[fre] Plongée libre : pas de limites jusqu'au dernier souffle de liberté

Article publié le 16 janvier 2014
Article publié le 16 janvier 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Tout être hu­main nor­mal consi­dère la res­pi­ration comme le pro­ces­sus le plus au­to­ma­tique au monde. Nous n'y pen­sons même pas pen­dant nos jour­nées. Cela se fait spon­ta­né­ment. Mais res­pi­rer est une ac­tion qui peut être contrô­lée et amé­lio­rée vo­lon­tai­re­ment, et la maî­trise de notre souffle signifie maî­trise de notre es­prit, de notre corps et aussi de nos sen­sa­tions.

In­ter­view par Ta­mara Mi­le­tic

Pho­to­gra­phie de la base de don­nées de Goran Čolak

Tout être hu­main nor­mal consi­dère la respiration comme le pro­ces­sus le plus au­to­ma­tique au monde. Nous n'y pen­sons même pas pen­dant nos jour­nées. Cela se fait spon­ta­né­ment. Mais res­pi­rer est une ac­tion qui peut être contrô­lée et amé­lio­rée vo­lon­tai­re­ment, et la maî­trise de notre souffle est sy­no­nyme de maî­trise de notre es­prit, de notre corps et aussi de nos sen­sa­tions. C'est ce à quoi as­pirent les apnéistes lors­qu'ils plongent et tentent de res­ter sous l'eau le plus longtemps possible en n'ayant préa­la­ble­ment pris qu'une seule bouf­fée d'air dans le but de re­pous­ser leur li­mite. Les ori­gines de cette dis­ci­pline re­montent au temps de la Grèce an­tique, bien que le pre­mier re­cord de plon­gée en apnée fut en­re­gis­tré au début du XXe siècle, et qu'il fal­lut at­tendre 2002 avant qu'une dé­fi­ni­tion of­fi­cielle des huit dis­ci­plines que com­pose la pra­tique et dans les­quelles hommes et femmes par­ti­cipent soit éta­blie. Ces dis­ci­plines sont en­ca­drées  par l' AIDA (As­so­cia­tion In­ter­na­tio­nale pour le Dé­ve­lop­pe­ment de l'Apnée), la fé­dé­ra­tion mon­diale de la plon­gée en apnée, qui, en­semble avec la CMAS (Confé­dé­ra­tion Mon­diale des Ac­ti­vi­tés Sub­aqua­tiques) sont les deux as­so­cia­tions in­ter­na­tio­nales en charge des com­pé­ti­tions dans ce do­maine.

L'équipe de Mla­diinfo a eu le plai­sir de par­ler avec Goran Čolak , l'ath­lète croate qui a battu plus de 30 re­cords na­tio­naux de la CMAS et de l' AIDA, et qui a rem­porté le cham­pion­nat croate de plon­gée libre 7 fois d'af­fi­lée au cours de ces der­nières an­nées. Il est ac­tuel­le­ment l'ath­lète mas­cu­lin le plus cou­ronné de suc­cès des cham­pion­nats du monde or­ga­ni­sés par l' AIDA avec 6 mé­dailles d'or et une d'ar­gent. Čolak a par­tagé avec nous sa mo­ti­va­tion à vou­loir battre de nou­veaux re­cords en re­pous­sant ses li­mites, et sa pas­sion pour cette dis­ci­pline à l'ori­gine d'un monde de sen­sa­tions et de sen­ti­ments à l'in­té­rieur de son es­prit et de son corps qu'on ne peut ex­pé­ri­men­ter ailleurs.

1. D'où vous vient votre pas­sion pour la plon­gée libre ?

La plu­part des plon­geurs en apnée de ma gé­né­ra­tion ont une his­toire si­mi­laire. En 1988, le film le Grand Bleu, di­rigé par le réa­li­sa­teur fran­çais Luc Bes­son, était sur les écrans, et il s'en est suivi une vague d'in­té­rêt crois­sante pour la pra­tique de ce sport. J'ai été moi-même em­porté. Au début, je com­men­çai à ex­pé­ri­men­ter mes propres tech­niques en apnée, et après un cer­tain temps je dé­ci­dai de m'ins­crire au club de plon­gée "Ge­ro­nimo" à Za­greb, en Croa­tie, au­quel je me rends tou­jours presque quo­ti­dien­ne­ment pour m'en­traî­ner et que je re­pré­sente lors des com­pé­ti­tions.

2. Com­ment les gens en Croa­tie ont-ils réagi à votre nou­veau re­cord du monde ? Votre vie a-t-elle changé ?

Pas du tout. Mal­heu­reu­se­ment, la cou­ver­ture de ce sport dans notre pays laisse à dé­si­rer. Di­sons que, gé­né­ra­le­ment, les mé­dias na­tio­naux et ré­gio­naux suivent et dif­fusent les ac­tua­li­tés re­la­tives à ce sport. Néan­moins, la plon­gée libre reste une dis­ci­pline assez nou­velle pour eux. Ce qui veut dire qu'il n'existe au­cune sé­lec­tion entre les in­for­ma­tions qui sont rap­por­tées. En réa­lité, seul le nombre de jour­na­listes que vous connais­sez en per­sonne dé­ter­mi­nera la quan­tité d'in­for­ma­tions et d'images pu­bliées à votre pro­pos. Le der­nier re­cord mon­dial de plon­gée que j'ai battu à Bel­grade, en Ser­bie, le 21 no­vembre 2013, fait parti d'un des suc­cès les plus consé­quents pour cette dis­ci­pline en Croa­tie. C'est la troi­sième fois qu'un ath­lète croate bat le re­cord du monde de plon­gée libre re­connu par l'AIDA. Cela si­gni­fie que ce re­cord est éga­le­ment admis par toutes les autres or­ga­ni­sa­tions de plon­gée libre au­tour du globe, et non pas seule­ment la CMAS, qui est gé­né­ra­le­ment la plus po­pu­laire et la plus sui­vie en Croa­tie. 

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