[fre] La Jukebox de Berlin: Marco Wellisch (1ère partie)

Article publié le 4 mars 2017
Article publié le 4 mars 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

On parle d'électro, ok ! Mais de tekkkno ? Techno ? Ou encore tekkno ? Alors que la scène festive de Berlin s'abandonne à l'extase au son de la musique électronique, la plupart d'entre nous sommes trop jeunes pour nous rappeler d'où vient cette musique. Le DJ et producteur Marco Wellish a grandi avec la techno et détient maintenant son propre label de musique électronique à Berlin.

« J'ai fait mon premier concert en 1992 dans un club de Mainz, qui n'était pas du tout un club de musique techno, à la base. » Marco Wellish a le sourire aux lèvres en repensant à ses premiers pas sur la scène musicale. Nous nous trouvons au Crack Bellmer, un des clubs de la Warschauer Straße, rue située dans la zone du RAW, un des hauts lieux de la culture alternative berlinoise où, chaque nuit, des centaines de personnes aiment se perdre dans un joyeux tourbillon mêlant drogues, transpiration, et musique techno. En musique de fond on peut d'ailleurs entendre de la techno (pas étonnant). Parfois les sonorités sont claires et limpides, parfois elles plus sont sombres, dures, métalliques. « A l'époque, la techno n'avait rien à voir avec ce qu'elle est aujourd'hui, bien sûr. Il n'y avait pas encore de scène digne de ce nom et tout allait dans le sens de l'Acid House. » C'est à 16 ans que Marco a écouté sa première piste de musique techno, un titre de Sven Väth. Même les plus jeunes reconnaîtront ce nom. Après tout, il fait partie de la première génération de DJ de Francfort, connue dans le monde entier. Une connaissance de Marco travaille dans l'événementiel et s'occupe des soirées techno de Francfort à Mainz. C'est lui qui a fait rentrer Marco par la petite porte des clubs. « Ça a marqué le début des festivités électro. »

Human Resource, Dominator (1991)

A l'époque, la scène était encore épurée. Il n'y avait pas de concerts et pas de magasins où on pouvait se procurer du matériel, des platines. Dans le milieu tout le monde connaissait tout le monde et c'était juste une question de temps avant que Marco se retrouve aux commandes de la table de mixage. « Aujourd'hui c'est difficile de se représenter un monde sans internet, sans mp3. MTV en était encore à ses balbutiements. » Il n'y avait pas de clubs comme on en trouve aujourd'hui, des institutions comme le Berghain ou le Watergate, c'était impensable. Les choses ont changé avec les Nuits de la Techno qui ont eu lieu en 1993 au Dorian Gray Club, à l'aéroport de Francfort. Ça a été le Big-Bang de la scène électronique en Allemagne. « A l'époque, la trance a également fait son apparition. Mais ça, personne ne le savait encore, parce qu'à ce moment-là tout était considéré comme de la techno », explique Marco. Au début, on écrivait encore tekkkno avec 3 k, et ensuite en 1993 c'est devenu la techno. Parfois on pouvait l'abbréger et parler de tekkno. Quelques groupes ont vraiment pris la chose au sérieux. Certaines personnes n'écoutaient que de la techno avec deux K ! »

Les années suivantes, la scène de la musique électronique de Francfort a littéralement explosé. Marco lui-même se produisait souvent. Il a travaillé avec des DJ tels que Michael Kohlbecker et Ramin Naghachian et il a essayé de diversifier les genres autant que possible : trance, house, deep house, drum'n'bass, breakbeat... Il n'y avait presque pas de règles, ou quand il y en a on ne les respectait pas. En 1999 Marco s'est rendu dans un studio pour la première fois. Il pouvait enfin créer sa propre musique. La première platine de Marco est sortie chez Apart Records sous son nom de scène, Low Mid. Pour lui, aujourd'hui comme à l'époque, ce sont les basses et les moyennes fréquences qui sont importantes. Ensuite il y a les basses. « C'est un des facteurs les plus importants. Il faut qu'il y ait un son de basses, que ce soit consistant, chaleureux! Je pense que tout repose sur les basses.»

Ramin Naghachian, Brainticket (1992)

Puis un jour l'atmospère s'est réchauffée, tout du moins d'un point de vue métaphorique. On s'est mis à surfer sur la vague colorée du psychédélique dans les tropiques, le long des plages parsemées de palmiers de Goa. Les premières Full Moon Parties avaient déjà été célébrées à la fin des années 1980 à Anjuna et Vagator, mais c'est seulement dans les années 1990 qu'une techno d'un nouveau genre, empreinte de sonorités orientales, s'est mise à résonner dans le monde occidental. On le doit aussi à Sven Väth, qui a passé du temps en Inde et qui a rendu la trance Goa populaire à Francfort. « J'appelle ça la trance psychédélique, ou psytrance pour faire plus court, parce que je trouve que trop de clichés sont associés à la trance Goa. » Avec son projet Klangbilderzeuger, qu'il a démarré en 2000 avec Hans M. Mantell sous le label Plusquam Records, il a eu également beaucoup de succès. « Sous le label on a un peu glissé dans la scène psytrance, mais au fond on a été trop technoïdes. Pour la scène techno on a un peu trop viré dans la trance. »

Parasystem, Digital Dust (2008) 

Mais Marco et la trance psychédélique, ça a quand même fonctionné. En 2006, il fonde Parasystem avec Ramin Naghachian , et en 2008 il inclut même un des titres de Raja Ram dans une compilation Goa. Dans l'ombre de Raja, le roi, et Ram, divinité indienne, se trouve l'Australien Ronald Rothfield, propriétaire du label de psytrance anglais TIP Records, et l'un des représentants les plus importants de la scène de Mumbai à Détroit. Cela dit, Marco en a assez de la trance et il se lance dans un nouveau projet musical, Klangwild. « Je voulais juste faire une fusion de ce qu'il y a de mieux : la techno, le psychédélique, et la trance progressive. » Désormais il s'appelle Elektro Assi ou tout simplement Marco Wellisch, et il retourne à la techno d'origine. « Klangwild : ça sonne sauvage, et ça l'est. C'est le son, et le son c'est la fête, et c'est sauvage, la fête. » Et alors ? Alors Marco va à Berlin, enfin.

Plus d'infos sur Marco Wellisch sur son site Web, sur Reverbnation  et sur Facebook. A suivre, la deuxième partie de l'histoire des « festivités électro »

Cafébabel (Berlin) lance la jukebox

Marre d'écouter toujours les mêmes titres, les mêmes grilles radio, les mêmes playlists sur Spotify? A partir d'avril 2014, la rubrique Jukebox vous réserve des surprises. Vous pourrez découvrir de jeunes musiciens, DJ, ainsi que des concerts en live en direct de Berlin. Plus de musique et de playlists sur Facebook et sur Twitter.