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Article publié le 6 juin 2007
Publié par la communauté
Article publié le 6 juin 2007
« La poésie est un système de signaux lumineux… », assurait le globe-trotter León Felipe. « Le vers antérieur au mien est une torche que portait dans la main le poète antécédent qui me cherchait, et le vers qui me suit c’est une lumière qu’un autre est en train d’allumer dans l’ombre épaisse de la nuit, en apercevant mes signaux.
»

Les penseurs rassemblent des idées sans rapport apparent, les dramaturges des actions inespérées, et les romanciers des personnages dont le destin commun nul ne suppose auparavant. En revanche, nous considérons qu’en Europe il y a trop de théories –comme celle-ci même-, trop d’actions (non seulement inespérées, Mais surtout désespérées) et de personnages opposés. Il manque des émotions. Ou peut-être pas, mais elles sont, par contre, décaféinées, diluées Calle de la Poesía en Barcelona (Aikijuanma/Flickr)dans la marée des intérêts particuliers de chaque coin du continent. Quelqu’un doit les rescaper et les rendre au rivage de l’Homme, et ce quelqu’un, celui qui sait découvrir les relations insoupçonnées entre différentes émotions égarées, c’est le poète.

« Que sentent les poètes andalous d’aujourd’hui? », clamait Rafael Alberti, l’intime collègue de Louis Aragon ou de Picasso pendant la nuit obscure des dictatures. Que sentent les poètes européens d’aujourd’hui dans cette Europe de simples gestionnaires? ¿Existent-ils? Oui, et ils sont prêts pour nous faire découvrir la mosaïque d’émotions qui distingue les européens des chinois, des africains, des arrivés au Nouveau Monde, des indiens de toujours –non pas dans sa nature, puisque le carrelage de la poésie est universel, mais dans sa projection et son échelle-. Ils n’ont pas disparus « car le poème est inépuisable et se confond avec la somme créatures et n’arrivera jamais au dernier vers et varie selon les hommes », tel que laissa écrit Jorge Luís Borges, cet argentin d’origine hispano-britannique.

Router en la noche (Zahorí/Flickr)« La poésie est un système de signaux lumineux… », assurait le globe-trotter León Felipe. « Le vers antérieur au mien est une torche que portait dans la main le poète antécédent qui me cherchait, et le vers qui me suit c’est une lumière qu’un autre est en train d’allumer dans l’ombre épaisse de la nuit, en apercevant mes signaux. »

Cafebabel.com et ses collaborateurs, à travers ce blog, veulent dessiner un lit de torches qui permettront de connaître nos poètes, de les toucher, d’habiter leur monde intérieur pour continuer de tracer le plan du notre, celui de chacun. Ils veulent entreprendre cette initiative en mettant l’accent sur la poésie jeune, celle de ceux qui sont nés avec l’Europe comme musique et fracas de fond, celle de ceux qui veulent se projeter dans tout le continent, dans l’espoir d’être une référence de l’union du très nouveau avec l’ancien, du très proche avec les inaccessibles, à travers un voyage esthétique inédit qui nous conduise jusqu’à « la perte de la trouvaille » même qui est le concert émotionnel dont sont faites les personnes.

Tout le monde est invité dans ce banquet de coeurs! Passez et battez fort: nos plats uniques se dégustent au chaud.