[fre] The best of 2015... Les films européens que nous avons le plus aimés

Article publié le 27 janvier 2016
Article publié le 27 janvier 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Durant l'année du retour de Star Wars et de 007, du triomphe au box office de Cinquante Nuances de Grey, nous avons essayé de retrouver six films européens capables di raconter notre continent d'un point de vue nouveau, avec un langage cinématographique original et des contenus mixant des thèmes contemporains avec des valeurs universelles. Bon visionnage.

Snow Therapy - Ruben Östlund (Suède)

Östlund utilise tout le charme des Alpes pour décortiquer la détérioration des relation à l'intérieur d'une famille. La montagne ne sert pas de simple arrière-plan: la neige représente la pureté des sentiments, mais pour la rejoindre, la régie s'attarde sur la station de ski, les files d'attente devant le téléphérique, le processus compliqué de l'habillement pour enfiler les skis, métaphores des difficultés de la vie quotidienne subies par toutes les familles. C'est en effet le coup de théâtre provoqué par une avalanche qui va transformer de manière inattendue la dynamique des liens entre les personnages. 

Youth - Paolo Sorrentino (Italie)

Restons dans les Alpes: un extraordinaire Micheal Kane, dans la peau d'un ex- chef d'orchestre désormais proche de la mort, passe quelques jours dans un luxueux hôtel muré dans le silence. Comme cela avait été le cas pour Mastroianni dans Otto e Mezzo de Fellini, la période passée dans la dimension raréfiée de ce microcosme surréaliste coïncide avec la résolution de certains noeuds irrésolus de sa vie, en partant de la relation avec sa fille (Rachel Weisz) pour finir avec celle de son épouse, recluse dans une maison de repos. Une réflexion sur une phase délicate comme celle de la vieillesse, un film intense et parfois émouvant - malgré une certaine virtuosité kitsch qui caractérise désormais Sorrentino - primé aux European Film Awards 2015.

Le Tout Nouveau Testament  - Jaco Van Dormael  (Belgique)

Dio existe et vit dans la routine de la capitale belge, alors que celle-ci est au centre de la tempête médiatique, à cause des cellules djihadistes présentes dans sa banlieue de Molembeek. L'occasion est surréaliste. Le Tout-Puissant (un grand Benoît Poelvoorde) est le stéréotype de l'homme entre la cinquantaine et la soixantaine, à l'air négligé, mais surtout un misanthrope cynique et nonchalant. En revanche, Jésus-Christ était seulement un mouton noir qui s'était éloigné du droit chemin. Dieu, à l'image des pères du troisième millénaire, vit un conflit permanent et irréparable avec sa fille Ea, enfant cadette de J.C, acronyme de Jésus-Christ, dont la prononciation semble presque évoquer le nom du rappeur Jay-Z. Le film belge – D'une durée de presque deux heures, avec un casting d'exception comptant Catherine Deneuve et François Damiens, l'un des acteurs les plus appréciés du Plait Pays – défile de manière agréable et touche tous les aspects de notre vie chaotique et incertaine d'Européens et de citoyens du monde moderne. Par les temps qui courent, un peu de satire sur la religion peut seulement rendre notre monde meilleur. 

Que Viva Eisenstein! - Peter Greenaway  (Gran Bretagna)

Le maître Peter Greenaway – avec son habituel style visionnaire – a tourné un film vraiment créatif, alliant du matériel d'archive avec des séquences déchaînées et désacralisées, tout cela sur un rythme frénétique.  Il en résulte un biopic (Film biographique) sui generis sur le célèbre réalisateur du film Le Cuirassé Potemkine (Un film dont on fête les 90 ans), dans lequel on raconte les turbulentes journées mexicaines pendant lesquelles le cinéaste “libère” son homosexualité, alors qu'il travaille sur le set d'un nouveau film. L'avant-premère nationale de cette oeuvre monumentale mais amusante, rigoureuse mais surréaliste, s'est déroulée à Palerme, à l'occasion de l'ouverture de la cinquième édition de la Sicilia Queer Filmfest.

Dheepan - Jacques Audiard (France)

L'histoire de cet homme – fuyant la guerre civile au Sri Lanka et rejoignant la banlieue parisienne avec une femme et une petite fille –  a ému Cannes, qui lui a décerné la Palme d'Or 2015 en tant que meilleur film. L'histoire d'une intégration difficile, dûe à l'incompréhension de la langue française et de l'explosion de la violence des résidents envers ces immigrés. Ce n'est peut-être pas le film le plus incisif d'Audiard (Sur mes Lèvres, Un prophète), ma c'est certainement une oeuvre portant à la réflexion, à tel point qu'on l'a rapprochée à Gran Torino de Clint Eastwood.

The Lobster  - Yorgos Lanthimos (Grèce)

Production anglaise, mise en scène d'un Grec. Et pourtant, c'est sur des scénarios irlandais que s'ouvre la narration futuriste d'une époque déformée de manière utopique, par notre conviction réelle que le futur apporte avec lui des aberrations. L'histoire est celle d'un gouvernement qui oblige la population à trouver un partenaire: de belles employées vêtues de blanc et de noir s'occupent des célibataires dans l'Hôtel. Ceux-ci doivent trouver l'amour dans un délai de 45 jours, sous peine d'être transformés en l'animal de leur choix. La demande la plus récurrente? Le chien. Les spectateurs assistent à un ping-pong psychologique qui les entraîne des rires aux larmes, avec une question : et moi, quel animal voudrais-je être?