[fre] Une étudiante macédonienne apporte sa bonne volonté à la nation la plus heureuse du monde

Article publié le 9 février 2014
Article publié le 9 février 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Sandra Kostadinova est originaire de Shtip, en Macédoine. Elle a terminé ses études dans sa ville natale pour ensuite s'inscrire au département de langue et littérature anglaise à la Faculté de Philologie Blaze Koneski, à Skopje. Après avoir complété ses études de premier cycle, elle a pris la décision d'élargir ses horizons et s'est lancé le défi de trouver un programme de master plus ambitieux.

Interview par Stefan Alievikj ; édité par Austin Fast

Sandra Kostadinova est originaire de Shtip, en Macédoine. Elle a terminé ses études dans sa ville natale pour ensuite s'inscrire au Département de Langue et Littérature anglaise à la Faculté de Philologie Blaze Koneski, à Skopje. Après avoir complété ses études de premier cycle, elle a pris la décision d'élargir ses horizons et s'est lancé le défi de trouver un programme de master à la hauteur de ses ambitions, un qui pourrait lui offrir une connaissance plus approfondie des langues. Puisque ceux proposés à son université ne correspondaient pas réellement à ses intérêts, elle décida de postuler pour un programme à l'étranger. Et c'est par chance qu'elle fut acceptée dans celui de sémiotique cognitive à l'Université d'Aarhus, au Danemark, et cette semaine voici donc un entretien avec Sandra elle-même. Elle a bien voulu répondre à quelques questions pour Mladiinfo!

1. Vous avez été acceptée comme étudiante à Arhus, au Danemark. Comment trouvez-vous le pays ? Qu'est-ce qui vous plaît ou vous déplaît ?

Passés les premiers chocs concernant  le coût élevé de la vie, la grande humidité et la pluie quotidienne, je me suis établie dans ma petite routine journalière et je dois avouer que cela me plaît beaucoup. Aarhus, qui se situe dans la partie médio-orientale du Jutland, a beaucoup à offrir : plages, forêts, lacs et parcs rendent difficile toute habitude casanière. Les gens sont tout le temps en train de bouger, toujours à l'extérieur, malgré le mauvais temps. Un dicton local à Arhus pourrait se traduire par : « Ne te plains pas du mauvais temps. Dans une minute il aura changé.» C'est une ville jeune et vibrante, pleine d'évènements culturels. Ce que j'aime le plus c'est la façon dont les gens ne se préoccupent pas seulement d'eux -mêmes  et de leur propre bien-être, mais aussi de celui des autres. Un seul point noir malgré tout : IL PLEUT TOUT LE TEMPS !

2. En quoi le Danemark est-il différent de la Macédoine ? Pouvez-vous établir un parallèle et comparer pour nous les deux systèmes éducatifs propres à ces pays ?

S'il me fallait qualifier le Danemark, j'emploierais  l'adjectif "durable". Les gens sont très conscients de leur impact sur l'environnement. Ils achètent bio, recyclent, et sont de friands acheteurs de produits d'occasions. Je crois que, au contraire, le mouvement écologique en Macédoine en est encore à ses balbutiements, même s'il progresse. Les Danois, par exemple, utilisent plus souvent leurs vélos lors de leurs déplacements, là où les Macédoniens préfèreront leurs voitures. Je suis moi-même désormais cycliste et fière de l'être. Quant à l'éducation, les deux systèmes sont diamétralement opposés. Au Danemark, il incombe à l'étudiant, et à l'étudiant seul, d'assumer l'entière responsabilité du travail, des lectures, présentations et autres travaux de groupe demandés. Les moyens à disposition ainsi que la documentation sont certes immenses, mais ils couvrent tout le champs des plus récents développements, et l'étudiant est également libre de procéder à des recherches individuelles. Les professeurs peuvent aussi aider et conseiller à tout moment ; leurs portes sont toujours ouvertes pour assister les étudiants de quelque façon que ce soit. Parmi les autres avantages de ce système éducatif, on remarque que les cours ne composent simplement qu'une petite partie du processus éducationnel. En effet, la plupart du travail est réalisé de façon individuelle ou avec un groupe d'étude. En outre, des conférences ont  lieu assez souvent, et elles sont gratuites pour nous en tant qu'étudiants. Il y a aussi leur système de note qui est différent du nôtre. Le maximum que l'on puisse avoir est 12, -3 étant le minimum. Enfin, et à la différence de mon ancienne université, les examens ne sont absolument pas stressants. Puisque l'étudiant a couvert tout le programme durant le semestre à travers les divers travaux de groupe et présentations, les examens nous servent à solidifier nos acquis. Certains sont oraux, d'autres écrits, avec pour seule différence notable que l'on vous communique au préalable les questions des examens et que vous avez sept jours pour élaborer vos réponses et rendre votre copie.

3. Et qu'est-ce qui se trouve sur votre liste de lecture en tant qu'étudiante en sémiotique cognitive ?

Mon domaine d'étude est interdisciplinaire ; il couvre la linguistique, la psychologie et les neurosciences. Son principal objectif est de comprendre comment le sens est crée dans le langage, dans les pensées et aussi dans les perceptions. Notre liste de lecture comprend donc du Lakoff, du Tomasello, du Fauconnier, etc.  Je suis principalement intéressée par la cognition sociale, et pour être plus précise par l'alignement linguistique, en espérant  pouvoir, un jour, entrer dans la recherche.

4. À votre avis, pourquoi le Danemark est-elle la nation la plus heureuse au monde ?

Le Danemark se place depuis plusieurs années en tête du classement des pays les plus heureux au monde, classement basé sur le PIB, la liberté de choix, l'espérance de vie, etc. J'ai vécu dans plusieurs pays auparavant, dont les États-Unis d'Amérique et la Russie, et je dois dire que le Danemark sort clairement du lot. Je pense qu'il se distingue autant du fait de son gouvernement qui prend soin de ses concitoyens via un système de santé gratuit, une éducation gratuite et les bourses d'étude que chaque étudiant danois se voit octroyer. Mais plus important encore est la façon dont ces derniers sont élevés. On leur apprend dès leur plus jeune âge à explorer par eux-mêmes, et une grande liberté leur est accordée.  Non seulement ils ne sont pas effrayés à l'idée de donner leurs opinions, mais ils sont encouragés à le faire. Qui plus est, ils sont toujours zens. Il se peut qu'ils ne soient pas le plus chaleureux des peuples, mais ils sont toujours agréables et polis. À part lorsque vous oubliez votre clignotant ou le séparateur d'articles sur votre tapis de caisse, qui seront les seules fois où vous pourriez vous attirer quelques regards irrités.

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