France : Sarko technique

Article publié le 2 juillet 2014

L'ex-président français Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue et entendu par la justice mardi, avant d'être mis en examen pour « corruption active » et « trafic d'influence ». Sous le coup de plusieurs enquêtes, la carrière politique de Sarkozy est terminée, estiment certains éditorialistes. D'autres pensent que les Français n'en tiendront pas rigueur à l'ex-président. 

Newsweek Polska - Pologne : SarK.O

La mise en examen de Nicolas Sarkozy met un terme définitif à tous ses rêves de retour, écrit Newsweek Polska. Cette arrestation en dit long sur le piètre état général de la France, estime aussi le magazine : « Sa carrière est sans nul doute terminée. Le rêve d'une victoire aux présidentielles de 2017 devrait désormais s'être volatilisé. En effet, Sarkozy est actuellement sous le coup de six enquêtes. … Sarkozy n'est donc plus un homme politique, mais une bombe à retardement. Or cette garde à vue ne concerne pas seulement 'Sarko' , elle est révélatrice de l'état déplorable dans lequel se trouve la France. … Depuis 20 ans, celle-ci n'a guère réussi à mettre en œuvre la moindre réforme. Quant au président Hollande, il est tout simplement inacceptable. Il ne s'améliorera jamais. … La France est aujourd'hui un pays en mal de personnalités politiques. »  

(Article publié le 02.07.2014) 

Neue Zürcher Zeitung - Suisse : la jurisprudence Chirac

La mise en examen de Nicolas Sarkozy n'exclut pas un éventuel retour en politique aux présidentielles de 2017, estime le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung, rappelant qu'il n'est pas le premier ex-président français à avoir des démêlés avec la justice : « Son prédécesseur Jacques Chirac avait même été condamné à une peine avec sursis dans le cadre d'un scandale financier. Or, plus que tout autre, Sarkozy, ambitieux et avide de pouvoir, a une réputation qui lui colle à la peau : celle de se croire au-dessus des lois. … Ceci dit, cela ne scelle pas définitivement son destin sur la scène politique nationale. Les Français font preuve de largesses envers leurs grands hommes. Les débats vertueux qui ont cours en Allemagne ou aux États-Unis, mettant à l'index les tricheries dans la rédaction de thèses de doctorat ou les aventures extraconjugales, ne suscitent guère qu'un haussement d'épaules au pays de la joie de vivre, sans que ces faux pas ne mettent fin aux carrières politiques. » 

(Article publié le 02.07.2014

Financial Times - Royaume-Uni : la fin du bling-bling

L'UMP doit nommer un autre candidat que Nicolas Sarkozy aux présidentielles de 2007, car ce dernier, outre ces problèmes judiciaires, n'a pas effectué un bon quinquennat, estime le quotidien conservateur Financial Times : « Les partisans de Sarkozy prétendent qu'il a surmonté ses problèmes juridiques et qu'il peut être un opposant crédible pour la droite dans la course présidentielle. Or même si Sarkozy parvenait à être blanchi, il n'est pas la personne adéquate. … Son mandat s'est caractérisé par l'hyperactivité et la fatuité, ce qui lui a valu le titre de président bling-bling. Il n'a pas mis à exécution sa promesse de mettre en œuvre des réformes significatives, la 'rupture avec le passé' qu'il avait annoncée. Les actes n'ont pas suivi les paroles. Le centre-droit ferait mieux de se tourner vers une autre personne, moins compromise, pour la prochaine présidentielle. » 

(Article publié le 01.07.2014) 

L'Opinion - France : ce pays est malade

L'arrestation d'un ancien président est extraordinaire au point que l'on s'interroge sur l'action de la justice, écrit le journal économique libéral L'Opinion : « D'abord sur les juges : s'acharnent-ils sur celui qui les a si souvent rudoyés, n'ont-ils pas un agenda directement corrélé au calendrier politique ? ... Soupçon sur les procédures : ces multiples affaires qui servent chacune de marchepied aux autres, alternant non-lieu et saisine connexe, illustrent-elles une bonne façon d'exercer la justice ? Soupçon sur Nicolas Sarkozy lui-même : l'accumulation des procédures finira-t-elle par ébranler la foi de ses partisans, et à tout le moins ne va-t-elle pas dégoûter de la vie publique l'ancien président ? ... Ce doute profond crée le malaise. Dans un pays malade qui accumule les contre-performances économiques et sociales, cette suspicion qui s'insinue dans tous les interstices de la vie publique achève de convaincre le plus grand nombre que, décidément, la politique est irrécupérable. Mauvais signal pour la démocratie. » 

(Article publié le 01.07.2014) 

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