Hongrie: Viktor Orbán et le boomerang de l'extrême-droite

Article publié le 26 avril 2010
Article publié le 26 avril 2010
Le parti conservateur de droite Fidesz a remporté la majorité des deux tiers lors du second tour des élections législatives dimanche 25 avril en Hongrie. La presse européenne est partagée. Pour certains, le Premier ministre Viktor Orbán pourrait nuire au pays avec une aussi large majorité, mais d’autres veulent d’abord lui donner sa chance.

Die Presse – Autriche: Viktor Orbán vaincra l’extrême-droite

Nombreux sont ceux qui craignent le futur Premier ministre Viktor Orbán à cause de ses slogans acerbes. Toutefois il convient d'attendre de voir ce qu'il fera de sa majorité de deux tiers, écrit le quotidien Die Presse : « Cet homme est très ambitieux, obstiné, impitoyable, super patriote. ... Quiconque le connaît déjà sait également qu'Orbán peut faire preuve d'une grande intelligence, être un tacticien brillant et très convaincant. Un vrai homme politique comme il n'en existe plus beaucoup. Non, il ne faut pas avoir peur de Viktor Orbán. Il faut d'abord attendre de voir ce qu'il fera sur le plan de la politique intérieure de sa majorité au Parlement et s'il veut vraiment provoquer ses voisins nerveux. À ce moment-là seulement on pourra juger. Beaucoup de choses indiquent en tout cas qu'Orbán viendra bien plus tôt à bout du spectre d'extrême droite qui hante depuis peu la Hongrie, que les gouvernements socialistes au pouvoir jusqu'à maintenant. Prenons les paris qu'alors, les slogans « prenez peur » passeront complètement dans l'oubli. »

(Article publié le 26.04.2010)

Népszabadság – Hongrie:  Grande rue de l’Histoire ou impasse poussiéreuse ?

Viktor Orbán dispose désormais de nombreux instruments pour cimenter son pouvoir et il montre clairement qu'il s'en servira - au détriment de la Hongrie estime le quotidien progressiste de gauche Népszabadság : « Orbán sait certainement que même le ciment peut devenir cassant. Mais il est illusoire de supposer qu'Orbán et son parti feront preuve de modestie et de discipline dans l'exercice du pouvoir. Au final, les électeurs n'ont manifesté aucune exigence de partage du pouvoir lors du scrutin. … Si Orbán ne parvient pas à satisfaire la majorité des lecteurs, désormais derrière lui, ni à répondre rapidement à leurs souhaits et à leurs demandes, son aura s'en trouvera égratignée à plus ou moins long terme. … Si Orbán devait avant tout concentrer ses forces sur une politique menée de manière idéologique, la Hongrie ne se retrouvera pas dans la "Grande rue de l'histoire", comme il l'a promis dans la campagne électorale, mais plutôt dans une impasse poussiéreuse. »

(Article publié le 26.04.2010)

Sme – Slovaquie:  Attention à l’effet boomerang !

Après le deuxième tour des élections législatives, le Fidesz de Viktor Orbán peut gouverner avec la majorité des deux tiers lui permettant de changer la Constitution. Il pourrait dans cela être détourné par le parti d'extrême droite Jobbik, estime l'écrivain hongrois György Konrád dans une tribune au quotidien progressiste Sme : « Les socialistes ne constituent pas un danger pour Orbán, mais les néonazis oui. Ce sont les petits frères et sœurs de ceux qui étaient représentés par le Fidesz il y a 20 ans. Le radicalisme politique a un effet boomerang. Il n'est pas exclu que nous devions au final soutenir le Fidesz dans la lutte contre ses opposants radicaux, comme jadis la gauche française a dû soutenir Chirac contre Le Pen. Qui sait avec qui nous devrons encore nous allier. La situation est tout sauf plaisante. »

(Article publié le 26.04.2010)

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Photo: ©Nina Yasmine/flickr