Hollaback ! Bruxelles

Article publié le 12 juin 2012
Article publié le 12 juin 2012
Par Nathalie Jusseaume Cafebabel Bruxelles s'est entretenu avec Angelika, l'une des membres de l'association Hollaback Bruxelles. L'association a été fondée au départ en 2005 à New York pour lutter contre le harcèlement dans les rues.
Aujourd'hui, Hollaback s'est implantée dans le monde entier, en offrant la possibilité à chaque personne, dans chaque ville, de partager leurs expériences sur ce sujet.

Pouvez-vous me décrire en quelques mots la philosophie de l'association Hollaback ?

L'association Hollaback a été fondée en 2005 à New York comme un mouvement contre le harcèlement dans les rues. L’association avait comme projet de montrer des images des harceleurs. Tout le monde se concentre sur la victime et son histoire. Ils ont donc décidé de faire ça à l'envers et montrer du doigt l'harceleur. Le projet a rencontré un succès dans le monde entier. Hollaback est devenue un grand mouvement contre le harcèlement dans la rue, il est présent dans 50 villes, dans le monde entier. En Europe, on ne publie pas les photos des harceleurs. On ne veut pas seulement dénoncer le problème mais aussi agir ensemble pour le résoudre. On souhaite aussi donner un peu d'ironie dans ce que l'on fait car c'est un sujet sérieux. On peut devenir dépressif si on emploie pas un peu d'ironie (rires).

Depuis combien de temps le blog "Hollaback Brussels" existe?

On a officiellement lancé notre blog, notre Facebook et notre Twitter en avril avec sept autres villes, dans le monde entier.

Comment fonctionne le blog ?

Le blog donne la possibilité aux victimes de raconter leurs propres histoires liées à des agressions dans la rue. L'équipe hollaback essaye de commenter les histoires, d'écrire quelque chose de gentil pour que la victime se sente meilleure, rassurée. Sur notre site, on a des liens des associations de femmes ou de la communauté qui peuvent les aider à traverser certaines épreuves. On a mis aussi à disposition des liens pour consulter des livres. Comme c'est toujours pire d'être harcelé si personne ne t'aide, une nouvelle campagne a été lancée: 'Je suis avec toi.' Sur notre site, on donne des conseils pour les témoins : comment il peuvent aider, comment il peuvent intervenir.

Dans quel but avez-vous créé un blog "Hollaback local"?

La philosophie de Hollaback est de rassembler des activistes locaux. Le problème du harcèlement existe partout dans le monde, mais il est aperçu différemment selon les villes. On veut soulever une conscience à Bruxelles en faisant des "street actions''. Le problème ne peut pas être résolu uniquement sur internet, les actions dans les rues sont importantes pour créer un mouvement et agir ensemble contre le harcèlement. On a fondé ce blog car nous sommes convaincues que Bruxelles a réellement besoin d'un Hollaback. Quand on a pris connaissance de ce mouvement, on s'est dit que ce serait une bonne idée de prendre exemple sur les Hollabacks déjà existants et de lutter contre le harcèlement dans notre propre ville.

Pourquoi vous vous êtes décidée à rejoindre cette association ?

Je me suis plainte d'être souvent harcelée dans la rue et je ne voulais pas m'y habituer. Je voulais que ça change une fois pour toute. Je connaissais déjà le mouvement et je me suis demandais pourquoi un Hollaback n'existait pas encore à Bruxelles. J'ai lu une citation de Lily Tomlin “I always wondered why someone doesn't do something against it, then I realized I was someone”. C'est exactement ça, si personne ne fait quelque chose, rien ne va changer!

Comment as-tu connu Hollaback?

J'ai lu un article sur un des blogs féministes citant l'association Hollaback. Quand j'ai eu l'idée de fonder la même chose à Bruxelles, je cherchais d'autres personnes pour avoir une équipe qui s'occupe du blog mais aussi pour gérer les langues car j'ai ni le français, ni le néerlandais comme langue maternelle. C'est important pour un blog local de parler dans ces deux langues.

Avez-vous des évènements prévus dans les prochains mois?

Notre prochain évènement sera un “Chalk-Walk by Night” le 16 Juin, une marche qui a comme devise “Reclaim the streets”. On va écrire sur le trottoir, “J'ai été harcelée dans cette rue", dans différentes langues. On va commencer le soir de 19h à 21h. Au cours de cette action, on souhaite aussi instaurer le concept du "free hugs" avec nos affiches, "Free Public harassement? Come here" pour montrer un peu la différence. On va donner aux gens des flyers en anglais, français et en néerlandais. Les victimes pourront ainsi donner nos flyers ironiques aux harceleurs : "Monsieur, j'ai l'impression que vous êtes intéressé par moi. Écrivez exactement ce que vous avez dit. Pourquoi avez-vous dit ça?…”. Comme je l'ai dit au début, il ne faut pas rester sérieux tout le temps, il faut aussi jouer avec le sujet. Puis le 20 juillet, on va faire notre "launch party".