organisées depuis un an par les syndicats, et c’est l’un des plus importants rassemblements depuis la chute de la Junte militaire en 1974. C’est aussi la mobilisation la plus importante en Europe dans le mouvement des Indignés.

indignes-syntagma-dim5juin Rassemblement sur la place de la Constitution à Athènes (photo Eleftherotypia.gr).

C’est dans la foulée du Movimiento 15-M né le 15 mai sur la place de la Puerta del Sol à Madrid que les Grecs ont commencé à se rassembler pacifiquement le 25 mai à Athènes sur la grande place de la Constitution face au Parlement. Chaque jour, des jeunes et des moins jeunes se donnent rendez-vous via Twitter, Facebook dont la page compte plus de 130000 membres, par téléphone ou par le bouche-à-oreille, certains aussi campent sur place. Ils se rassemblent pacifiquement pour montrer leur exaspération en tant que peuple. Car les participants n’appartiennent à aucune organisation, ni parti politique, ni syndicat. Il s’agit de franges de la population représentatives du peuple grec : des salariés, des chômeurs, des retraités, des étudiants, des employés du privé comme du public, des mères de famille avec une poussette, des personnes âgées... Un manifestant interrogé dimanche par le journal Ethnos confie : « Je n’appartiens à aucun parti politique. Je n’ai jamais manifesté de ma vie, mais je vois qu’avec les politiques qui sont mises en œuvre, l’avenir de mes enfants n’est pas assuré ».

Le message des Indignés résonne contre l’envolée du chômage, contre les bas salaires et la vie chère, contre les plans d’austérité qui se succèdent, véritable cure de cheval administrée conjointement par l’Union Européenne et le FMI, contre les vastes plans de privatisation, contre le gouvernement socialiste de Georges Papandréou et contre le monde politique en général. Les slogans fusent comme « Je vote, tu votes, il vote, nous votons, vous votez, ils volent » pour dénoncer la corruption, ou encore « On ne doit rien, on ne vend pas, on ne paie pas » en référence à la dette publique et aux privatisations massives du domaine public censées y remédier. Dans la foule, les mains se lèvent face au Parlement, les sifflets et les casseroles retentissent, certains entonnent des chants de résistance, d’autres dansent sur des airs plus festifs.

En province aussi le mouvement a été très suivi par des personnes de tous les âges, des jeunes, des étudiants, des salariés, des chômeurs, des agriculteurs : à Thessalonique, à Patras, Lamia, Larissa, Volos, Héraklion... où circulaient des slogans comme « Sortez tous sur les places avant qu’ils nous saignent pour de bon » ou « Ils n’aboliront pas nos droits », ou encore « Ils nous paraissaient grands parce que nous avions la tête baissée, nous avons relevé la tête, ce sont eux maintenant qui vont la baisser ».

A 21h sur la place de la Constitution s’est ouverte une assemblée populaire au cours de laquelle chacun peut prendre la parole et exprimer son point de vue sur la crise. Les animateurs ont aussi organisé une liaison téléphonique via Skype avec la Puerta del Sol à Madrid où des milliers d’Indignés espagnols étaient rassemblés.

Sources : Journaux To Ethnos, Eleftherotypia, Ta Nea et site d’information TVXS.gr.