[fre] Nous sommes des gens comme tout le monde

Article publié le 13 septembre 2016
Article publié le 13 septembre 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

“Je choisis toujours une personne de mon âge qui me comprend et qui connaît mes besoins pour être mon assistant personnel”

“Nous voulons montrer au monde qu'en aucune manière, nous ne sommes différents des autres”, a déclaré Tomáš Dančo, un jeune homme en chaise roulante.

“Je choisis toujours une personne de mon âge qui me comprend et qui connaît mes besoins pour être mon assistant personnel”, a déclaré Tomáš Dančo, une personne en chaise roulante et membre du groupe d'information pour les personnes avec handicap de Bratislava et ouvrier technico-économique qui a fini ses études à l'Institut pour la réadaptation au travail. Le respect de Bratislava a été notre sujet de discussion. Nous l'avons interviewé lui et son collègue Adam Riečičiar, membre du même groupe d'information pour personnes handicapées, et qui marche avec des béquilles. Ils nous ont parlé de leur vie quotidienne et des améliorations à venir.

L'équipe Mladiinfo: Lorsque nous sommes rentrés dans l'Université de l'Architecture, nous avons remarqué qu'il y avait de nombreux escaliers. Peut-on se déplacer facilement sans aucune aide?

Tomáš: Nous pouvons aller au premier étage, là où le café est situé, par ascenseur, mais nous avons besoin d'un assistant personnel pour y accéder. En réalité, nos assistants sont avec nous toute la journée. Je vis également à Brastislava avec un ami handicapé.

L'équipe Mladiinfo: Dans certaines villes, par exemple à Skopje (Macédonie), les transports publics sont accessibles aux personnes en fauteuils roulants. En est-il de même à Bratislava? Tomáš: Certains des bus et des trams sont accessibles, mais la plupart du temps, une personne doit nous assister.

Adam: Lorsque les gens qui ont un handicap ne sont pas avec leurs assistants, peu de gens sont enclins à les aider.

IMG_5363 (2)L'équipe Mladiinfo : Comment faites-vous pour répondre au problème des nombreux ponts et passages souterrains de la ville?

Tomáš: Certains des passages souterrains sont adaptés pour nous permettre de les franchir sans assistance. Si aucun équipement n'est prévu, cela dépend de l'expérience de l'assistant, mais une seule personne suffit. Le plus difficile est de devoir expliquer à l'assistant lorsqu'il manque d'expérience comment il doit procéder. Jusqu'à maintenant, dieu merci, je n'ai eu encore aucun accident. Même si la situation s'améliore, cela ne suffit toujours pas. En raison du mauvais état des chaussées, nos fauteuils roulants se cassent facilement, par conséquent nous sommes obligés d'acheter des roues spécifiques.

L'équipe Mladiinfo: Lorsque nous étions dans le centre-ville, nous avons remarqué qu'il y a un City Lounge, appellé “Primi” qui est parfaitement accessible pour les gens en fauteuil. Donc, cela est-il valable pour d'autres lieux de la ville et plus généralement avec les institutions publiques ou les cinémas, les théâtres...?

Tomáš: La plupart des cinémas permettent un accès avec ascenseur, donc il n'y a pas de problème à ce sujet là. Lorsque nous entrons dans le cinéma, nous devons appeler un service spécial qu'ils peuvent appeler pour nous aider.

L'équipe Mladiinfo: Habituellement, comment choisissez-vous votre assistant personnel et pour combien de temps?

Tomáš: Quand j'étais étudiant au lycée, j'ai eu un assistant pendant 8 ans, mais après cela, durant mes années universitaires, j'en ai choisi un autre. Généralement, il est difficile pour moi de trouver l'assistant parfait.

Je préfère choisir des assistants de mon âge, parfois même plus jeunes.La plupart du temps, ce sont les gens les plus âgés qui veulent devenir assistants. J'essaie en général de trouver des assistants parmi les gens que je connais. Alors, j'ai essayé de trouver un assistant avec l'aide d'une organisation spécialisée, mais de cette manière, je n'ai pu trouver qu'une seule personne.

C'est impossible d'avoir un seul assistant parce que j'ai tellement d'activités à Bratislava et personne n'est disponible tout le temps. Par exemple, j'ai besoin d'un assistant lorsque je fais du sport. Je pratique un sport paralympique appelé boča (petang)  et l'assistant m'apporte les balles durant le jeu. Puisque je joue deux fois par semaine, cela demande d'être assez disponible.

L'équipe Mladiinfo: Est-il nécessaire que ton assistant personnel soit un professionnel?

Tomáš: Absolument pas. Il peut s'agir de gens ordinaires qui désirent exercer ce métier. Peu de gens sont attirés par cette activité en raison d'une faible rémunération.

L'équipe Mladiinfo: Combien d'assistants sont suffisants pour vous?

Tomáš: Durant la journée, un assistant est suffisant mais la plupart du temps, il en faut davantage parce qu'ils ont leurs propres engagements étant donné qu'il s'agit habituellement de jeunes personnes ou d'étudiants qui travaillent seulement à temps partiel. Actuellement, j'ai quatre assistants. Alors, je préfère rester avec un assistant pour une longue période de temps, de cette façon je me sens plus à l'aise. Cela prend du temps de s'adapter à chacun et de comprendre nos besoins mutuels. 

Adam: Généralement, les assistants signent un contrat pour une période de temps définie, un an par exemple. Toutefois, il peut facilement être cassé et cela arrive parfois rapidement. Nos assistants pourraient même être changés chaque mois.

Photo credits: Mária SavkaničováCredits photo: Mária Savkaničová

L'équipe Mladiinfo: Nous avons cru comprendre que vous mettez en place certains projets à Bratislava. Souhaiteriez-vous les étendre à d'autres endroits en Slovaquie?

Tomáš: Tout d'abord, nous voulons montrer au monde que nous sommes des gens comme tout le monde et nous voulons prouver cela en créant et en mettant en place ces projets.

Si nous récoltons assez de fonds, nous aimerions les étendre à d'autres endroits en Slovaquie, principalement dans le centre, dans l'est et dans le nord de la Slovaquie, car la façon dont les gens avec un handicap sont perçus est différente de celle de Bratislava.

L'équipe Mladiinfo: Vous sentez-vous davantage respecté à Bratislava?

Tomáš: Bratislava m'apporte plus de chances du point de vue du développement personnel que si je vivais dans une petite ville ou dans un village. Je ressens une plus grande satisfaction ici.

L'équipe Mladiinfo: Pouvez-vous nous en dire plus sur votre projet actuel intitulé " Ici Je suis chez moi"(Tu som doma)?

IMG_5319Tomáš: L'objectif principal du projet est de reconstruire une maison en Špania dolina et de créer un centre d'informations – un endroit pour les gens handicapés où ils peuvent vivre ensemble. Nous voulons montrer que les gens atteints d'un handicap peut vivre une vie qui a un sens.

L'article* par une équipe internationale composée de: Miroslav Draganov (Macédonie), Marika Savkaničová (Slovaquie), Elena Jimѐnes Anino (Espagne), Talha Zafar (Italie) et Lucia Jurenková (Slovaquie).

Regarder la vidéo : Barrier-friendly Bratislava

Edité par: Ivana Petrisková

*Ce article est le résultat de Youth Exchange “Raise Your V.O.I.C.E. 0.2” qui a tout fait pour permettre à des groupes marginalisés de faire entendre leur voix au sein de leur société, en soulignant les véritables défis auxquels ils font face, c'est à dire la stigmatisation faite par la "société légitime", ou la société qui vit à l'intérieur des marges. The Youth Exchange a été organisé par l'équipe de Mladiinfo Slovensko du 13 au 20 avril 2016 à Bratislavan en Slovaquie. Les informations et les opinions divulguées dans cet article sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Mladiinfo International. La responsabilité des informations et des opinions exprimées à la fois dans le texte et la vidéo incombe pleinement aux auteurs.

L'article "Nous sommes des gens comme tout le monde" a été publié pour la première fois sur Mladiinfo.