[fre] La commission de l'UE en quête de littérature

Article publié le 2 janvier 2016
Article publié le 2 janvier 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

En 2008, le conseil de l'Europe s'est engagé dans le développement de la littérature européenne dans les salles de classe. Un an plus tard, la commission de l'UE a instauré le prix de littérature de l'union européenne, lequel connaît désormais un réel succès et demeure convoité. Que récompense exactement la commission avec ce prix? 

Chaque année, le lauréat du prix de littérature de l'union européenne reçoit 5000€ et ses éditeurs peuvent alors demander une aide de l'UE afin que les oeuvres primées soient traduites dans d'autres langues européennes. Tous les ans, la commission investit 3 Millions d'euros pour les traductions littéraires et 2,4 Millions d'euros dans les projets de coopération, entre autres, avec la branche du livre. Depuis 2014, 1,3 Milliards d'euros ont été investis dans le programme de financement du secteur artistisque et culturel.

Le prix de littérature en termes de nombres est sans conteste impressionnant et l'objectif culturel de la commission est ambitieux. En effet, elle souhaite à travers ce prix de littérature présenter des oeuvres littéraires européennes au public et contribuer de ce fait à faire émerger un véritable lectorat européen, a annoncé Vassiliou, la commissaire de l'UE dans un communiqué de presse de la commission de 2013. Tout cela est bien beau, mais comment peut-on globalement définir la littérature européenne? Pour la récompenser avec un prix et la commercialiser dans plusieurs langues en tant que littérature de l'Europe, il faut également pouvoir la reconnaître par des caractéristiques distinctives, n'est-ce pas?   

L'opinion du conseil de l'Europe: Fauxpas et engagement à la diversité

En 2008, le conseil de l'Europe a publié un document intitulé "Promoting the teaching of European literature" (Assemblée Parlementaire - Doc. 11527 - 14 Février 2008), où l'on cherche à définir la littérature européenne. Cela n'a mené à aucun résultat réellement convaincant. La commission responsable n'est pas allée au-delà d'un texte qui part d'une bonne intention, dans lequel des problématiques sur la littérature coloniale et les centres d'intérêt de la comparatistique, de la recherche des auteurs, de l'interprétation des textes et de l'histoire de la littérature entrent en ligne de compte afin de s'interroger sur la naissance de la littérature européenne.

Fauxpas 

Certains passages du document sont quelque peu déroutants comme "Learning other European languages and learning about their literature can help to inculcate [dt. eintrichtern] European citizenship" (S. 2, Point 4.), car cela sonne un peu trop dogmatique pour une institution telle que le Conseil de l'Europe qui s'engage pour la démocratie, la liberté d'expression et les droits de l'homme. Un Fauxpas, dirait-on.

Il serait plutôt préférable que la littérature et les langues européennes ne soient pas utilisées dans le but d'inculquer quoique ce soit aux citoyens, et encore moins un sentiment de citoyenneté européenne. Dans les salles de classe, nous devrions plutôt se servir des connaissances des langues et de la littérature de l'Europe afin que les citoyens puissent décider eux-mêmes de la façon dont ils peuvent unir la part de leur conscience qui leur permet d'exister en tant qu'européen, avec leur identité nationale.

Engagement à la diversité  

Indépendamment du Fauxpas rédactionnel, il ressort du document que le développement de la littérature européenne en classe sur les traductions littéraires, la mise en lumière des similitudes des littératures nationales de l'Europe, la protection de la diversité linguistique du continent et l'utilisation de nouvelles technologies numériques doit être poursuivi.

Littérature d'Europe 

Le prix de littérature de l'union européenne fait profession de cette même diversité. Sont récompensés "les meilleurs jeunes auteures et auteurs en Europe quel que soit leur pays ou leur langue", a déclaré Androulla Vassiliou, la commissaire de l'UE de l'éducation, de la culture, du multilinguisme et de la jeunesse en 2014 dans un communiqué de presse de la commission. 

Jusqu'en 2020, les 28 états membres de l'UE, l'Islande, la Norvége, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l'ancienne république yougoslave de Macédoine, le Montenegro, la Serbie et la Turquie peuvent participer au concours. Donc, d'un point de vue générale, la participation ne dépend ni du pays ni de la langue, mais prend en compte l'adhésion à l'UE.

Une chose est sûre: Il n'y a pas qu'une seule littérature européenne

Quelles oeuvres littéraires pouvons-nous considérer comme européennes sur le marché du livre? Ce sont les lecteurs des librairies d'Europe qui pourront le dire.