[fre] #RefugeeCameras, les réfugiés photographient leur histoire

Article publié le 22 octobre 2016
Article publié le 22 octobre 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

"#RefugeeCameras" est une exposition photographique de Kevin McElvaney qui rassemble les photos des voyages du désespoir réalisées par des demandeurs d'asile et certains photographes professionnels. Elle est à voir jusqu'au 25 octobre à la Galerie d'Art Moderne de Palerme dans le cadre du Festival des Littératures Migrantes. La tournée européenne se poursuivra ensuite à Berlin. 

"Je n'arrive pas à arrêter de regarder ce film et les images, surtout celles des enfants". L'employée de la Galerie d'Art Moderne de Palerme a du mal à retenir son émotion tandis qu'elle nous invite à entrer dans les trois pièces où défilent les photos de la frontière européenne. Si les images pouvaient parler. Ces images-là parlent, et comment. Elles viennent heurter les émotions des visiteurs, d'autant plus qu'elles ont été prises par ceux qui, pour une fois, étaient de l'autre côté de l'objectif pour raconter au monde l'histoire de leur migration, cherchant à être libres et à survivre. 

Ce projet proposé par KevinMcElvaney, photographe de 29 ans, né de mère allemande et père irlandais, n'est pas une simple exposition mais un parcours comportant plusieurs étapes aux frontières oubliées de la "Forteresse Europe" : Lesbos, Idomeni, Izmir, Athènes.

#RefugeeCameras compile des clichés réalisés par des réfugiés syriens, irakiens, iraniens pendant leur voyage de l'espoir vers l'Europe. Nous retrouvons également de nombreuses images faites par des journalistes photographes professionnels qui ont vus ces lieux où chaque jour l'humanité perd des morceaux et se meurt.  

Quinze Kodak jetables entre les mains des réfugiés  

En décembre 2015, le photographe allemand Kevin McElvaney a donné quinze appareils photos jetables à des réfugiés rencontrés à Izmir, Lesbos, Athènes et Idomeni et autant d'enveloppes affranchies puis a décidé de s'unir à ceux qui devaient encore affronter le voyage vers l'Europe, fournissant à certains d'entre eux un outil pour documenter chaque étape de leur propre point de vue.

Sept de ces appareils ont été réexpédiés au photographe et ces témoignages iconographiques vifs ont trouvé leur place au sein de cette exposition inhabituelle qui rassemble également les travaux de célèbres photographes professionnels qui ont adhéré au projet et le soutiennent. Parmi eux : Jacobia Dahm, Souvid Datta, Daniel Etter, Jan Grarup, Ciril Jazbec, Mackenzie Knowles-Coursin, Kai Löffelbein, Aris Messinis, Espen Rasmussen, Lior Sperandeo, Nicole Tung, Patrick Witty et l'italien Alessandro Penso.

Parmi ces images il y a des photographies de plages qui furent jadis des cartes postales pour touristes ou la terre ferme d'antiques peuples de navigateurs et qui aujourd'hui constituent en revanche le point d'accostage de ceux qui fuient la guerre ou la misère. Jusqu'au 25 octobre les murs du Spazio Living de la Galerie d'Art Moderne raconteront l'un des plus tristes génocides de l'histoire de l'humanité, sans nous épargner certaines dénonciations comme par exemple ces gilets de sauvetage de contrefaçon introduits sur le marché par des spéculateurs de la mort, qui auront malheureusement été fatals aux réfugiés sur les côtes turques d'Izmir.  

Un dernier mot à ceux qui nous lisent : allez-y et arrêtez-vous devant ces images, retenez votre souffle. Connaître est l'étincelle qui permet de changer les choses. 

L'exposition est une initiative proposée et soutenue par le Goethe-Institut de Palerme dans le cadre de la section Arts Visuels (sous la direction de Agata Polizzi) du Festival des Littératures Migrantes, dont Cafébabel est partenaire media.

Informations sur le site Festivaletteraturemigranti