Formule 1 : de la course automobile aux autoroutes

Article publié le 19 décembre 2008
Article publié le 19 décembre 2008

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Les constructeurs automobiles rivalisent d’idées afin de construire la meilleure voiture. Leurs projets sont souvent testés à l’occasion des courses de formule 1, qui mettent surtout en compétition la technologie de pointe des constructeurs.

Le bruit assourdissant des moteurs, les voitures colorées, les coureurs les plus rapides au monde, les belles femmes et le champagne : voici les attributs incontournables des courses de formule 1 qui attirent dans les tribunes comme devant le petit écran, des masses de supporters surexcités. Mais la formule 1, c’est également une âpre concurrence entre constructeurs automobiles, qui grâce à un budget de plusieurs millions d’euros, testent de nouvelles techniques, avec l’idée de les introduire, par la suite, dans les voitures fabriquées en série.

(wineboar/flickr)« Mon équipe dépense des millions de dollars pour construire ces jouets incroyables puis elle me paie un paquet d’argent pour que je roule avec ces modèles », a dit une fois en plaisantant le coureur automobile brésilien, Nelson Piquet. Les 24 heures du Mans constituent le défi ultime et l’un des plus difficiles à relever pour l’homme et son bolide : le vainqueur est le coureur qui achèvera le plus grand nombre de tours de piste en 24 heures. Une victoire dans cette course prestigieuse est une superbe occasion pour les constructeurs, afin de vanter les mérites de la technologie qui sera utilisée par la suite dans les voitures produites en série.

Le retour triomphant de Peugeot

La Peugeot 908 propulsée par un moteur diesel de technologie HDI FAP apparaît comme le « cheval noir » de cette saison. L’utilisation de deux filtres à particules constants permet au moteur de ne jamais fumer, quelles que soient les circonstances, grâce à une technologie qui vient directement des voitures en série. Il s’agit, sans aucun doute, du retour triomphant du constructeur français qui mise très clairement sur la protection de l’environnement. L’équipe de Peugeot a ostensiblement marqué son retour sur la piste de la Sarthe en établissant un record des tours réalisés à la vitesse la plus grande, jamais enregistrée dans l’histoire des 24 heures du Mans.

102 tours ont été réalisés par Stéphane Sarrazin avec une moyenne de 246,068 km/heure sur les 13,629 kilomètres du parcours. Malheureusement, dans la confrontation finale, il a perdu face au champion « en titre », le constructeur allemand Audi et son modèle diesel R10 TDI. Il lui a manqué un peu de chance et d’expérience, comme le confirme le 9e conducteur de l’équipe, Franck Montagny : « Nous avons un bilan mitigé, mais je me réjouis que nous soyons arrivés sur le podium des 24 heures du Mans. La lutte a été rude et les conditions difficiles. Il nous manque encore un peu d’expérience. J’ai vécu de très beaux moments au cours de ce week-end et je me suis vraiment éclaté au volant de la Peugeot 908 HDi FAP. »

Le programme d’endurance

(TGIGreeny/fFlickr)C’est justement au cours du dernier tour de la course du Mans 2008, sur le circuit Silverstone que Peugeot Sport a présenté son nouveau démonstrateur gris argent 908 HDI FAP Hybride équipé du Système de récupération d’énergie cinétique (SREC), un système hybride qui permet de récupérer l’énergie cinétique au moment du freinage. La liaison entre le moteur électrique et le moteur thermique permet de rouler en plusieurs modes. Par exemple, si on se trouve sur la voie des stands, sur laquelle, pour des raisons de sécurité on ne roule pas vite, on peut faire appel au seul mode électrique qui utilise l’énergie accumulée. Quand on commence la compétition, le SREC entre en jeu (il récupère de l’énergie pendant 20 à 30 secondes sur u ntour du circuit) : il fournit une énergie supplémentaire que le conducteur peut utiliser de deux façons différentes. Il peut soit atteindre une puissance supplémentaire de 60 kW (soit 80 ch.), pendant environ 20 secondes à chaque tour, soit réduire sa consommation d’essence de 3 à 5 %.

« Les voitures hybrides dans la F1 pourraient permettre de développer le même produit en série »

Ce système innovant, qui doit écraser la concurrence, laisse encore présager une compétition très rude pour la saison 2009. Le directeur de Peugeot Sport, Michel Barge, regarde avec beaucoup d’optimisme l’avenir de cette technologie innovante : « La présentation de l'hybridation de la 908 HDi FAP s'inscrit dans la finalité de notre programme d'endurance, à savoir le défi sportif, certes, mais aussi en temps que constructeur automobile utilisant la compétition comme un creuset de recherche et développement pour la marque Peugeot. Ainsi après l'innovation représentée par l'utilisation de notre technique HDi FAP en compétition, l'utilisation des hybrides dans les épreuves d'endurance serait pour Peugeot l'opportunité d'en retirer une formidable expérience pour le développement des voitures de série. Bien entendu, l'usage de cette technologie dans les épreuves de 2009 dépendra du règlement qui doit être édicté par l'Automobile Club de l'Ouest. »

Il sera intéressant de voir le temps nécessaire aux autres constructeurs pour proposer un projet concurrent. Aujourd’hui, les affaires dans le milieu automobile sont beaucoup plus qu’une compétition sur les circuits. C’est également une course technologique réelle, qui conduit à répondre aux attentes de clients. Et, ces derniers sont de plus en plus exigeants : ils ne font pas seulement attention au confort mais également, et avant tout, à la protection de l’environnement.