Ick bin ein Berliner : Christof Ellinghaus du label City Slang

Article publié le 19 novembre 2010
Article publié le 19 novembre 2010
Cela fait 20 ans que le mythique label indie City Slang mène sa barque à contre-courant du diktat electro berlinois, les yeux rivés sur le continent américain. Et ça marche, à en voir le catalogue truffé de spécimens rares qu’Ellinghaus a ramené de ses expéditions en terre rock: Arcade Fire, Nada Surf, Tortoise, Calexico… Ne ratez pas le festival-anniversaire ce weekend. A.G.
 : Comment choisissez-vous les artistes avec qui vous travaillez ?

C.E. : Ici. (Il montre son coeur) Quand le coeur bat. Parfois quand j'écoute une chanson mon coeur se met à battre très vite. Parfois. C'est difficile à décrire... Je ne prends que les groupes qui me plaisent vraiment. Je ne dis pas : « Aujourd'hui c'est Norah Jones qui est en vogue, alors il m'en faut une ! » C'est les Majors qui font ça.

Vous signez en grande majorité des artistes des États-unis…

Ça tient au fait que les groupes qu’on produit sont tout simplement ceux qui me plaisent. Et ma socialisation musicale ne s’est pas faite à travers la musique allemande. Il y a des gens qui ont grandi avec le Schlager ou bien avec le Krautrock, moi j'étais trop jeune pour ça. Je suis rentré dans l'underground américain en écoutant des groupes comme Suicide ou Violent Femmes. C'était complètement différent de tout ce que j'avais entendu jusqu'alors! C'est la musique qui m'a le plus frappé, le plus impressionné. C'est resté. Et puis j'ai aussi travaillé avec beaucoup de groupes américains à l'époque où j'étais agent de tournée. Souvent ils me demandaient : « Est-ce que tu peux nous aider à trouver un label en Europe ? » C'est comme ça que je me suis retrouvé à créer un label.

Votre première rencontre avec Arcade Fire ?

Dans un club aussi grand que cette pièce (environ 15 m2, NDLR), à New York. Quand ils se sont mis à jouer, il est venu quelque chose de la scène que je n'avais jamais ressenti. Une force primitive, une énergie, une euphorie... Waouh! A la fin du concert je suis allé leur parler. Puis après on s'est rencontrés plusieurs fois, et ils sont rentrés à City Slang.

Est-ce que c'est parfois difficile d'exister à Berlin quand on n'est pas un label electro ?

On a quand même Caribou ! Et Health, To Rococo Riot et Tortoise. On ne fait pas que de la vieille country !  Je ne comprends personnellement pas très bien l'electro, je ne suis pas la scène, je ne vais pas en rave et je ne gobe pas de pilules, je suis aussi certainement trop vieux.

Où est-ce que vous sortez quand vous voulez écouter de la bonne musique ?

Dans ma cave ! (Rires) Comprenez une immense collection de musique extrêmement bonne ! Le Lido et la Festsaal Kreuzberg sont mes salles préférées, j'aime aussi le West Germany et le Tempodrom.

Est-ce que Berlin est pour vous "the place to be", comme le dit la pub ?

C'est "the place to be" pour moi, oui. J'y vis depuis 1984 et j'y ai mes racines maintenant. Mais si je n'étais pas à Berlin, je ne serais pas en Allemagne : je ne peux pas m'imaginer vivre à Munich, Cologne, Düsseldorf ou à Hambourg, bien que cette dernière soit jolie. Et puis Berlin est une capitale qui ne coûte pas cher. Ce n’est pas comme Paris, Londres ou New York. Les groupes, les artistes, les designers viennent ici, il y a un vrai pool créatif. 

Propos recueillis par Annabelle Georgen.

Article publié en novembre dans Berlin Poche.

FESTIVAL 20 YEARS OF CITY SLANG

ADMIRALSPALAST

DU 19 AU 21 NOV * 19H30 (ce weekend !!)

Ven. : Get Well Soon, The Notwist, Calexico

Sam. : Menomena, Tortoise, Broken Social Scene

Dim. : Alexi Murdoch, Yo La Tengo, Lambchop

1 soir : 45,80- 51,55€

3 soirs : 112,50€