Fourrures trompeuses

Article publié le 23 avril 2007
Article publié le 23 avril 2007

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

A poil plutôt qu’en fourrure : Bruxelles souhaite interdire l’importation de fourrures de chiens et de chats en provenance de Chine.

‘100% synthétique’ : c’est l’affirmation mensongère qui figure sur les étiquettes de nombreux vêtements arborant des cols soyeux. « Une alternative à la vraie fourrure! », pensent de nombreux acheteurs, qui, par amour des animaux refusent de porter de la véritable fourrure. Toutefois, beaucoup ignorent que cette matière douce et douillette, loin d’être en synthétique, est en réalité souvent fabriquée à partir de pelages de chiens et de chats. Une fois teintée et travaillée, il est ainsi impossible de distinguer la véritable nature de la fourrure.

Pas de protection des animaux en Chine

Chaque année en Asie, des millions de chats et de chiens sont tués de manière barbare dans le seul but de récupérer leur fourrure et de la faire parvenir de façon camouflée en Europe. L’Association allemande de protection des animaux rapporte même que des élevages entiers en Chine sont consacrés à la production de fourrures, gage d’une mort atroce pour les chiens et chats.

Il n’existe la-bas aucune législation en matière de protection animale censée protéger chiens et chats de de ce supplice. L’empire du Milieu peut s’énorgueillir d’être le fournisseur mondial numéro un de fourrures bon marché.

Pour fabriquer un seul manteau, une vingtaine de chiots doivent être sacrifiés. Près de deux millions de chiens et de chats sont tués et dépecés chaque année dans le monde. Gants, doublures fourrées, couvre-lits, housses, plaids, et même porte-clés… : partout en Europe, les articles à base de pelages de chiens et de chats inondent le marché. « Le commerce de ces fourrures est beaucoup plus répandu qu’on ne le pense », soutient le fonctionnaire européen Struan Stevenson.

N’importe quel type de fourrures peut donc être vendu sur le marché européen. « Avec le faux étiquetage, le public est trompé sur la véritable origine de la fourrure», confirme Struan Stevenson. « Sur les étiquettes, on lit ‘loup Gae’, ‘Sobaki’, ‘chacal asiatique’, ‘loup de Chine’ ou ‘chien de Madère asiatique’. En réalité, ces fourrures proviennent d’animaux domestiques. »

Harmoniser les lois

Selon la Commission européenne, les produits importés proviennent en grande majorité d’Asie et d'après une enquête, datant de décembre 2005, de l'organisation australienne de défense des droits des animaux Humane Society International, de la fourrure de chats et de chiens est produite en République tchèque et d'autres États membres de l'Est de l'Europe.

En novembre 2006, la Commission a proposé une prescription visant à mettre fin à l’exportation, à l’importation, au commerce, à la production et à la vente de fourrures de chiens et de chats. Le texte doit être examiné en juin par le Parlement.

Des méthodes de détection efficaces comme les tests ADN ou la spectrométrie devraient permettre d’identifier chaque fourrure. Quinze Etats membres, parmi lesquels la France, l’Italie, la Grande-Bretagne et la Pologne, appliquent déjà ces méthodes d’identification et ont promulgué leurs propres lois sur le commerce des fourrures de chiens et chats. La Commission propose désormais d’harmoniser ces législations au niveau européen. Les Etats-Unis, la Suisse et l’Australie ont quant à eux interdit le commerce de ces fourrures depuis longtemps déjà.