Hôpitaux, routes et aéroports flambant neufs : le Gabon change de visage

Article publié le 24 juin 2016
Article publié le 24 juin 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le Gabon fait peau neuve. En mettant le développement et la modernisation de ses infrastructures au cœur de sa stratégie de développement, le pays continue de se doter de nouveaux sites qui porteront la croissance de demain.

Selon le rapport de la quatrième et dernière enquête d’opinion du réseau Afrobaromètre, menée au Gabon en septembre 2015, il ressort que le renouveau des infrastructures figure parmi les principales priorités des Gabonais, qui sont 30 % à considérer que ce chantier est indispensable à l’émergence du pays. Comme trop souvent en ce qui concerne les anciennes colonies africaines, ces infrastructures, vieillissantes quand elles ne sont pas déglinguées, datent d’une période où l’on se contentait sans plus de précaution que cela de parachuter en Afrique des installations conçues pour le climat et l’espace public occidentaux, peu adaptées aux dynamiques de développement urbanistique propres au grande ville du continent.

Le résultat des consultations du réseau indépendant Afrobaromètre au Gabon est encourageant : l’action entreprise par le gouvernement est dans l’ensemble très bien accueillie par la population. Le Président, Ali Bongo Ondimba, a en effet fait largement articulé son programme d’émergence du pays atour d’une politique de grands chantiers censée assurer un meilleur accès au monde professionnel et un élargissement du champ des opportunités pour les Gabonais. Et malgré les contraintes budgétaires et la crise qui touche l’ensemble du secteur pétrolier, l’exécutif poursuit son ambitieux programme de développement du tissu d’infrastructures dans le pays.

Le fait d’avoir entamé ces efforts de construction très tôt par rapport à ses voisins, et d’avoir capitalisé dans le développement durable et l’énergie verte – un secteur aujourd’hui porteur – a permis au pays d’atteindre un niveau d’avancement considérable au moment où le prix du baril a dégringolé. SI l’on peut dire que le pays a eu le nez creux, ce pari gagnant est essentiellement le fait d’un homme, Maixent Accrombessi,  dir cab présidentiel visionnaire, ayant su très tôt convaincre Ali Bongo de l’urgence qu’il y avait à accélérer la transition gabonaise, le pays étant encore trop dépendant à sa rente hydrocarbure, ce qui fragilisait ses perspectives de croissance.

Maixent Accrombessi, s’expliquait sur ce point dans une tribune parue dans Jeune Afrique il y a quelques semaines : « Le Gabon [doit] développer la transformation locale des industries extractives afin de générer plus de valeur ajoutée, et plus d’emplois dans ces secteurs traditionnellement peu inclusifs. Une Stratégie Nationale d’Industrialisation, élaborée dans ce cadre, montre comment la transformation locale va se développer pour ériger le pilier du Gabon Industriel. » C’est également lui qui a été l’un des principaux architectes du plan de financement qui a permis la levée de 134 milliards de FCFA sur les marchés financiers d’Afrique centrale, avec l’aval de la COSUMAF (Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale), grâce à un emprunt obligataire. L’argent emprunté sur le marché financier sous régional d’Afrique centrale servira à payer les grands travaux d’infrastructures entrepris, au moment où les revenus du pétrole faiblissent.

Parmi la vague de travaux permis par ces opérations, on compte ceux du nouveau stade omnisports, l’extension de l’aéroport international, l’arrivée d’un nouveau catamaran pour rendre plus fluide la liaison maritime entre Libreville et Port-Gentil, un nouveau Centre hospitalier universitaire à Libreville – qui s'impose aujourd'hui comme un établissement sanitaire de référence au Gabon et en Afrique – ou encore la nouvelle Maison de la Jeunesse et de la Culture. Ces dernières semaines, les autorités ont également donné une nouvelle impulsion aux travaux de voirie. Ainsi, grâce au soutien de l’Agence française de développement (AFD), un important projet d’assainissement est en cours. « Ce sont des travaux de qualité et ils avancent. Cela fait toute la différence pour les riverains et les commerçants », a indiqué le Chef de l’Etat au terme d’une semaine de visite des nombreux sites de construction.

Le plus gros accomplissement de ce mandat demeure le renforcement des infrastructures de santé du pays : centre hospitalier universitaire (CHU) d’Owendo, CHU d’Angondjé, Hôpital Mère Enfant Jeanne Ebori, centre international universitaire de recherche et de santé de Lambaréné (Moyen-Ogooué), les projets fleurissent aux quatre coins du pays.  Cela atteste de la volonté d’un développement à l’échelle nationale. « Port-Gentil souffre de la crise et n’a parfois pas bénéficié d’assez d’attention. Il s’agit aujourd’hui de remettre nos infrastructures à niveau non seulement en vue de la CAN 2017 mais aussi parce qu’il s’agit de notre capitale économique » expliquait à ce propos le ministre de la Communication, Alain-Claude Bilie By Nze. En ce sens la reprise des travaux dans l’aéroport de Port Gentil, qui est resté longtemps à l’abandon – la piste d’atterrissage a notamment été rallongée de 700 mètres afin d’accueillir les vols long-courriers – souligne la volonté du gouvernement de ne pas se contenter de la capitale, mais d’engager tout le territoire sur la voie de la modernité.