« Il faut sortir de cette attitude trop défensive et montrer ce que Strasbourg peut apporter à l’Europe »

Article publié le 7 août 2008
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Article publié le 7 août 2008
Strasbourg, Parlement européen, 8 juillet 2008 Par Kerstin Acker
L300xH223_ries-8-c3280.jpgLe 8 juillet dernier, Roland Ries, maire de Strasbourg, s’est rendu au Parlement européen pour s’exprimer sur le programme strasbourgeois de la Présidence française de l’Union européenne.

Il y a été accueilli par une habituée, la députée européenne Catherine Trautmann (PSE), également ancien maire de la ville (1989-2001). Cette dernière n’a pas manqué l’occasion de revenir sur le contexte difficile dans lequel s’ouvre la présidence française de l’Union européenne. Elle s’est notamment exprimée sur la crise climatique, sujet d’actualité s’il en est puisque l’adoption d’un paquet de mesures en matière de climat et d’énergie fait partie des quatre priorités de la présidence française.

Pour entrer de plein pied dans cette présidence française de l’Union européenne, Roland Ries a souhaité mettre en avant deux enjeux importants de la Présidence française pour Strasbourg.

Une stratégie sur le long terme : l’Europe à Strasbourg

«Il faut dépasser une problématique qui a trop longtemps été défensive et qui a largement poussé à des incompréhensions », a déclaré Roland Ries. Le maire de Strasbourg a débuté son discours par le brûlant débat du siège du Parlement européen à Strasbourg, revenant sur l’idée du siège unique et de l’accessibilité de Strasbourg : « l’accessibilité n’est plus un problème aujourd’hui ; elle s’est considérablement améliorée avec la mise en place du TGV Est ».

« Strasbourg est le siège d’une certaine conception de l’Europe : Strasbourg est l’Europe des peuples, l’Europe parlementaire, l’Europe des Droits de l’Homme, par opposition à une autre conception de l’Europe qui est aujourd’hui d’une certaine manière en crise. C’est dans cette deuxième conception que le divorce entre la construction européenne et les citoyens d’Europe est consommé à en croire les votes successifs des Français, Néerlandais et Irlandais».

Et Roland Ries de renchérir : « Il faut sortir de cette attitude défensive et expliquer ce que Strasbourg peut apporter à l’Europe. Il faut partir de l’Europe à Strasbourg pour aller vers l’Europe de Strasbourg! »

Une occasion de faire grandir l’Eurodistrict Strasbourg-Ortenaulogo_eurodistrict.gif

Roland Ries a saisi l’occasion pour remettre sur le devant de la scène médiatique ce qui avait constitué un point majeur de sa campagne : le renforcement de l’Eurodistrict Strasbourg-Ortenau.

« Strasbourg est le siège de l’Europe des 27 avec le Parlement, des 47 avec le Conseil de l’Europe et des Droits de l’homme avec la Cour européenne des Droits de l’homme. La distinction entre l’Europe à Strasbourg et l’Europe de Strasbourg paraît aujourd’hui particulièrement pertinente. Et c’est dans cet esprit que nous souhaitons que puisse se développer ici un véritable Eurodistrict, un véritable partenariat autour du Rhin.»

L’Eurodistrict Strasbourg-Ortenau se limite aujourd’hui à une zone de coopération transfrontalière mais devrait devenir, à terme, un véritable territoire européen, où cette conception de l’Europe des peuples prendra tout son sens.

Les quatre axes majeurs du projet Eurodistrict sont l’adoption d’un « Agenda 21 » (concernant le développement durable) à l’échelle transfrontalière, le renforcement de l’attractivité économique et sociale du territoire, la création d’un espace culturel commun et enfin le rayonnement Strasbourg et l’Ortenau en Europe et dans le Monde.

« L’objectif est de trouver un statut juridique et fiscal spécifique pour permettre a Strasbourg de jouer pleinement son rôle européen et de lui donner une dimension internationale qui est aujourd’hui encore un peu problématique », a déclaré le maire strasbourgeois.

Pour faire participer les citoyens à la construction de cet Eurodistrict, Roland Ries envisage une consultation populaire sur les attentes des citoyens des deux côtés de la frontière. Cette consultation, destinée à évaluer l’adhésion de la population autour de ce projet sera menée parallèlement aux élections européennes de 2009.

Un programme tourné vers les citoyens

Faute de grande réunion ministérielle dans la capitale alsacienne lors de ces six mois de présidence, la ville de Strasbourg a du adapter son programme : « Je sais qu’il n’y a pas que Strasbourg en France, mais je trouve qu’à partir du moment où on veut renforcer la vocation européenne et internationale de notre ville il aurait été souhaitable que des manifestations aient lieu ici aussi, plutôt qu’à Brest ou Marseille, des villes qui n’ont à priori pas cette vocation européenne. »

Faute de recevoir les hauts responsables européens, la ville de Strasbourg a choisi de se tourner vers les citoyens de la région : « nous essayons d’associer les citoyens à la présidence de l’Union Européenne à Strasbourg. C’est la raison pour laquelle nous avons prévu une série des manifestations gratuites à destination du grand public. »

Après le Food Festival (10-13 juillet), manifestation sur les cultures culinaires européennes, les manifestations vont se multiplier à travers la ville. Au cœur de la ville, Place Kléber, se déroulera jusqu’au 30 août une manifestation destinée à familiariser les citoyens avec l’Europe. Le monument historique majeur de la ville, la cathédrale de Strasbourg, sera quant à lui illuminé jusqu’au 31 août sur le thème de « L’Europe depuis 1900 » avec des accompagnements musicaux.

Ces évènements suffiront-ils à attirer l’attention des strasbourgeois sur ce qui va se jouer en France ces six prochains mois ? Une chose est sûre : « Strasbourg sera bien présent pendant la présidence française. ». C’est Roland Ries qui l’affirme.

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