[fre] Victoire électorale en Géorgie: de l'euphorie aux remaniements

Article publié le 14 novembre 2013
Article publié le 14 novembre 2013

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

La Géorgie est le carrefour entre l'Europe et l'Asie. En outre, ce pays est à un tournant de son développement. Le nom du nouveau président et celui du nouveau Premier ministre  ont été révélés la semaine dernière.

Le dimanche 27 octobre a eu lieu l'élection présidentielle géorgienne. La sixième, depuis que ce pays a obtenu  son indépendance vis-à-vis de l'Union soviétique en 1991.  Malgré un faible taux de participation (de 46,9 %)  et la nature classique de ces élections, la passation de pouvoir, qui s'est déroulée sans heurts, a permis aux observateurs étrangers d'annoncer un succès sans précédent qui a consolidé la transition démocratique de ce pays.

Giorgi Margvelachvili, professeur de philosophie jusqu'alors inconnu et ancien ministre de l'Education, a remporté cette élection avec 62,12% des voix. Il a été choisi personnellement par Bidzina Ivanishvili,  actuel Premier ministre et  leader de la coalition Rêve géorgien.

La fin d'une époque

En raison d'amendements à la Constitution, le nouveau président aura moins de pouvoir que le président actuel, Mikheil Saakachvili. Néanmoins, les conséquences de ces élections furent considérables,  puisque celles-ci ont marqué la fin de l'arrangement sur le passage du pouvoir entre le Mouvement national uni  et le Rêve géorgien, ce dernier accédant à la présidence avec une forte majorité parlementaire.

De plus, le Premier ministre Bidzina Ivanishvili, que tout le pays connaît par son prénom, a annoncé sa démission pour le 24 novembre. Le nouveau Premier ministre, qui a été choisi par Bidzina lui-même, sera, en théorie, celui qui aura le destin du pays entre ses mainsCependant, la plupart des spectateurs sont persuadés que l'actuel Premier ministre continuera de jouer les marionnettistes en coulisses.

Ivanishvili a récemment annoncé qu'un fonds d'investissement de six milliards de dollars - montant équivalant à 40% du PIB national -  sera bientôt injecté dans l'économie. Un sixième de ce montant proviendra des fonds personnels du milliardaire Bidzina. La plupart des observateurs s'accordent sur le fait que, à travers ces investissements seuls,  l'actuel Premier ministre jouera un grand rôle dans le développement futur du pays même si, officiellement, il a quitté la vie politique.

Retiré de ses fonctions... en étant toujours au pouvoir

En choississant un allié digne de confiance et qui fut longtemps Premier ministre, Ivanichvili montre qu'il reste le personnage le plus influent de la vie politique géorgienne. Irakli Garibashvili a 31 ans. Il a travaillé pour la famille Ivanishvili pendant neuf années entières et a été désigné Premier ministre samedi dernier. Avant d'entrer en politique, Garibashvili a dirigé Cartu, la fondation caritative d'Ivanichvili.

Comme prévu, les membres de la coalition Rêve géorgien se sont empressés de faire l'éloge du nouveau Premier ministre. Le nouveau président Giorgi Margvelachvili  n'a pas caché qu'il était soulagé d'avoir une relation de travail aussi bonne avec le nouveau Premier ministre.  David Usupashvili, président du Parlement, a affirmé que ce dernier a été un pilier de leur équipe dès le tout premier jour. Cependant, certains députés du Mouvement national uni n'étaient pas aussi enthousiastes. L'un d'eux, Zurab Japaridze, a déclaré que le seul point positif de ce candidat reste "sa loyauté personnelle envers le Premier ministre en exercice". Selon un autre, Garibashvili a dirigé son ministère "en s'appuyant entièrement sur les principes du népotisme".