G20 : une ambiance tendue

Article publié le 2 avril 2009
Article publié le 2 avril 2009

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Les divergences d'opinion sur la régulation des marchés financiers sont une source de tensions au sommet du G20 de Londres. Les chefs d'Etat et de gouvernement des pays industrialisés et émergents les plus importants parviendront-ils à s'entendre sur une attitude commune ?

Gândul - Roumanie

©eurotopicsLe quotidien roumain Gândul évoque le climat tendu du sommet du G20 de Londres : « Deux facteurs dotés d'une charge hautement explosive ont miné les négociations : les opinions divergentes des participants, qui concernent notamment la réforme du système financier international, et l'accumulation de mauvaises nouvelles de l'économie mondiale sur les sérieuses répercussions politiques et sociales à la veille du sommet. La crise congédie des gouvernements et amène de plus en plus de mécontents dans la rue. … Ces deux circonstances aggravantes sont liées entre elles. On ne pourra pas mettre fin à la crise tant que l'on ne combattra pas ses causes, c'est-à-dire la grande différence entre économie réelle et financière. »

(02.04.2009)

Les Echos - France

Selon le journal économique Les Echos, les chefs d'Etat et de gouvernement poursuivent des objectifs complètement différents lors du sommet du G20 : « Tout le monde en convient, ce G20 n'a pas droit à l'échec. ... Alors réapparaît cette évidence qu'un G20 c'est d'abord vingt 'je'. Barack Obama vient prêcher l'esprit de relance à des Européens un peu timorés ; Nicolas Sarkozy veut sans attendre remettre de l'ordre dans la maison capitaliste ; Hu Jintao entend que la Chine soit enfin reconnue comme un des grands timoniers des affaires planétaires. On pourrait continuer la liste avec un Gordon Brown qui va tenter, en se présentant en sauveur de l'économie mondiale, de sauver sa place aux commandes de l'Angleterre ; ou une Angela Merkel préoccupée peut-être avant tout, (...) d'éviter à ses compatriotes de revivre un jour le cauchemar de l'hyperinflation. Face à la première récession globalisée de l'après-guerre, que peut vraiment cet aréopage hétéroclite ? »

(02.04.2009) 

(Room1834/flickr)

The Independent - Royaume-Uni

Le quotidien progressiste The Independent estime que la France et l'Allemagne défient la dominance anglo-saxonne lors du sommet du G20 à Londres : « L'objection très tardive et très médiatisée des dirigeants des deux plus grandes économies nationales fait apparaître sous un autre angle tout le projet de gestion économique mondiale. L'association entre un nouveau président inexpérimenté à la Maison Blanche, une Chine en plein essor, une Russie plus amicale et une alliance franco-allemande plus marquante est le signe du changement. Hier, les Etats Unis et la Grande-Bretagne sont apparus soudain un peu plus petits, la Chine un peu plus grande et l'Europe continentale une puissance avec laquelle il faudra compter. Ce soir, le début d'une redistribution du pouvoir pourrait paraître illusoire si l'on convient d'un plan d'action international orienté sur les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Si cela n'était pas le cas, nous pourrions alors envisager un tout autre avenir. »

(02.04.2009)

De Morgen - Belgique

Le quotidien De Morgen estime qu'au sein du sommet du G20 un nouveau front apparaît entre, d'une part, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy et de l'autre, Barack Obama : « La vision américaine selon laquelle le marché libre déréglementé présente au final plus d'avantages que d'inconvénients est encore bien vivante. Les Etats-Unis veulent donc au maximum imposer quelques limites morales aux super bonus et autres formes d'appât du gain. Ceci ne convient pas à Sarkozy qui veut aller plus loin et incite à obtenir une régulation mondiale. (…) Il existe effectivement le danger que les divergences d'opinion conduisent à une déclaration finale qui se caractérise par un néant formulé avec soin et dans lequel on ne trouve que peu ou pas de points d'action concrets. Ce serait bien dommage. En effet, voilà quelques mois encore, alors que les véritables conséquences de la catastrophe apparaissaient clairement, de nombreux politiques de premier plan espéraient … que ce sommet conduirait à un nouveau Bretton Woods, avec des règlements plus stricts pour le monde de la finance. »

(02.04.2009)

Cinco Días - Espagne

Le journal économique espagnol Cinco Días commente la menace du président français Nicolas Sarkozy de quitter le sommet du G20 s'il n'est pas satisfait du déroulement de celui-ci concernant le contrôle des paradis fiscaux : « L'accent théâtral porté sur les paradis fiscaux est doublement ironique. Premièrement parce que cela n'a rien à voir avec la crise actuelle. Et deuxièmement parce que la France est le bienveillant protecteur de deux des havres financiers les plus sûrs d'Europe : Andorre et Monaco. (…) Seul un tiers des électeurs étant satisfait de lui actuellement, Sarkozy pourrait être tenté de faire un geste pompeux. Une telle attitude indiquerait qu'il a encore beaucoup à apprendre sur la façon de se comporter sur la scène internationale. Mais sa menace est déjà puérile, presque irresponsable. Il est temps que le président français devienne adulte. »

(02.04.2009)