[fre] Matteo Renzi à Dakar : Les jeunes et notre avenir

Article publié le 8 février 2016
Article publié le 8 février 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le premier ministre italien à Dakar : i giovani sono il nostro investimento più grande, urge soccorrere la cultura e l'Università, laboratorio in cui si formeranno le menti che guideranno il futuro dei nostri Paesi. L'Italia è vicina al Senegal approvando la cooperazione intellettuale ed economica tra le due Nazioni. Riflessione di una studentessa italiana all'Università Cheikh Anta Diop di Dakar.

Le voyage en Afrique de l'Ouest de Matteo Renzi s'est terminé par la visite du premier ministre italien à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar. En effet, après le Nigeria et le Ghana, le Sénégal est la dernière étape de la visite éclair du Président du conseil sur le continent africain. Les points à l'ordre du jour étaient : la lutte contre le terrorisme, une réflexion sur le phénomène de l'immigration, l'investissement dans la culture et les jeunes, une meilleure considération du rôle de la femme dans les domaines économique, politique et culturel. 

La culture contre le terrorisme

L'ancien maire de Florence a commencé son discours en rappelant l'importance que la culture a - et doit avoir - dans la lutte contre le terrorisme. C'est un problème auquel le Sénégal ne doit pas lui-même faire face, mais c'est désormais un problème de portée internationale. Un terrorisme qui recrute les jeunes et dont les jeunes sont toujours les victimes. Il faut être attentif aux besoins des nouvelles générations, il faut les écouter et leur tendre la main. Ceci peut être rendu possible par l'investissement dans l'instruction publique et donner ainsi aux jeunes un espace où ils pourront s'exprimer et grandir. 

Il y a un besoin criant d'une éducation qui permette la formation des esprits jeunes et éclairés qui pourront construire un futur économiquement important pour leur pays, afin que les voyages désespérés à travers le désert et la mer ne soient plus une fatalité. D'ailleurs, Matteo Renzi a souligné que l'Italie continuera à être présente et à agir par tous les moyens pour sauver ceux qui se retrouveront en difficulté en mer à cause de l'immigration clandestine . 

Les jeunes mis en comparaison

Le discours de Renzi n'a pas seulement intéressé les jeunes sénégalais, mais aussi les jeunes européens. Effectivement, le premier ministre a réaffirmé sa position en faveur d'une Europe unie, en mettant l'accent sur l'Europe plutôt que sur l'Italie. L'importance des échanges culturels et universitaires, parmi lesquels le célèbre programme Erasmus, doit aider à une véritable coopération entre les jeunes provenant des différents pays européens. Mais cette coopération ne doit pas s'arrêter là. Il faut qu'elle puisse s'élargir jusqu'en Afrique et qu'elle ouvre un dialogue entre les étudiants européens et africains. Il faut que les jeunes construisent ensemble et de manière unie un avenir certain pour tous ; un avenir qui doit prendre son élan en alliant le passé et le présent.

A la fin de son discours, le premier ministre a souligné l'importance de l'unité des peuples et de l'utilisation d'un nouvel humanisme qui serait un antidote au mal du terrorisme. Il a demandé aux jeunes sénagalais de construire, pourquoi pas avec l'Italie, un avenir solide qui, grâce à l'énergie, l'intelligence, la patience et l'enthousiasme, aura des bases fermes. Pour construire le futur, l'économie ne suffit pas ; il faut également des valeurs et des idéaux.

Le véritable esprit universitaire, je l'ai trouvé au Sénégal

D'après moi, le discours ministériel était très beau à voir : dans la Salle de Conférence (ndt : en français dans le texte) de l'UCAD II, nous avons vu un premier ministre italien plein d'espoir, optimiste et chaleureux. Il a parlé continuellement en français, malgré la difficulté de la langue, et a prononcé ces paroles tout à fait spontanément. C'était là un discours politique parfait, que j'embrasse idéalement chaudement.

Mais, cher Président du Conseil, moi aussi je vois ce qui se passe à l'intérieur de l'université. Je suis une étudiante Erasmus Mundus qui, depuis l'université de Bologne, a entrepris un long parcours en commençant par un séjour en France, puis en le terminant au Sénégal, à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar. Je dois admettre que j'ai trouvé un véritable esprit universitaire dans cette université africaine, bien plus que je ne l'ai rencontré dans notre Italie bien-aimée. Ils n'ont sûrement pas de bibliothèques aussi fournies que les nôtres, le nombre de professeurs y est certainement inférieur, et ça et là, la qualité de l'éducation n'égale pas la nôtre. Mais l'esprit des étudiants sénégalais et des professeurs est riche d'idéaux et d'humanité. Cette humanité que nous pensons avoir, mais que malheureusement nous avons oublié quelque part dans notre temps sans pause, dans l'urgence des décisions à prendre, dans la hâte d'être humains.

Soyons des protagonistes

Sur notre continent, monsieur le Président, je vois une université qui devient de plus en plus une pure machine économique. Une université qui, tout comme une entreprise, est composée d'un directeur et de ses employés. Et, au bout de la chaîne, il y a les clients : nous, les étudiants. Monsieur le Président, je sais bien que votre discours était politique, un très beau discours qui peut revigorer et réconforter un jeune plein d'énergie et  idéaliste. Je vous remercie de ne jamais oublier de rendre visite aux écoles et aux universités. Mais, s'il vous plaît, pensez à mettre réellement en pratique ce que vous préconisez. Pensez réellement à faire en sorte que l'université italienne puisse retrouver cette splendeur d'antan de notre nation. Examinons véritablement le futur de l'Italie, pour qu'elle ne soit pas un pays habité de machines, mais d'hommes libres.

Chers étudiants, profitez de l'opportunité que vous offre l'université. Arrêtons de critiquer la politique, on ne peut rien y faire de plus aujourd'hui. Et voyagez donc, découvrez le monde, accumulez le savoir et les expériences, et faites-en bon usage avant de devenir "grands" et que les passions et les idéaux de la jeunesse ne se perdent. Peut-être que, avant de s'empêtrer dans les jeux diplomatiques, nos hommes politiques étaient des jeunes pleins d'espérances et d'idéaux. Ne devenons pas des machines collées à des écrans qui ne réussissent pas à s'exprimer en dehors des réseaux sociaux. Soyons nous-mêmes des protagonistes, soyez curieux et ayez envie de bouger, critiquez de manière constructive et construisez réellement votre avenir.