[fre] EU-CELAC: L'Amérique latine à la conquête de l'Europe

Article publié le 18 juin 2015
Article publié le 18 juin 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

La semaine dernière, le Conseil européen a accueilli le 2ème sommet entre l'Union européenne et la Communauté d'Etats latino-américains et caraïbes (CELAC). Cette réunion avait pour but de redynamiser les relations entre les deux régions, qui représentent 30% de l'économie mondiale, et de renforcer les liens de coopération sur des initiatives différentes. 

Sur les cinq années à venir, la CELAC et l'UE concentreront leurs efforts sur la lutte contre la pauvreté et l'inégalité, sur la promotion de l'éducation, de la science et de la technologie et sur la lutte contre les changements climatiques et les problèmes environnementaux, tout en finançant le développement et en exploitant au maximum le potentiel de ces deux organisations régionales qui symbolisent un bloc international,” a déclaré le vice-président de ce sommet, le Président équatorien, Rafael Correa.

Des relations stratégiques

A l'heure actuelle, l'UE a signé les Accords de libre-échange avec presque tous les pays d'Amérique latine; des traités bilatéraux avec des acteurs majeurs tels que le Mexique et le Chili, mais aussi avec les régions économiques : le CARIFORUM (Forum caribéen), le SICA (Système d'intégration centre-américain) et la CAN (Communauté andine des nations). Il reste encore un petit nombre de pays qui applique des droits de douanes très élevés ainsi que des barrières commerciales sur les produits européens, comme l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela, pays qui font tous partie du MERCOSUR (Marché commun du Sud). Ce petit groupe de pays empêche la mise en place d'un partenariat économique pleinement intégré au sein des régions.

L'UE reconnaît les efforts visant au développement de la région qui ont été réalisés par les différents membres de la CELAC au cours des dix dernières années ; ceux-ci ont contribué à l'amélioration des relations entre l'EU et la CELAC en vue d'un partenariat égalitaire dans les  Forums internationaux. L'UE s'est engagée à devenir un partenaire stratégique de l'Amérique latine et, à cet effet, elle a pris plusieurs mesures visant à encourager le développement économique de la région. Elle a affecté des fonds qui s’élèvent à environ 2,5 milliards d'euros, exprimant ainsi sa coopération sur des secteurs clés tels que l'éducation, l'innovation et l'environnement. L’UE a également alloué un autre milliard d'euros à la région des Caraïbes afin de servir la lutte contre les changements climatiques. En outre, l'UE a suggéré la création d'un plan d'action visant à développer le partenariat en identifiant les buts spécifiques pouvant être accomplis sur des périodes de temps relativement courtes, qui offriront aux citoyens des deux régions des avantages concrets.

La consolidation des partenariats                                 

A l'occasion du Sommet, l'UE a signé un nouvel accord avec la Colombie et le Pérou visant à ce que la possession du Visa Schengen ne soit pas une obligation pour leurs citoyens. Ce dernier accord consolidera le partenariat de l'UE avec l'Alliance du Pacifique (Mexique, Chili, Colombie et Pérou), facilitant ainsi la coopération et l'engagement des deux côtés de l'Atlantique. Cette mesure devrait être effective avant la fin de l'année 2015.

Tous les pays se sont également engagés à encourager les pratiques visant à une bonne gouvernance qui sont fondées sur la démocratie, l'inclusion et la transparence. Ils ont condamné toutes formes de violence et de non-respect des Droits de l'homme, faisant référence à la situation qui règne actuellement au Venezuela ; néanmoins, n’ayant pu trouver un accord unanime, il n’y a eu aucune déclaration virulente à l’encontre du gouvernement vénézuélien. Dans la déclaration finale, les pays présents ont encouragé le gouvernement colombien à conclure un accord avec les FARC  afin de mettre un terme au conflit armé qui dure depuis trop longtemps. La consolidation de la paix dans cette région va certainement faciliter l'apport d'investissements étrangers qui participeront à la création de nouveaux emplois et au développement économique.

En plus de ce Sommet, Le Président  colombien, Juan Manuel Santos Calderon, a tenu plusieurs réunions bilatérales dans le but de se faire des alliés qui soutiendront sa stratégie visant à mettre fin au conflit armé qui sévit dans son pays. Il a également promu la Colombie partenaire stratégique de l'UE. Une partie des efforts qu’il a réalisé en vue de rétablir la Colombie comme l'une des 'économies émergentes' croissantes a porté ses fruits avec l’Accord sur l’exemption de visa, que d'autres pays tels que la Suisse, la Norvège, le Liechtenstein, l'Irlande, la Thaïlande et la République dominicaine, ont également signé par la suite.

Toujours aucun engagement pour le climat

Mis à part toutes les autres négociations visant à établir de nouveaux partenaires économiques, le climat était sans aucun doute l'un des problèmes principaux qu’il aurait fallu aborder durant le Conseil. A leur arrivée à Bruxelles, plusieurs Chefs d'Etat et du gouvernement ont affirmé leur volonté de faire des problèmes climatiques une priorité afin de démarrer les négociations avec les pays latino-américains. “En tant qu'Européens, nous rencontrerons les Latino-Américains pour parler du climat avant tout, puisque c'est la priorité de la diplomatie française en vue de la conférence sur le climat qui aura lieu à Paris,” a déclaré le Président français, François Hollande.

Malgré l'importance capitale des problèmes liés au climat en vue de la COP-21 (21e conférence des partis), on peut regretter qu'il n'y ait eu aucun progrès significatif, excepté une série de déclarations sur la nécessité de lutter contre les changements climatiques, qui n’appelaient aucun engagement.