Hocus Pocus

Article publié le 17 octobre 2007
Article publié le 17 octobre 2007

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Il y a fort longtemps que je m’intéresse à la magie et m’y suis même essayée. C’est ainsi que j’ai découvert que le chocolat dissipait miraculeusement la mauvaise humeur et j’ai réussi à invoquer un sortilège Patronus [typique des pensées positives dans la saga des Harry Potter] apparu dans mes rêves sous la forme d’un boeuf nimbé de mauve. Consciente qu’il me reste encore pas mal de grimoires à assimiler pour devenir une vraie magicienne et maîtriser enfin tous les enchantements, j’ai potassé in extenso les différents opus d'Harry Potter pour enrichir mes connaissances en formules magiques. Sans quoi, je risque encore de rater le Poudlard Express au Quai 9 ¾ et finir sur un brancard au service des urgences.

Heureux sont ceux qui ont survécu à l’Iliade et à la guerre des Gaules. D’’Anapneo’ [qui en grec signifie ‘je retrouve mon souffle’] à ‘tergeo’ [en latin, ‘je purifie’], quasiment tout le vocabulaire de la sorcellerie emprunte des racines gréco-latines. Parmi les rares exceptions figurent les incantations ‘morsmordre’ [du latin ‘mors’ pour la mort et du français ‘mordre’], ‘tarantallegra’ [nom composé emprunté à l’italien ‘tarantella’ qui qualifie la tarentelle, cette danse rapide et le tempo ‘allegro’ pour vif ]. Sans oublier la plus terrible des malédictions, d’origine sans doute araméenne : ‘Avada-kedavra’ [ou ‘Que la destruction s’abatte sur cette chose’].

Mais depuis sa transformation linguistique en ‘abracadabra’ dès la fin de l’Antiquité, cette formule a servi au contraire à conjurer le mauvais sort, inscrite sur une amulette en forme de triangle.

L’effacement d’une lettre à chaque rangée devait dissiper en même temps les influences maléfiques. En anglais, ‘spell’ signifie à la fois « formule magique » et « épeler » et tire son origine du nom donné aux bâtons de quête qu’utilisaient les prêtres dans l’Angleterre du Moyen Age. Ces homonymies se rencontrent bien sûr aussi en allemand. En attendant que J.K. Rowling se penche plus à fond sur l’histoire des baguettes magiques, relevons déjà que le bâton scripteur allemand est qualifié de ‘Buchstabe’ (les peuples germaniques gravaient leurs runes sur des baguettes en bois de hêtre).