Happy Winter : zoom sur le peuple des cabanes en Sicile

Article publié le 5 août 2015
Article publié le 5 août 2015

Le réalisateur palermitain débutant Giovanni Totaro s’est démarqué à Rome, à l’occasion du Marché International de l’audiovisuel, avec un projet de documentaire sur le « peuple des cabanes » de Mondello, en Sicile. Produit par Indyca FilmHappy Winter suscite un intérêt grandissant de la part des spécialistes.

« Happy Winter raconte le micromonde qui prend place chaque été sur la plage de Mondello, le dénommé « village des cabanes ». Il photographie des personnages qui ont quelque chose à dire, qui rendent universels des habitudes et des rites de prime abord uniquement compréhensibles des Palermitains, et qui reflètent en revanche des aspects présents dans d’autres communautés. Parallèlement, le « peuple des cabanes » fascine parce qu’il a ses propres règles et dynamiques qui perdurent depuis des années. Toujours les mêmes, elles donnent vie à un documentaire qui promet de divertir en réunissant les ingrédients de la mer, des congés et des vacances. Mais il mélange aussi la comédie et la tragédie, il va d’avantage en profondeur des choses ». Ce sont probablement ces mots qui ont convaincu le jury international du marché international de l’audiovisuel qui a récompensé celui qui les a prononcés, c’est-à-dire le jeune réalisateur palermitain Giovanni Totaro, 27 ans, ancien élève du Centre expérimental de cinématographie. (Le projet a obtenu le deuxième Prix IDS, et les 5000 euros qui vont avec, ndlr)

Amateur des documentaires de Massimo D'Anolfi, Gianfranco Rosi et Alessandro Rossetto, Totaro a participé en septembre dernier aux italian Doc Screemings de Palerme. Son projet Happy Winter – un des 10 projets participants – est un portrait « sociologique » du microcosme folklorique et tragicomique qui peuple la plage de Mondello, avec les us et coutumes qui se  transmettent de pères en fils, de générations en générations. Soumis à une présentation publique, la bande annonce a été projetée (montée par Ambrogio Nieddu, l’ingénieur du son est Adriano Alampi, et les musiques  sont d’Alessio Bondi). « Le projet a fait l’objet de plusieurs entretiens avec différents spécialistes, et a a potentiellement été défini en mesure de devenir un long-métrage à succès en Italie et à l’étranger », a motivé le jury international composé par Catherine Olsen, Christian Popp et Markus Nikel.

Ensuite sélectionné pour le rendez-vous romain, Happy Winter s’est imposé après avoir fait l’objet d’une série de rencontres en tête à tête avec des acheteurs, des distributeurs, des producteurs, des réalisateurs et des agents commerciaux internationaux. Le film a par ailleurs suscité des débats en salle et des réactions plus que chaleureuses lors du pitch en public. Ce prix permet à Totaro de trouver, très probablement, des productions et des distributions internationales, à rechercher grâce à la réalisation d’Indyca Film (Smoking) et Labirinto Visivo qui ont cru au projet bien avant qu’il triomphe sur le marché.

Totaro rayonne face à ces portes qui s’ouvrent à lui pour les deux prochaines années de travail pour le documentaire. Il est convaincu que le monde du « peuple des cabanes » de Mondello est raconté parce qu’il « ne veut pas changer, c’est un bastion du temps, il reste là comme un siège, qui se rend compte que le monde change autour de lui, mais il conserve l’utopie de revivre le temps passé, été après été. Avec les parents qui ont vieilli et les enfants qui ont grandi ». En somme, une communauté qui mérite d’être racontée.

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Cet article a été rédigé par la rédaction de cafébabel Parleme. Toute appellation d'origine contrôlée.