Il ne manque que le support de Zapatero pour lancer Rasmussen

Article publié le 6 février 2009
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Article publié le 6 février 2009
Martine Aubry serait la dernière cartouche pour que les européens aient un candidat alternatif au conservateur Barroso pour présider la Commission. Sa mission est de convaincre le président espagnol, Zapatero. « Ce serait aberrant de penser que l’Europe est incapable de s’incarner en un homme et un parlement forts.

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« La campagne sera un succès pour les socialistes car l’Europe est gouvernée presque entièrement par la droite et que celle-ci est responsable de la crise », rabâchait Martin Schulz, leader du groupe socialiste européen, pendant la présentation de Martine Aubry au Parlement européen cette semaine. « L’arrivée des libéraux aux gouvernements nous a conduit dans cette situation », complétait Aubry, convaincue que « pour surpasser la crise il faut un plan de relance de l’UE, au lieu d’une simple coordination des plans nationaux ».

Rasmussen, style de rien

« L’UE n’est pas le problème, mais la solution à court terme. En juin, nous devons convaincre les citoyens pour qu’ils nous votent et qu’on mette en place un plan européen de relance », insistait la française à deux mètres du Président du Parti Socialiste Européen, Poul Nyrup Rasmussen, présumé favori pour se porter candidat socialiste à présider la Commission européenne et faisant style de rien pendant la conférence de presse. Alors, qu’attendent les socialistes pour lancer sa candidature ? Le soutien officiel d’un des poids lourds de la famille socialiste européenne, le président espagnol José Luís Rodríguez Zapatero, qui a déjà donné en public son soutien au conservateur Durão Barroso, question de solidarité ibérique.

Une mission pour Aubry

Le britannique Gordon Brown n’a pas non plus épargné des paroles de soutien envers Barroso, mais tous dans le PES savent que les travaillistes jouent leur propre jeu : personne n’attend leur soutien manifeste à Rasmussen. C’est Zapatero qu’il faut convaincre, et pour ce faire il faut choisir un émissaire. « Le Parti Socialiste Français souhaite un candidat socialiste pour présider la Commission et j’espère que les autres partis socialistes et sociaux-démocrates européens nous suivront », déclarait Aubry, qui sait sûrement ce que signifie que la Commission soit présidée par un socialiste, puisqu’elle est la fille de Jacques Delors, seul président de la Commission qui a fait deux mandats à sa tête, entre 1985 et 1995. « Au moment où Obama va incarner le multilatéralisme que nous souhaitons tous et la justice, ce serait aberrant de penser que l’Europe est incapable de s’incarner en un homme et un parlement forts. Ce n’est pas à moi d’annoncer qui que ce soit, mais il ne manquera pas un seul militant français pour soutenir une candidature que vous imaginez peut-être tous », elle a dit, pendant que Rasmussen, à l’autre bout de la table, renforçait son style de rien. Tout laisse supposer qu’à la fin du mois il y aura de la dans l’UE pour que deux candidats incarnent des modèles confrontés pour faire face à la crise en Europe : le portugais Barroso et le danois Rasmussen. Ce média a été informé que, une fois de retour du Parlement européen, Aubry a lance la phrase suivante dans son entourage: « Il me reste à faire un voyage à Madrid pour me rencontrer avec Zapatero ; il ne reste que lui ».

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