[fre] Bienvenue aux Refugiés? - La psychologie de l'étranger

Article publié le 8 mars 2017
Article publié le 8 mars 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Reading hate posts and comments on social media is one thing you should NOT do under any circumstancies. I did. And seeing how people I knew, people I called friends were talking about refugees in a brutally dehumanazing manner shocked me. Then, my defense mechanisms kicked in, and I coped with this inner tension in my very own way: getting disconected from it by analyzing the situation.

Pourquoi avons-nous peur ?

Les gens ont tendance à ne pas apprécier ceux qui sont radicalement différents d’eux. Nous pouvons même être très sélectifs dans le choix des personnes avec qui nous interagissons. Nous avons tendance à rester avec ceux qui ont les mêmes opinions, origines sociales, le même niveau d’intelligence, les mêmes croyances religieuses et les mêmes orientations politiques. Les gens avec qui nous aimons passer du temps, nos amis et les partenaires que nous choisissons ont même tendance à nous être génétiquement similaires.

Il semblerait que nous soyons programmés à nous créer notre propre petit groupe, et les principes de base de création de ce réseau de relations sociales sont principalement nos propres caractéristiques.

Par le passé, les hommes vivaient en groupe de 100 à 200 personnes et ce fut déterminant dans notre développement. Les humains ont évolués pour survivre en groupe en coopérant avec les personnes avec lesquelles elles vivaient, les personnes extérieures, en revanche, pouvaient représenter une menace potentielle. Ils auraient pu être porteurs de parasites ou de bactéries pouvant être différents de ceux déjà présent au sein du groupe. Ainsi, un individu externe au groupe représentait un danger réel, voir mortel pour ses membres.

Les règles et les normes étant variables selon les groupes, l’arrivée d’un étranger pouvaient aussi représenter une menace pour tout le système. Les psychologues de l’évolution suggèrent que notre peur de l’inconnu et notre rejet de la déviance proviendrait de là.  La déviance étant elle-même une construction sociale qui dépend des normes établies par une certaine communauté.

Apparemment, nous aurions gardé notre habitude de surveiller les gens qui pourrait nous menacer. S’entourer de ceux qui nous sont similaires continu à représenter un choix plus sûr. Mais nous savons que les choix les plus sûrs ne sont pas toujours les meilleurs et que la curiosité fait aussi partie de notre nature. Ainsi même si notre cerveau est paramétré par l’évolution pour tenir compte de ces menaces potentielles, il nous fais aussi ressentir le besoin d’explorer toutes les options.

Pourquoi ressentons-nous de la compassion ?

Ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi notre réaction envers les réfugiés est si ambivalente. D’un côté, en étant en dehors de notre cercle habituel, ils peuvent déclencher des réactions de rejet automatique. D’un autre côté, nous voulons en savoir plus sur eux, et quand nous réalisons qu’ils ne sont pas si différents, une autre fonction basique s’active : l’empathie. Dans notre cerveau, de petits neurones miroirs sont responsables de la reproduction des mouvements et des émotions que nous voyons. Nous sommes capables de tout bonnement synchroniser notre activité cérébrale avec les autres, seulement en les observant. Cette capacité fine à comprendre les émotions des gens démontre tant au niveau cognitif qu’au niveau affectif combien notre existence est basée sur les interactions sociales.

D’où vient le “Nous contre eux” ?

Le même mécanisme fondamental existe en chacun de nous, cependant son extériorisation varie fortement en fonction des individus, influencée par d’autres facteurs.

Le développement de notre identité est l’une des caractéristiques principales qui détermine notre réaction face à l’inconnu. Les personnes dont l’identité est bien développée ont tendance à se sentir moins vulnérables, par conséquent, elles sont plus ouvertes aux nouvelles expériences. Dans le cas où l’identité n’a pas pu se développé en un système cohérent de fonctions intégrées, la personne devient défensive, voir agressive, concernant tout ce qu’elle considère comme faisant partie de son essence. Pour compenser ce manque de stabilité interne, elles deviennent plus facilement influençables par les idées radicales et dogmatiques.

D’une certaine façon, les systèmes plus importants, les communautés, les pays fonctionnent de la même façon que les individus. Les pays ayant une économie instable et une identité nationale collective qui ne s’est pas correctement développée seront moins tolérants en comparaison de ceux jouissant d’une meilleure situation. Dans ces pays, la montée de l’extrême droite est plus commune devant une situation de gestion de mouvement de population. Nous pouvons observer une utilisation narrative forte et polarisée  du « nous contre eux » dans ces sociétés, qui laisse peu ou pas d’espace à une prise de conscience de la réalité des réfugiés qui sont des êtres humains, tout comme nous. 

Moralité de cette histoire ? Je ne suis pas sûre qu’il serait logique ou juste de parler en   termes de bien et de mal à propos de ces personnes. Voici une meilleure approche : en tant qu’humains, nous avons un potentiel tant de socialisation que l’inverse. Les instincts primaires ont un grand contrôle sur nous, et nous sommes plus sensibles et réactifs aux menaces qu’aux récompenses, en général. Cependant ce que nous appelons nos choix moraux sont souvent orienté par les efforts importants que nous produisons pour contrôler nos sentiments et pensées. C’est notre responsabilité de surveiller et analyser nos propres aprioris, parce que les nier ou les supprimer ne va rien changer, c’est la formation consciente de notre réflexion qui le pourra.