Idée voyage pour Européens éclairés : 10 jours au Nicaragua

Article publié le 7 avril 2016
Article publié le 7 avril 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Pays à la plus grande superficie d'Amérique Centrale, le Nicaragua est l'endroit rêvé pour connaître cette partie du monde. Plus sûr que le Honduras au Nord, moins touristique que le Costa Rica au Sud, ce pays offre de nombreux paysages époustouflants, des volcans et des villes colorées qui risquent fort de vous retenir longtemps.

Jour 1 : Il est préférable de ne pas aller à Managua au début de votre séjour ; y aller accompagné est vivement recommandé. Les rumeurs autour de la capitale et ses dangers ne sont pas des fables : nous avons été volés le premier jour dans un bus bondé. Nous ne faisions pas attention à nos sacs à dos, car nous étions plus inquiets d'être accostés dans un endroit improbable, sans savoir qui, sur les dix Nicaraguayens poussés contre nous, pourrait nous agresser.

Eviter une telle situation est, selon moi, quasiment impossible : on apprend seulement à s'adapter et à cacher ses objets de valeur dans des lieux plus sûrs. Alors n'y réfléchissez pas deux fois, prenez le prochain chicken bus (localement appelé avec humour camioneta de pollos, en référence au nombre important de passagers serrés comme des poulets, dans ces bus d'origine Nord-Américaine [ndt]) pour sortir de la frénésie de la ville, dirigez-vous vers le Sud et appréciez deux jours de plage après votre long vol jusqu'en Amérique Centrale.

Conseils : Prenez le bus Express depuis le Mercado Huembes depuis San Juan del Sur. Si vous le loupez, vous devrez faire du stop à Rivas.

Jour 2 :  A San Juan del Sur, nous avons séjourné dans le nouvel Hola Ola Hostel. Très cosy, avec une grande terrace qui donne sur la magnifique baie, une petite piscine, beaucoup de soirées festives et la gentille mascote de la maison, le chien Ola. San Juan est aussi un paradis pour les surfeurs, dont les nombreuses plages désertes réveillent une forte envie de prendre l'air. On y rencontre aussi des marcheurs, bien posés dans des chaises longues, une bière à la main, profitant de la vie.

Nous avons fêté Nouvel An dans cet hôtel, et ce fut l'une des meilleures soirées de ma vie, jusqu'à ce que je m'endorme à minuit d'épuisement...mais mes compagnons de route m'ont dit que les feux d'artifices sur la baie, et plus particulièrement la statue de Jésus offraient un panorama rare. 

Conseils : Des navettes pour les surfeurs circulent toute la journée. Demandez toujours ! 

Jour 3 : Passées la nuit et la fête, vous pouvez commencer la journée par une randonnée vers la statue de Jésus. Vous risquez de souffrir pendant l'ascension, mais la vue en vaut vraiment l'effort ! Et puis, recevoir une bénédiction après une nuit de vices n'est jamais une mauvaise idée.

Conseils : N'oubliez pas d'avoir quelques cordobas pour payer l'entrée. A votre retour, essayez le petit-déjeuner traditionnel, le "gallo pinto", comprenant des haricots noirs et du riz. Parfait pour décuver ! Si vous avez le temps, visitez San Juan et les alentours, c'est une jolie ville aux maisons colorées et restaurants tendance. Un de mes endroits préférés est le "El Gato Negro", un café-bibliothèque.

Il faut maintenant quitter San Juan del Sur pour la Isla de Ometepe. Le dernier ferry depuis San Jorge part vers 17h30, détail à prendre en compte dans votre voyage. Pour cela, prendre un bus en partance de San Juan vers Rivas. Il y en a souvent. A Rivas, vous pourrez prendre un bus vers l'embarquement du ferry à San Jorge, ou prendre un taxi avec d'autres globe-trotters. Notre destination était "El Zopilote" à Santa Cruz, nous avons donc pris le ferry vers San José, mais il est aussi possible d'aller à Moyogalpa et une fois sur l'île, renseignez-vous pour savoir où dormir.

Jour 4 : "El Zopilote" est l'endroit le plus intéressant que j'ai découvert au Nicaragua. L'autoproclamée "Finca Ecologica" (http://www.ometepezopilote.com/) est une ferme-auberge qui fonctionne en autarcie. Ce n'est pas un modèle d'hygiène, mais est-ce bien le but ? Prendre une douche au milieu de la jungle ou rejoindre en trébuchant votre petite cabane aux rayons de la lune, vous vous sentirez bientôt l'âme d'un Robinson Crusoé échoué sur une île déserte.

La Isla de Omotepe n'est pas déserte, mais il y a beaucoup de choses à faire. Le premier jour, nous sommes restés dans la ferme et avons exploré les environs. Ce que j'ai préféré : un point de vue sur l'un des plus hauts sommets où j'ai passé la plupart de mon temps à écrire mes pensées sur ce pays foisonnant.

Conseil : Laissez-vous tenter par une pizza et un rhum "Flor de Caña" avec un jus de fleur d'hibiscus. Vous ne pourrez plus vous en passer !

Jour 5 : Parce que c'est un lieu incontournable sur Ometepe, nous sommes allés à l'Ojo de Agua - http://www.ojodeaguaometepe.com/. Mais il y avait tant de monde qu'on n'était pas convaincu. C'est surtout sympa pour nager. Puis, nous avons rejoint la route principale pour retourner à Santa Cruz en taxi.

Pour retourner à l'hôtel, ce fut une aventure ! Nous n'arrivions pas à trouver de bus. Finalement, nous avons rencontré une femme âgée qui avait l'air si fragile sous son gros sac à dos que nous lui avons proposé notre aide, vu que nous allions dans la même direction. Elle était très aimable et elle nous a parlé de l'île.

Les "Nicas" auront été un des peuples les plus ouverts que j'aie rencontrés lors de mes voyages. Tout le monde veut bien vous parler, vous orienter ou boire un coup avec vous. Prendre les chemins les plus longs peut parfois permettre d'autres opportunités ! De retour à "El Zopilote", nous nous sommes délectés de très bons plats une dernière fois et nous nous sommes préparés pour le départ du lendemain.

Conseils : Finalement, c'est bien mieux de prendre une navette jusqu'au ferry. Abordez les voyageurs autour de vous ; nous avons rencontré un couple d'Américains très sympas avec qui nous avons fait le chemin en navette et avec qui nous avons eu une des conversations les plus mémorables de notre voyage.

Jour 6 : Apparemment, il y avait un ferry, direct de Omotepe à Granada, certains jours de la semaine. Nous n'avons pas eu de chance et nous avons pris le ferry vers Rivas. De là-bas, nous avons pris un taxi vers Granada, car nous en avions assez des lieux bondés. Et pour économiser de l'argent, c'est bien de prendre un Chicken Bus depuis Rivas.

A Granada, nous avons dormi dans l'hôtel Oasis Backpacker, un endroit un peu excentré très confortable avec des hamacs autour d'une cour et une piscine couverte. Malheureusement, pas le temps de se détendre : nous sommes partis visiter cette belle ville coloniale.

Toutes les églises valent la peine d'être visitées, mais la Iglesia La Merced vous laissera cois avec la vue qu'elle offre depuis le haut de ses escaliers. Le soir, Granada se transforme en un repère gastronomique très animé. On peut vraiment laisser ses instincts de foodie s'y exprimer. Un de mes restaurants préférés était "El Pizzaoil": ils servaient un houmous à tomber ; le "Garden Café" et ses jus pleins de saveurs et le "Imagine", un bar dédié à John Lennon.

Conseils : Si vous préférez manger moins cher, il y a le Mercado Principal, où vous pourrez goûter des fruits frais. Il y a aussi A Pali, le supermarché local, qui se trouve pas loin de là.

Jour 7 : Avez-vous déjà pensé nager dans un volcan ? Non, vous n'êtes pas fous n'est-ce pas ? Et bien nous l'avons fait, et c'était assez irréel ! Je parle du Laguna de Apoyo, un lac logé dans un volcan éteint. Donc, pas de scénario horrible avec de la lave. La plupart des hôtels à Granada proposent des navettes, et nous en avons profité pour passer toute une journée là-bas.

Conseil : Prenez vos propres casses-croûte, les restaurants autour du lac sont assez chers.

Jour 8 : Et voici le lieu où, je dois le dire, nous avons vraiment été très chanceux. Mon ami qui s'était proposé pour travailler comme bénévole dans un hôtel à San Juan del Sur conaissait quelqu'un dont la famille possède une exploitation caféière sur les montagnes autour de Matagalpa. Il nous a emméné à l'Hacienda San Rafael, chez son oncle, qui ressemblait assez à un ranch. Je n'oublierai jamais la beauté des montagnes, les effluves de l'air, le grand sens de l'hospitalité des familles alentours, qui ont rendu notre voyage encore plus spécial.

Assis sous la véranda du ranch, au milieu de nulle part en Amérique Centrale, vous entendez le hénissement des chevaux, et vous comprenez le sens de la vie... d'un cowboy. Ces montagnes sont longues à atteindre, mais cela vaut vraiment le coup !

Jour 9 : Après avoir petit-déjeuné au ranch, nous nous sommes dirigés vers Matagalpa pour y passer la journée. Cette ville n'est pas de la même beauté conventionnelle que Granada, mais elle est imprégnée d'une histoire qui mérite d'être lue avant d'arriver, particulièrement celle du mouvement sandiniste.

Conseils : Vous pouvez lire un livre génial sur cette contrée : Le Sourire du Jaguar de Salman Rushdie. Matagalpa est une ville très colorée, pleines de coins sympas pour manger et s'amuser. Essayez "El Palacio de los Batidos",  ils font des smoothies assez fous de fruits et de légumes. La Buena Onda, l'hôtel dans lequel nous sommes restés, fut le seul endroit où ce n'était pas très confortable.

Jour 10 : Sur le chemin de Matagalpa à Managua, nous avons admiré le paysage une dernière fois avant de retourner à la capitale. Là-bas, nous avons dormi dans un Bed & Breakfast près de l'aéroport. Notre dernière sortie était au Mercado Oriental, l'endroit idéal pour acheter des souvenirs pas chers et observer des Nicaraguayens dormir au lieu de travailler.

La Nica way of life : une dernière image qui restera gravée dans nos mémoires.