Il ne faut pas renoncer à la PAC

Article publié le 19 avril 2008
Publié par la communauté
Article publié le 19 avril 2008
Alors que le chef du FMI, Dominique Strauss-Kahn, met en garde contre d'éventuelles guerres causées par la crise alimentaire que traversent de nombreux pays en développement actuellement, le ministre allemand de la consommation, Horst Seehofer, demande une véritable révolution agricole en Europe.
Le besoin de répondre efficacement aux défis lancés par l'augmentation des prix alimentaires et la baisse des stocks mondiaux amène à repenser la réforme de la PAC.

Il y a longtemps que la PAC n'est plus excédentaire. Et la crise alimentaire qui se prépare exige d'avoir une véritable indépendance agricole en Europe. C'est pourquoi renoncer à la PAC serait une véritable "faute politique". C'est du moins ce que déclarait avant-hier le ministre français de l'agriculture et de la pêche, Michel Barnier, dans les colonnes du quotidien économique La Tribune:

Il y a longtemps que la politique agricole commune ne génère plus d'excédent, les stocks mondiaux n'ont jamais été aussi bas : ceux du blé rapportés à la consommation mondiale sont à leur niveau des années 1960. L'enjeu des agricultures dans le monde, aujourd'hui, est de doubler la production pour nourrir 9 milliards d'individus en 2050 (...) À l'heure où l'insécurité alimentaire devient une question de sécurité dans le monde, faut-il monnayer la fin de la PAC ? Tout cela confirme ce que l'on avait eu tendance à sous-estimer : l'alimentation ne peut être laissée à la seule spéculation financière, au moins-disant sanitaire et environnemental ou aux simples lois du marché. Dans ce contexte, la politique agricole commune est plus que jamais nécessaire, non parce qu'elle est historique mais parce qu'elle est stratégique.

Il faut donc complètement repenser la réforme de la PAC et relancer la production agricole en Europe, explique le ministre allemand Seehofer. Selon lui, il faut recommencer à cultiver les surfaces mises en jachère car "l'agriculture est une question d'intérêt national et non un thème secondaire" (SPIEGEL).

Aurélien Bordet