[fre] Sturgeon , la candidate du SNP rivalise avec les mecs de Westminster lors d'un débat préélectoral télévisé

Article publié le 21 avril 2015
Article publié le 21 avril 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

La dissolution du parlement a sonné le coup d'envoi de la campagne des élections générales britanniques 2015, et 7 dirigeants de partis ont été mis à l'épreuve durant un débat télévisé de 2 heures.  

Cependant, ce débat n'en était pas vraiment un.

Concernant une question économique importante, Nicola Sturgeon (SNP), Leanne Wood (Plaid Cymru) et Natalie Bennett (Verts) ont affirmé qu'il fallait augmenter les dépenses et Nigel Farage (UKIP) que la dette avait doublé, tandis que Ed Miliband (Labour), Nick Clegg (Lib Dem) et David Cameron (Conservatives) ont maintenu qu'il fallait encore plus d'austérité. Il n'y a eu aucune explication pour justifier chacun de ces points de vue, juste une confrontation à deux voies. 

Comment est-il possible de mener un débat intelligent si les participants n'y mettent pas du leur ? Au bout de 5 minutes, je me suis souvenu de l'objectif de l'électoralisme : convaincre les téléspectateurs qu'ils (les intervenants) sont dignes de leur confiance, mais pas avec des arguments pertinents. Tout dépend de l'impression qu'ils vous laissent pendant et après le débat.  Voici mon impression après le débat des dirigeants politiques sur ITV : 

Farage a tenté un approche franche et direct (même si son commentaire sur le traitement des immigrants porteurs du VIH manquait vraiment de tact) pour vendre ses idées sur l'immigration et sur l'Union Européenne, tout faisant attention à conserver sa touche populaire avec des  propositions comme la suppression des frais de parking devant les hôpitaux.                                                                                                                                         Cameron, gardant le même cap qu'à l'accoutumée, s'en est tenu à son discours huilé sur son mandat électoral et a attaqué Miliband à la moindre occasion. 

Clegg e également vanté les mérites de son mandat au sein du gouvernement, en essayant de se différencier grâce à un commentaire intéressant sur l'immigration. Il a aussi rénouvelé ses excuses au sujet de l'augmentation des frais d'inscription à l'université et a pris ses distances avec Cameron dès le départ. 

Miliband s'est adressé directement à la camera, essayant d'apparaître aussi passionné que possible, a radoté sur le futur, a insisté qu'il sauverait le NHS et a attaqué le bilan de Camron à la moindre occasion. 

Sturgeon a habilement attisé la rivalité entre ses adversaires tout en présentant son programme pour l'Écosse. La candidate des Verts, Natalie Bennett avait beaucoup de chose à dire, mais en raison de son manque d'assurance, ses idées de gauche n'ont pas réussi à retenir l'attention. Le chef du Plais, Leanne Wood a plaidé en faveur du Pays de Galle et a tenu tête à Farage.  

De tous les candidats, Sturgeon est celle qui s'est révélée la plus raisonnable, la plus honête et la plus intelligente. Selon des sondages sur le fil par plusieurs agences (YouGov, ICM), Sturgeon est la « grande gagnante » du débat, alors que Miliband et Cameron sont coude à coude. Le sondage instantané effectué par ComRes immédiatement après le débat place Cameron et Miliband en tête, Farage au coude à coude et Nicola Sturgeon (SNP) légèrement derrière.

Il est vrai que l'on pourrait féliciter ITN pour avoir réussi à réunir 7 dirigeants de partis pendant une session de 2 heures, néanmois ce débat reste une masquarade. Il n'a absolument pas aidé les voteurs à décider de manière informée pour qui ils aillaient voter. Les interviews de Miliband et de Cameron par Paxman avaient au moins le mérite de les obliger à essayer de se justifier, et l'on pouvait voir sur quels sujets sur lesquels ils avaient des difficu. Heureusement, ce débat ne devrait pas avoir trop d'incidence sur le résultat des élections. 

Les débats sont censés clarifier le point de vue des candidats les uns par rapport aux autres. Cependant comme les adversaires sortent des statistiques et des chiffres sans fournir aucun context tout en esquivant les critiques, la seule promesse de ce débat était d'être divertissant. Qui piégerait qui ? Qui déraperait en premier ? Au final, personne n'a fait l'un ou l'autre, à l'exception de Farage qui a appuyé lui-même sur le détonateur de la bombe qu'il portait au pied. 

Je pense que d'ici le 7 mai, ce débat aura été oublié depuis longtemps. On peut cependant retenir de ce débat télévisé que le SNP se porte bien en Écosse, que les Lib Dems sont toujours morts et enterrés et que UKIP pourrait bien ou ne pourrait pas causer la surpise - le reste n'est que spéculation.

En avant le concours de popularité !