Finlande contre France: Conclusion

Article publié le 11 janvier 2009
Publié par la communauté
Article publié le 11 janvier 2009
Le temps de rendre des comptes est venu: Mes onze mois d'exil à Paris sont terminés et j'ai été ré appropriées par mon très cher pays nordique. Avant de plonger à nouveau dans la mélancolie silencieuse de la Finlande, je souhaite livrer quelques derniers mots concernant mon profond attachement à la vie parisienne, même si j'y porterais certains petits changements. Voici donc, quelques éléments de comparaisons:

AttentionMon heure de gloire en tant que créature blonde hors normes touche à sa fin; je pense que je vais devoir teindre mes cheveux en vert maintenant que je suis de retour en Finlande.

CarbohydratantCroissant, baguette, pain aux raisins, flan, karjalanpiirakka, ruisleipä, wiineri. Peu importe le nom, peu importe le pays, les viennoiseries et le pain sont toujours aussi diaboliquement bons et sujets à de multiples regrets le lendemain après les avoir mangés.

Jolies rencontres citadines Phénomène inconnu en Finlande. Si quelqu'un vous approche dans les rues d'Helsinki, vous le regardez comme s'il était un extra terrestre. Parler ne fait pas parti des normes sociales finlandaises.

TarjoustaloLe meilleur ami de l'étudiant. Sorte de supermarché où vous pouvez trouver tout et n'importe quoi, des chaussettes aux crayons papiers en passant par les lave-assiettes, à des tarifs abordables pour les étudiants.

Métro Le Métroplolitain parisien: une toile d'araignée, rapide, qui vous conduit où vous voulez; terriblement déroutant pour un novice. La version finlandaise est bêtement simple: une seule et unique ligne qui va et vient. Mais ça n'y sent pas mauvais et vous trouvez toujours de la place pour vous asseoir, à n'importe quelle heure de la journée (nous sommes à ce point peu nombreux en Finlande).

Les librairies Est-ce possible de toutes les transporter à Helsinki?

L'air conditionnée A dire vrai, en Finlande il fait toujours tellement froid que vous n'avez pas vraiment besoin de prendre l'air. A la Sorbonne, en réalité, on dirait que les fenêtres sont scellées par une espèce de magie noire car jamais personne n'ose s'en approcher. Alors, quand une Nordique dure à cuire comme moi s'y aventure et lutte pour ouvrir la fenêtre, tout le monde semble à la fois surpris et reconnaissant: Comment se fait-il que nous n'y ayons pas pensé nous-mêmes? Et comme par magie, la conférence redevient fascinante.

Le printemps Une saison qui n'existe pas en Finlande où cela rime avec temps pourri et neige fondue. A Paris, en revanche, c'est une saison ensoleillée où les fleurs poussent sur les arbres et où je marche en arborant un sourire de bonheur bêta.  

Le froid Croyez-le ou pas, mais j'ai plus froid à Paris qu'à Helsinki! Enfin, je ne parle pas de l'extérieur mais de l'intérieur des habitations. En fait, peu importe le froid qu'il fait dehors, en Finlande on chauffe nos maisons clairsemées afin qu'il y fasse toujours bien chaud et douillet. Ce n'est pas le cas en France: les doubles vitrages sont rares, ce qui conduit les Français à payer des factures astronomiques à chauffer l'air extérieur. Dans mon appartement, la situation était encore pire: il faisait toujours plus froid à l'intérieur de la maison, quel que soit le temps dehors, si bien que même au mois de juin je portais des pull-overs!

Les bibliothèques Voici comment cela fonctionne à la bibliothèque de la Sorbonne: Vous entrez, vous cherchez votre bouquin sur internet, remplissez des petits coupons afin que l'on puisse récupérer votre ouvrage, puis attendez une demi heure qu'on vous l'apporte. Si vous souhaitez emporter des livres à lire à la maison, vous n'avez droit qu'à deux articles pour deux semaines. Vous pouvez renouveler votre emprunt, mais pour une semaine supplémentaire uniquement, après quoi vous devez retourner le bouquin et ne pouvez plus le réemprunter avant un mois! Ok. En Finlande: Vous entrez, prenez votre livre et l'emportez chez vous pour un mois. Vous pouvez le renouveler NEUF fois (ce qui veut dire neuf mois d'affilés) et jusqu'ici, je n'ai jamais été confrontée à aucune limitation d'emprunts et j'ai plutôt tendance à prendre beaucoup de livres. Donc, oui, pour moi la bibliothèque finlandaise, c'est le paradis! 

Les muséesDeux et demi à Helsinki, 151 à Paris. Que dire de plus?

Pour conclure:

J'ai passé une année fantastique à Paris, mais malgré les craintes liées à l'imminence du retour sur la terre de mes ancêtres, le retour lui-même n'a pas été si difficile, ce qui est assez honteux – je ne peux même pas utiliser la dépression autodestructrice comme une excuse pour repartir sur Paris. Le groupe de soutien pour les étudiants Erasmus sur le rapatriés que j'envisageais de créer ne s'est pas révélé nécessaire; ça en devient presque irritant de voir à quel point il est facile de retrouver ses anciennes habitudes, tout au moins grâce à l'audience, grâce à la ville, à ma famille et à mes amis,  Le spectacle est terminé, même si, je l'avoue, j'ai déjà effectué un petit retour dans mon cher paradis intellectuel : vous ne serez pas débarrassés de moi si vite!

Soili Semkina

Traduction : Sophie Helbert