Immigration en Hongrie : le mur de la discorde

Article publié le 27 juillet 2015
Article publié le 27 juillet 2015

[Opinion] Le mur que le gouvernement veut construire le long de la frontière avec la Serbie divise la société hongroise. L’opposition proteste fermement contre la décision du gouvernement, qui voudrait mettre un frein à l’immigration. Selon moi, la question est bien plus complexe.

Je voudrais dire une seule chose à tous : ne pensez pas que je suis stupide et ne pensez pas que mes connaissances le sont. À mon avis si nous en avions envie, nous pourrions communiquer de façon beaucoup plus efficace sur « le mur de la discorde ». Car la question des réfugiés ne peut être résolue avec un « si tu viens en Hongrie, tu ne peux pas voler le travail des Hongrois ». Pas plus qu'avec les phrases, terriblement populistes, prononcées par l’opposition. Nous devrions déterminer une chose : la question migratoire est un des problèmes les plus importants, si ce n’est le plus important, d’Europe. Celui qui met en doute cela devrait jeter un œil aux statistiques. En Hongrie, le nombre de réfugiés continue d’augmenter même si le pays n’est pas aussi attirant que la France ou l’Italie. Si nous minimisons ces données avec des phrases légères en ce qui concerne la charité envers son prochain et l’importance de l’hospitalité, nous risquons d’aggraver la situation. Nous devons faire quelque chose mais cela doit être fait avec l’Europe, dans son ensemble, selon un plan commun.

Si la collaboration entre les États européens venait à être remise en question, nous risquerions de tout remettre en question. Cela vaut également pour la dette grecque, question peut-être encore plus fastidieuse que la première. Si les États membres ne réussissent pas à trouver une stratégie commune capable d’être prise au sérieux (la Hongrie s'est fermemement opposée à accueillir des réfugiés au moment où une politique de quota a été proposée par l'UE, ndlr), il n’est pas sûr que dans vingt ans nous puissions encore parler d’Union européenne.

Retournons aux discours populistes : la construction d’une barrière est une solution drastique, même si notre gouvernement n’est pas nouveau en ce qui concerne la prise de décision improvisée, mais diaboliser cette solution est ridicule, tout du moins croire qu’un mur résoudrait à lui seul l’intégralité du problème (toujours dans l’hypothèse où le projet se réalise en démontrant qu’il ne s’agissait pas d’un simple bluff). En Europe, différents pays ont déjà expérimenté cette méthode. Aux États-Unis, le long de la frontière avec le Mexique, la situation est similaire, ainsi, l’hypothèse du mur n’est pas tant irréelle que cela. Mais qui sait quelle est la solution idéale ! Désirons-nous que la première expérience des réfugiés en Hongrie soit une terrible traversée en ce qui concerne la frontière ou non ?

La décision la plus importante du 21ème siècle sera prise en se fondant sur nos réactions et même si nous avions dû agir le plus rapidement possible, je ne me sens pas de conseiller à qui que ce soit un jugement hâtif. Il est préférable d’agir raisonnablement. Sobrement.