Fin du secret bancaire: Une menace pour les banques en Suisse?

Article publié le 11 juillet 2015
Article publié le 11 juillet 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

La Suisse fait « un grand ménage »: C’est ce qu’a affirmé Jacques de Watteville, le Secrétaire d’Etat aux questions financières internationales, concernant la régularisation de la situation fiscale des avoirs étrangers déposés dans les banques suisses.

Si la fin du secret bancaire a entraîné la fuite de certains épargnants européens, les banques privées suisses ne semblent pas bousculées outre mesure, et pourraient même bénéficier d’un environnement juridique plus stable.

Jacques de Watteville a signé un accord d'échange automatique d'informations en matière fiscale (EAI) avec l’Union Européenne. L'accord EAI prévoit que la Suisse commencera à collecter, début 2017, toutes les informations bancaires de clients européens des banques suisses afin de les transmettre, dès 2018, aux différentes administrations fiscales concernées. Il signifie donc la fin du secret bancaire suisse pour les clients étrangers de ces structures.

Si la plupart des acteurs du marché de la gestion de fortune et de patrimoine admettent qu'un certain nombre de petits épargnants européens ont fui les banques suisses ces dernières années, l’arrivée toujours croissante d’investisseurs en provenance des pays émergents, Asie du Sud-Est en tête, vient compenser ces départs. De fait, beaucoup pensent que les banques privées suisses améliorent leurs chances à l’international grâce à une réglementation en accord avec les normes internationales.

Les incertitudes concernant l'évolution de ces réglementations étant dorénavant levée, les banques suisses peuvent se reposer sur la qualité de leurs services et la stabilité économique et politique du pays pour continuer d’attirer les clients fortunés à la recherche de garanties pour leur épargne. De fait, avec 2 400 milliards de dollars d'actifs offshore sous gestion, soit 26% du marché mondial, la Suisse est au premier rang mondial devant le Royaume-Uni (1 518 milliards) et les Etats-Unis (1 315 milliards).

La bonne santé et l’attractivité de la place financière helvétique se reflètent aussi dans l’intérêt que porte le secteur pour les établissements suisses. En effet, il semble primordial pour les acteurs du marché de la gestion de fortune de s’implanter en Suisse directement ou via une filiale. La Banque luxembourgeoise Havilland, qui a déjà racheté les succursales à l’international de la Banque Pasche, ne dissimule pas son souhait de poursuivre ses acquisitions en Suisse. L’établissement luxembourgeois n’est néanmoins pas le seul potentiel acquéreur, car plusieurs banques chinoises ou brésiliennes sont également fortement intéressées par l’opportunité de s’implanter sur les bords du lac Léman.