[fre] Victoria van Violence: l'anti-conformiste

Article publié le 27 septembre 2015
Article publié le 27 septembre 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Victoria (Müller) refuse d'être cataloguée: Cette artiste qui est née en Allemagne de l'Est et qui a grandi près de Francfort touche un peu à tout : modèle intermittent, présentatrice,  protectrice des droits des animaux, bloggeuse. Ses signes distinctifs? Des cheveux couleur gazon, un style punk et depuis peu son label 'Vicious Circle Antifashion'.

Sur ton blog, tu abordes différents sujets qui te tiennent à coeur. Il s'agit aussi bien d'une visite pour ton chien Bella chez le vétérinaire que des coupes menstruelles.

Je crois que ma contribution sur les ''coupes menstruelles" est celle qui a attiré le plus l'attention. J'ai lu un article sur le SCT (syndrôme du choc toxique) et sur ce qui se passe réellement lorsque les muqueuses sont en contact avec un mélange de coton et de synthétique pendant plusieurs heures. Et même si c'est nécessaire, on n'a qu'une envie, c'est d'enlever ça de notre corps. Alors j'ai voulu trouver un autre moyen. Pour beaucoup, cela reste encore compliqué de parler des règles. C'est regrettable. Les menstruations chez les femmes sont encore un sujet tabou. Et pourtant, c'est ce que nous avons, nous les femmes, chaque mois. Quoiqu'il en soit, je ne peux que recommander la coupe menstruelle!

Actuellement, tu habites à Berlin. Tu as également vécu à Londres. Quelle relation as-tu avec ces deux villes?

Cela fait deux ans que je vis à Berlin, j'ai toujours voulu vivre ici. Je suis partie à 18 ans à Londres, juste après mes études. J'avais toujours été attirée par l'Angleterre, j'ai écouté beaucoup de groupes anglais. J'ai commencé à écouter de la musique Punk assez tôt et celle-ci est directement originaire de là-bas. Mais j'ai été un peu déçue, je pensais qu'il y avait un plus grand engouement pour la culture punk. Je dirais que celle-ci est davantage présente à Berlin. Ce sont deux villes qui attirent le monde. Mais pour l'instant, je souhaite rester à Berlin.

Si toutefois, tu étais amenée à partir d'Allemagne, où pourrais-tu t'imaginer vivre ?

Il y a peu de temps, je suis allée à New York. Si un jour, j'ai assez d'argent, je pense que j'aimerais tenter de faire ma vie là-bas. Je rêve d'habiter sur la côte, dans un petit cottage que je ferais moi-même, avec mes Huskies et ma lavande. Une vraie provinciale. Mais pour le moment, je suis encore trop habituée à la grande ville. Jusqu'à maintenant, je détestais même la nature. Mais maintenant que j'ai 27 ans, je commence à changer.

Quels sont tes groupes de punk préférés?

The Shocks ou encore The Stranglers, Blondie aussi, même si c'est un peu moins punk. J'aime Brody Dalle et Nina Hagen a été depuis toujours ma plus grande inspiration. Ma mère l'écoutait et à 6 ou 7 ans, je connaissais toutes ses chansons. Aujourd'hui, on dirait que ce n'était pas vraiment pédagogique, mais peu importe. Je suis une grande fan de tous ces vieux tubes de la fin des années 70, début des années 80.

Les femmes davantage représentées dans la culture punk?

En général, j'admire les femmes engagées. Vivienne Westwood par exemple. Elle a pratiquement conçu toutes les lignes de mode des Sex Pistols et a en fait inventé avec Glen Matlock le style punk. Et je trouve également génial de sa part qu'il y ait un message dans ce qu'elle crée et qu'elle s'engage pour l'environnement et les droits de l'homme.

Est-ce qu'il y a un sujet qui te tient particulièrement à coeur en ce moment ?

La question des réfugiés. Cela prend tellement d'ampleur que j'ai perdu l'envie de lire le journal le matin. Les nouvelles se succèdent, ça semble être de plus en plus catégorique. Pour moi, le plus terrible, c'est de voir la façon dont cela est géré. Ces dernières semaines, il y a eu des moments où je me suis dit "Je n'ai vraiment pas envie d'être ici. Dans un pays, où l'on va bientôt s'en prendre à nouveau aux réfugiés." Je n'arrive vraiment pas à comprendre d'où provient toute cette haine et que notre société en est arrivée, entre-temps, à ce que nombre de personnes pensent pouvoir affirmer "Evidemment, je ne suis pas nazi mais…". Bien évidemment, tout ça existait déjà bien auparavant, mais chacun peut donner son opinion sur Internet.

Est-ce que tu contribues à l'aide apportée aux réfugiés?

J'utilise les médias. J'ai des amis qui sont très engagés et qui ont lancé récemment un appel pour envoyer des " Care-Packets". Je pense que les gens sont encore "timides" en ce qui concerne l'enjeu et ne savent pas bien de quelle manière ils peuvent se rendre utiles. J'aimerais pouvoir aider davantage. Aider indirectement c'est bien, mais pour ma part il est important de pouvoir agir directement et d'être en contact avec les personnes. Cela nous met dans un tout autre état d'esprit. Ces derniers temps, je suis très sensible à la misère du monde quand je vois tout ce qui se passe. D'un autre côté, il y a aussi des choses très positives.

Quels sont tes projets pour l'avenir?

Je rédige en ce moment mon mémoire, je fais des études de langue anglaise et allemande. Par la suite, j'ai envie de faire beaucoup de choses, j'aimerais m'intéresser à différents sujets. Je souhaite m'engager davantage dans le domaine de la protection des animaux. A Los Angeles ‚ j'ai connu l'association 'Hope for Paws'. Les gens viennent en aide à des chiens errants et filment leur sauvetage. Ce qui permet au final de mieux ssensibiliser les personnes face à ce problème. Autrement, je n'ai pas de projets spécifiques , j'aimerais tout simplement continuer à profiter de la vie que je mène aujourd'hui.

Quels talents aimerais-tu posséder?

Le chant et la peinture. Je ne sais pas chanter. J'ai toujours rêvé de devenir chanteuse dans un groupe punk parce que je trouve ça génial d'être sur la scène et de botter les fesses des mecs. Malheureusement, je n'ai pas reçu ce don à la naissance. Je suis même incapable de crier.

A quelle autre époque aurais-tu aimé vivre?

Je suis en train d'écrire mon mémoire sur la romantisme anglais. J'aurais aimé vivre pendant cette période. Le siècle de l'industrialisation et des lumières me fascine depuis toujours. Que ce soit l'architecture, la littérature, la politique ou la science. C'est le siècle durant lequel les sciences ont émergé. Les neurosciences par exemple. Une nouvelle prise de conscience a vu le jour et les premiers débats sur les droits des animaux sont apparus. On a écrit les premières lois sur la protection des animaux - mais également effectué les premiers tests sur ceux-ci. Puis il y a eu les détracteurs, tels que Jeremy Bentham [célèbre réformateur britannique du 19ème siècle; Red.]. Ce siècle a posé les pierres angulaires, même vis à vis de la pensée spéciste de notre époque [discrimination en raison de l'appartenance à une espèce; Red.].

L'image que tu as du malheur?

Le fait d'être reclus et totalement seul. Un monde sans amour ni empathie, c'est ainsi que je définirais le malheur. Du gris et aucune couleur.

Et l'idée que tu te fais du bonheur?

La satisfaction intérieure avant tout. Lorsque l'on est en paix avec soi-même, on peut le montrer et partager ça avec les autres. Le reste vient naturellement.

Si tu pouvais être quelqu'un d'autre, qui ce serait ?

Autrefois, je voulais absolument devenir quelqu'un d'autre. Ma mère n'a cessé ensuite de me répéter, qu'il y aurait des avantages mais aussi pleins d'inconvénients. Aujourd'hui, je n'échangerais ma vie pour rien au monde. Je suis satisfaite de ce que je suis, on peut vraiment faire quelque chose d'incroyable de sa propre existence.

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