[fre] Shooting Stars européennes 2016: 12 questions à Atli Oskar Fjalarsson

Article publié le 19 février 2016
Article publié le 19 février 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Au moment où je rencontre Atli Oskar Fjalarsson sur la Postdamer Platz, Shooting Star européenne islandaise de la Berlinale de cette année, je ne sais encore pas grand chose à son sujet. Certainement que cela ne va pas durer, tant pour moi que pour un large public, car l'acteur sympathique est déjà connu à Hollywood.

A 12 ans, Atli Oskar prête sa voix aux personnages de BD et pose ainsi ses jalons pour sa future carrière. Deux ans plus tard, il joue dans 2 Birds, film primé de Rúnar Rúnarsson. S'ensuivent d'autres rôles dans des films, des court-métrages et des shows télévisés. Enfin, il retravaille avec le réalisateur et scénariste islandais Rúnarsson, pour Sparrows, une production qui a été récompensée lors du dernier festival du film de Toronto et dans laquelle Atli joue le rôle d'un adolescent effrayé. La Berlinale 2016 est une première pour lui dans la capitale allemande.

Cafébabel: C'est la première fois que tu participes à la Berlinale?

Atli: Oui, absolument. C'est ma toute première fois à Berlin. Je suis déjà allé deux fois en Allemagne, mais jamais dans la capitale. J'ai une véritable fascination pour la ville et son histoire incroyable.

Cafébabel: Est-ce qu'en dehors de tes obligations durant le Festival, tu as déjà eu l'occasion de visiter la ville?  

Atli: Malheureusement, je n'ai pas pu voir grand chose puisque l'on m'a emmené à une quinzaine de lieux différents en voiture. En tout cas, je souhaite y retourner et vraiment découvrir la ville. Jella, la Shooting Star allemande m'a déjà proposé de venir lui rendre visite et de me montrer la ville. 

Cafébabel: Et hormis la ville, que penses-tu de la Berlinale? 

Atli: Tout simplement génial. C'est un festival gigantesque, un des plus grands d'Europe. C'est vraiment incroyable d'arriver là et de rencontrer toute cette foule et d'apercevoir toutes ces lumières magnifiques et le tapis rouge.

Cafébabel: Quelle impression cela fait-il de se retrouver au milieu de la Berlinale Shooting Star présentée cette année?

Atli: C'est toujours un grand honneur d'être récompensé et c'est toujours sympa quand quelqu'un vous met une tape sur l'épaule et vous dit ' Bien joué!' J'imagine que tout le monde aspire à cette reconnaissance.

Cafébabel: Quelques mots sur toi et ta carrière actuelle?

Atli: A 12 ans, j'ai réalisé mes premières synchronisations, ensuite à 13 ans, j'ai tourné dans 2 Birds, mon premier court-métrage. Le film a été vu dans des festivals internationaux et a ainsi lancé ma carrière. A 16 ans, j'ai obtenu mon premier rôle et depuis ce temps, je n'ai pas cessé de travailler en Islande. Récemment, je suis parti à Los Angeles pour étudier la comédie. 

Cafébabel: A quelle école es-tu et quelles ont été tes motivations?

Atil: J'ai choisi de suivre un programme universitaire sur trois ans à la New York Film Academy. J'ai toujours voulu apprendre, comment on joue réellement la comédie. Certes, j'ai un don naturel pour cet art, mais j'ai toujours souhaité savoir ce qu'il y avait derrière tout ça, en découvrir davantage sur les pères fondateurs de la comédie et comment ils ont trouvé leurs rituels. Comment on se prépare, comment on peut démonter un scénario. C'est tout cela que je souhaite véritablement apprendre. Cela fait maintenant un an et demi que je suis à Los Angeles.

Cafébabel: Tu veux donc conquérir Hollywood, est-ce que c'est un objectif que tu t'es fixé?

Atil: Les Etats-Unis me fascinent depuis toujours. J'ai postulé à la fois pour New York et Los Angeles et lorsque l'on m'a pris à LA, je m'y suis installé. Je ne regrette absolument pas, c'est une ville fantastique. J'adore vraiment cet endroit, il y fait toujours beau. C'est magnifique.

Cafébabel: Selon toi, qu'est-ce qui différencie l'Islande de Los Angeles, c'est à dire l'Europe des USA? En termes de comédie et de fonctionnement?

Atil: Le fonctionnement est sensiblement le même. Les méthodes sont similaires. La comédie et le cinéma parlent une langue universelle. Tu vas sur le plateau et là peu importe qu'il s'agisse d'un petit film d'art et d'essai en Islande ou bien d'une super production hollywoodienne. Les méthodes et la manière dont le film est tourné sont les mêmes. C'est essentiellement pareil, même si l'on utilise d'autres termes et que l'on parle dans d'autres langues. J'adore travailler en Islande, tout le monde est très proche et forme une vraie famille.

Cafébabel: Un acteur préféré?

Atli: Depuis tout petit, j'admire Tom Hanks. J'adore tout ce qu'il fait. Forrest Gump naturellement. Cloud Atlas est sans conteste mon film préféré. Bien sûr, il y a aussi des acteurs islandais que j'apprécie beaucoup. Ingvar Eggert Sigurosson, qui a joué le rôle de mon père dans Sparrows. Petit, je l'ai souvent aperçu dans des films et pouvoir jouer un rôle à ses côtés est un rêve devenu réalité. Cela a clairement été un des grands moments de ma carrière actuelle. 

Cafébabel: Est-ce qu'il y a d'autres réalisateurs ou acteurs islandais qu'il faut connaître?

Atil: Grímur Hákonarson est un réalisateur incroyable et également un de mes amis. Je citerais également Rúnar Rúnarsson. Il y a beaucoup de bons réalisateurs islandais, également beaucoup de jeunes talents en herbe.

Cafébabel: Ta conception du malheur? 

Atil: Pour ma part, le malheur se manifeste dans la solitude. Celle-ci peut avoir de nombreux visages. On peut se trouver au milieu d'une foule de gens et se sentir seul pour autant. Voilà ce qu'est le malheur selon moi. Je crois aussi que nous devons commencer à traiter les dépressions différemment. Particulièrement lorsqu'il s'agit d'hommes et de jeunes hommes, lorsqu'ils se sentent perdus. La plupart du temps, ils n'arrivent pas à exprimer leurs sentiments. Un homme ne doit pas pleurer, autrement ce n'est pas un homme. Cette idée mène bien souvent à l'isolement.

Cafébabel: Et ta conception du bonheur?

Atil: Dans les moments où je me sens le plus heureux, je ne pense pas au bonheur. Je crois que le sentiment d'être heureux ou le bonheur est un oxymore. J'ai le sentiment que nous y pensons uniquement lorsque l'on se sent triste. C'est dans ces moments là que nous recherchons le bonheur. Lorsque l'on est vraiment heureux, on ne prend pas conscience de tout ça et on ne réfléchit pas, on vit simplement sa vie sans s'arrêter, en toute quiétude.