Football à l'anglaise

Article publié le 21 mars 2012
Publié par la communauté
Article publié le 21 mars 2012
C’est bien connu le football est né en Angleterre et c’est donc dans une perspective analytique tout à fait légitime que j’ai assisté à deux matchs en deux semaines. Mercredi 7 mars Je suis dans les transports depuis une heure de temps et je dois ranger mon livre dans la poche intérieur de mon manteau.
Le métro est envahi par d’étranges personnages habillés en violet (écharpes, maillots, bonnets…). Nous arrivons finalement à la station de métro et je me retrouve au milieu d’une marée humaine violette. Non je ne vais pas assister à un match de Premier League (première division) mais bien de Championship (deuxième division). Je me rends à l’Upton Park, le stade du West Ham United Football Club. Pour les novices en football, West Ham est en Premier League depuis la saison 2005-2006 et malgré aucun titre de champion d’Angleterre remporté fait partie de l’histoire du football anglais. Le club a notamment remporté la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe, bon même le PSG a remporté cette coupe européenne alors bon ce n’est pas non plus énorme (ouh le gentil tacle bien placé!).

Pour assisté à ce match, j’ai rendez-vous avec un népalais, un suédois et un ch’ti. Nous sommes placés au milieu des supporteurs de West Ham dans la grande tribune diagonalement opposé aux supporteurs de Watford, l’équipe adverse. Nous voyons s’entrainer les marteaux (The Hammers = nom donné aux joueurs de West Ham). Nos yeux avertis de supporteurs chevronnés sont directement attirés par un talent brut : Julien Faubert. Qui ? Julien Faubert. Qui ? Mais si Julien Faubert, vous savez l’international français pour un match qui a été prêté au Real Madrid pendant quelques mois et qui a fait marrer tout le monde en dormant sur le banc. Un grand footballeur, je vous dis.

Les équipes s’alignent le long de la touche pour le protocole de début de match et c’est le moment où on comprend qu’on est en Angleterre. Les fans se lèvent et se mettent à chanter en cœur l’hymne de l’équipe : I’m forever blowing bubbles. Je condamne fermement les propos à caractère haineux harangués par ces violents hooligans : oui, ils chantent qu’ils vont faire des bulles pour l’éternité. Le foot et les hooligans dans leur pire cruauté…

A peine une minute de jouée et on savoure une lourde frappe des 30 mètres sur la barre transversale. On savoure car c’est la seule chose qu’on a à se mettre sous la dent en première mi-temps. En parlant de dent, on a les crocs et ça sent le barbecue. Bizarre car personne ne mange de sandwichs autour de nous. On remarque que des buveurs de café et de thé. L’odeur est de plus en plus intense, ça pique. En se penchant un peu plus sur notre voisin de devant, nous remarquons qu’il boit un étrange « beef drink ». Prenant notre courage à deux mains, nous décidons de tester ce fameux breuvage. Nous achetons donc un gobelet de Bovril, l’opercule est enlevé et de l’eau bouillante est versée. En fait, ça a le goût de bouillon de bœuf. Après quelques recherches sur Internet, on remarque que le beef drink fait partie de la culture footballistique anglaise.

Revenons au match qui voit Watford ouvrir la marque et se marrer en voyant Faubert se louper sur quelques actions. Même le coach de West Ham le remarque mais ne peut se résoudre à le sortir et le fait donc passer du poste d’attaquant à arrière droit. Coaching gagnant, West Ham égalise. Nous quittons le stade avec plus de 30 000 personnes ce qui entraîne une monstrueuse file d’attente devant la seule station de métro du coin.

Mercredi 14 mars C’est bien beau la deuxième division mais je sais que vous vous attendez à un autre standing sur ce blog. Je décide donc de me rendre à un match de Ligue des Champions ! Je m’y rends avec trois suédois car le match est Arsenal vs Göteborg. C’est la Ligue des Champions féminine.

Étant donné que le football féminin est un sport en plein essor et qu’il faut attirer le plus de supporteurs possible, le match est programmé un jour de semaine à 14h30 dans une bourgade nord londonienne (Borehamwood). Nous manquons le train et nous devons nous résoudre à ne pas assister à la première mi-temps. Nous arrivons à l’entrée du stade où nous pouvons lire sur une feuille blanche imprimée artisanalement le logo de la Ligue des Champions ainsi que les équipes qui jouent. A notre grande surprise, le stade de 500 places est quasiment plein. L’ambiance n’est pas trop au rendez-vous et nous décidons de donner de la voix pour nos favorites. HEJA KOPPARBERG !!!

Voir tout le professionnalisme de la Ligue des Champions (chasuble avec logo, oreillettes pour arbitres…) présent dans un stade de joueur amateur sans tableau d’affichage est assez étrange et surprenant. Vous pouvez voir quelques photos ci-dessous. Pour la petite histoire, Göteborg a perdu ce match aller 3-1.

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