Films francais à la Berlinale : la crise mûre

Article publié le 22 février 2016
Article publié le 22 février 2016

La France était fortement représentée lors de la compétition pour l'Ours d'Or de Berlin. Au centre de ces films : la mid-life crisis. Des femmes et des hommes mûrs confrontés à la solitude et qui s'interrogent, souvent avec humour, sur leur identité. Une recette qui a réussi à la réalisatrice Mia Hansen-Love qui remporte la statuette d'argent pour la meilleure régie.

« J'suis pas beau, papa, j'suis pas beau. » Bruno, passablement émêché, s'effondre sur l'épaule de son père après un énième rateau au beau milieu du Salon de l'Agriculture. Pour Saint Amour, le dernier film francais, réalisé par le duo grolandais (du nom de l'émission française Groland, ndlrBenoît Delépine et Gustave Kervern, présenté hors compétition à Berlin, Benoît Poelvoorde incarne un quadra en crise existentielle. C'est son père, joué par Gérard Depardieu, qui va tenter de le consoler en l'emmenant faire la tournée des vignobles.

La crise existentielle de l'homme - ou la femme - mûr(e), cela semble être la devise des films francais lors de cette Berlinale. Le tout avait commencé Isabelle Huppert dans le film L'avenir de Mia Hansen-Love dont le titre transcrit bien cette vague optimiste qui résultera finalement de cette crise. Nathalie, professeur de philosophie, est confrontée à un divorce, un décès et des échecs éditoriaux. Elle ira chercher dans une ferme du Vercors habitée par de jeunes anarchistes l'occasion de se ressourcer. Une bouffée d'air frais au milieu des épreuves de la vie, cette recette semble avoir séduit le jury berlinois.

Les décors grandioses, les relations avec la jeune génération et un mari absent, c'est également le cadre de vie de la médecin Sandrine Kiberlain dans Quand on a 17 ans d'André Téchiné. Même si, il faut le reconnaître, c'est bien la crise identitaire de son fils Damien, joué par la European Shooting Star suisse Kacey Mottet-Klein, qui est cette fois au coeur du film.

À noter que le film québecois en compétition, Boris sans Béatrice, de Denis Côté n'échappe pas à la règle. Le couple composé de la ministre (Simone-Elise Girard) et d'un entrepreneur antipathique (James Hyndman) est en pleine crise. Béatrice, après un burn-out carabiné, s'est retirée dans le silence et son mari va devoir se remettre en question pour éviter que la situation n'empire.

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Cet article a été rédigé par la rédaction de cafébabel Berlin. Toute appellation d'origine contrôlée.