Immigration : budget triplé pour la surveillance maritime

Article publié le 24 avril 2015
Article publié le 24 avril 2015

Une réunion extraordinaire du Conseil européen se tenait hier à Bruxelles, suite aux évènements tragiques survenus en Méditerranée. Les chefs d’État et de gouvernement ont décidé de tripler le budget de l’opération « Triton », dédiée à la surveillance maritime.

Plus de moyens financiers, matériels et humains

Le Conseil européen extraordinaire, réuni suite à la récente catastrophe qui a fait plus de 800 morts au large des côtes libyennes, s'est achevé jeudi soir. Parmi les annonces faites par l'Union européenne, le triplement du budget du programme d'intervention « Triton », qui va donc passer de 3 à 9 millions d'euros mensuels. Coordonné par Frontex, l’agence de surveillance des frontières, l’opération Triton lancée le 1er novembre 2014 est une mission sécuritaire qui a pour objectif premier d’empêcher l’arrivée de migrants clandestins au sein de l’Union européenne.

Outre l'augmentation des moyens financiers, les dirigeants européens ont également convenu de renforcer leur position en mer Méditerranée, en fournissant à Triton des navires, des avions et des moyens humains supplémentaires. Les chefs d'État et de gouvernement ont enfin annoncé qu'ils allaient proposer une résolution à l'ONU pour « identifier, capturer et détruire les bateaux des passeurs » 

La Commission européenne devrait prochainement organiser un sommet entre l'UE et l'Union africaine, sommet qui pourrait se tenir à Malte, un des pays européens les plus confrontés directement à l'arrivée des migrants. La Commission qui doit par ailleurs présenter à la mi-mai sa stratégie en matière de migration légale. Cette stratégie sera discutée au Conseil européen de juin.

Pour Amnesty, les solutions discutées sont insuffisantes

En triplant le budget de Triton, on revient ainsi au niveau de l’opération précédente, « Mare Nostrum », organisée par l'Italie entre octobre 2013 et 2014 suite à la tragédie de Lampedusa, pour tenter de sauver les migrants affluents en Méditerranée. La comparaison entre les deux opérations est cependant délicate puisque leurs missions diffèrent. Si Mare Nostrum a pour but le sauvetage des migrants, Triton est avant tout une opération de surveillance. La marine italienne avait notamment la possibilité d'intervenir jusqu'aux côtes libyennes, ce que le cadre délimité par « Triton » ne permet pas.

Selon Amnesty International, le triplement des financements de Triton ne permettra d'améliorer la situation en Méditerranée que si la zone de recherche et de sauvetage est élargie à la haute mer, où le plus de migrants trouvent la mort. « Avoir des bateaux en Méditerranée ne sert à rien si ces bateaux ne sont pas au bon endroit, comme nous le montrent les limites fatales de l'opération Triton. Si les bateaux restent près des côtes, les immigrants et les réfugiés continueront de se noyer », a notamment déclaré Iverna McGowan, directrice du bureau d'Amnesty International auprès des institutions européennes.

Une autre question persiste : qui pour accueillir les migrants de la Méditerranée ? Rappelons que depuis 2000, pas moins de 22.000 migrants sont morts en tentant d'atteindre la rive nord de la Méditerranée, selon les estimations d'un rapport de l'Orgnisation Internationale pour les Migrations (OIM)...