Ick bin ein Berliner : Dr. Thomas Köhler

Article publié le 24 octobre 2010
Article publié le 24 octobre 2010
Tous les mois, Berlin Poche met un(e) Berlinois(e) à l'honneur. En octobre, c'est le tour de Thomas Köhler, directeur de la Berlinische Galerie. Après de nombreux bouleversements, la Berlinische Galerie (fondée comme association en 1975) a enfin trouvé sa place dans un ancien dépôt et réouvert ses portes en 2004.
Faisant partie des jeunes musées berlinois, la BG impressionne avec une collection qui reflète le parcours de la ville. Rencontre avec Thomas Köhler, le nouveau directeur des lieux.

Malte Pieper : Comment êtes-vous parvenu, après deux ans passés à la Berlinische Galerie au poste de directeur ? Que projetez-vous ?

Thomas Köhler : Pendant mes deux années passées à la BG en tant que responsable de collection et d'exposition, je me suis parfaitement acclimaté au lieu. En tant que directeur, je vise une programmation contemporaine, internationale et ne veux pas concurrencer les autres institutions culturelles mais favoriser la coopération, ce qui a manqué jusqu’alors. Après sept ans sans siège fixe, la BG doit évoluer et s’ouvrir. Cela a déclenché une transformation considérable car il a fallu édifier de toutes nouvelles structures.

À quoi devons-nous nous attendre dans un musée dénommé « galerie » ?

Il y a souvent de la confusion due à notre nom, après tout nous ne sommes pas une galerie commerciale mais attachons de l'importance à intégrer aux expositions notre collection de photographie, d'architecture et d'art datant de 1870 à nos jours. Nous ne sommes absolument pas un Heimatmuseum. Nous lançons des artistes qui ont déjà crée des rapports durables avec la ville ou qui sont en train de le faire au lieu de nous restreindre juste aux artistes ou motifs de Berlin. Nous essayons d'éclairer le Boom artistique de la capitale et d’expliquer comment l'art s'y est développé.

Comment décririez-vous le rôle que joue la Berlinische Galerie dans la capitale ?

Ça bouge dans notre quartier ! Dans le voisinage, à côté du Jüdisches Museum, des galeries fleurissent. Elles font partie de la culture urbaine – un vrai Galerienviertel !  Il m’est important de proposer une plateforme : une série d'expos en groupe de différents artistes installés à Berlin a pour but de constituer régulièrement un instantané qui irradie le milieu artistique. Malgré tout, la BG n'est pas un Projektraum. On n’y travaille pas d'une façon trop expérimentale. C’est une maison avec une grande surface d'exposition qui demande de la substance afin d'être occupée de façon agréable.

Comparé à New York ou Rome, en quoi Berlin est-elle une ville particulière ?

L'ambiance éphémère ! J'aime le changement continu – beaucoup de choses peuvent en naître et ça va bien avec la ville. On y trouve partout des lieux off captivants. Avant d’y habiter, j’ai été un « Berlinois clandestin » pendant dix ans alors que je travaillais au Kunstmuseum Wolfsburg : grâce à l’ICE je rejoignais Berlin en une heure et me délectais déjà d’expos durant les weekends !

Vous avez étudié l'Histoire de l'Art à Nanterre. Restez-vous toujours proche de la France et de sa culture ?

Malheureusement, je n'y suis plus souvent mais je rencontre volontiers des artistes français  pendant des visites d'ateliers. De plus, il y a un peu de France partout à Berlin. J'adore les restos ainsi que les cafés français. Et à un bon film français en version originale, je dis rarement non !

Propos recueillis par Malte Pieper

Berlinische Galerie

Landesmuseum für moderne Kunst, Fotografie und Architektur

Kreuzberg, Alte Jakobstr. 124-128 * U Kochstr.

Mer – Lun * 10–18h * 3-6€