Go with Le Flo : comédie romantique à la sauce berlinoise

Article publié le 4 juin 2014
Article publié le 4 juin 2014

Qu'est-ce que ça don­ne­rait si on trans­fé­rait Quand Harry ren­contre Sally à Ber­lin, si on y ajou­tait une touche de confu­sions franco-al­le­mandes, le tout réa­lisé par un Amé­ri­cain ? Un film comme Go with the Flo.

Flo­rian aime Ca­mille, qui elle ne l’aime pas, car elle va en épou­ser un autre, qui lui a de son côté une aven­ture avec une co­mé­dienne. Flo­rian ne s’en doute pas. Tout comme il ne se doute pas du fait que sa meilleure amie Jenny est se­crè­te­ment amou­reuse de lui de­puis une éter­nité. Ce n’est donc pas éton­nant que la de­mande en ma­riage de Flo­rian à Ca­mille n’ait pas beau­coup de suc­cès. Jenny réus­sira-t-elle à dé­cla­rer son amour à Flo­rian à temps ? Et pen­dant com­bien de temps Ca­mille pourra-t-elle ca­cher son fiancé à Flo qui est fou amou­reux d’elle ? Voilà com­ment dé­bute Go with Le Flo, un film char­mant et di­ver­tis­sant, qui a été dif­fusé en avant-pre­mière dans le cadre du Fes­ti­val de théâtre fran­co­phone La Mé­na­ge­rie (du 23 au 25 mai) à Ber­lin.

Pas de Happy End en vue

Flo­rian (Denis Au­bert) est à moi­tié Fran­çais et gère dans le quar­tier ber­li­nois Prenz­lauer Berg le ma­ga­sin de pro­duits fins Le Flo, spé­cia­lisé dans le sau­cis­son. Il aime tom­ber amou­reux, et tou­jours de femmes fran­çaises. Mais il n’y a ja­mais eu de « happy end » jus­qu’à pré­sent. Tou­jours là pour lui en temps de crise : Jenny (Ma­rina Sen­ckel), al­le­mande, meilleure amie, bou­lan­gère et ex­perte en « Flo ». Ce n’est que lorsque Flo­rian dé­cide de de­man­der sa co­pine Ca­mille (Les­lie Du­breuil) en ma­riage que Jenny com­mence à com­prendre : elle aime Flo­rian et ne veut ab­so­lu­ment pas qu’il épouse Ca­mille. Ce dont Jenny et Flo ne se doutent pas, c’est que Ca­mille est fian­cée. Son futur mari (Ma­thieu Alexandre Char­rière) est en train de tour­ner dans un film du père de Ca­mille. Convain­cue que son bien-aimé la trompe, Ca­mille pro­fite de l’at­ten­tion de Flo, bien que leur re­la­tion ne soit rien de sé­rieux pour elle.

BER­LIN À LA FRAN­ÇAISE

Donc la de­mande en ma­riage ne se passe na­tu­rel­le­ment pas comme prévu, et Flo passe la plu­part de son temps à cou­rir après sa bien-ai­mée Ca­mille, alors que Jenny veut l’en em­pê­cher. Sur ce dé­barquent en plus le fiancé et le père de Ca­mille à Ber­lin, pour y finir de tour­ner le film ! Il faut l’avouer : l’in­trigue est très simple, mais cha­cun des per­son­nages se­con­daires far­fe­lus ap­porte de l’es­prit. Par exemple, la col­lègue pluôt ori­gi­nale de Flo, Tina (Ro­berta Bian­chini), qui pré­fère cher­cher du « boy­friend ma­te­rial » plu­tôt qu’un nou­veau chauf­feur pour la bou­tique. Ou l’amie et col­lègue bou­lan­gère de Jenny, Gabi (Luisa Wiet­zo­rek), qui du haut des ses tout juste 21 ans est une ex­perte en amour ex­trê­me­ment se­reine.

Bande-an­nonce de Go with Le flo

Go with Le Flo joue ten­dre­ment avec les cli­chés : le per­son­nage de Flo est plein d’amour, mais il règne dans sa bou­tique une dis­ci­pline et un ordre prus­siens (avec Tina comme élé­ment in­con­trô­lable et anar­chique). Et Ber­lin a ce petit quelque chose de Paris, quand Flo gam­bade à tra­vers les rues à mo­by­lette sur le son de l’ac­cor­déon. Un Ber­lin à la fran­çaise. À coté de ça, le réa­li­sa­teur, Mi­chael Glo­ver, est Amé­ri­cain. C’est peut être de là que vient la dis­tance iro­nique, car Glo­ver s’est en­touré d’une équipe hé­té­ro­clite et in­ter­na­tio­nale. Il a tourné en fran­çais et en al­le­mand à Ber­lin pen­dant l’été 2012, et a muni le tout de sous-titres an­glais. Le ré­sul­tat : un film qui ne se prend lui-même pas vrai­ment au sé­rieux, sans en faire trop, et sans rendre ses per­son­nages ri­di­cules. Même à la fin, lorsque Jenny, Ca­mille, son fiancé, son père et Flo­rian se ren­contrent sur le tour­nage pen­dant qu’un or­chestre joue de la mu­sique mi­li­taire en­tou­rés de Ba­va­rois bruyants en cos­tume tra­di­tion­nels, le film ne tombe ja­mais dans la niai­se­rie. C'est une co­mé­die d’été vive, franco-al­le­mande, sans pré­ten­tion et sim­ple­ment di­ver­tis­sante. 

Voir : Go with LE Flo, de Mi­chael Glo­ver, à re­gar­der ici.