Film "Les Opportunistes" - Le capital humain : le prix de la vie 

Article publié le 18 novembre 2014
Article publié le 18 novembre 2014

Comment un simple geste peut-il nous changer la vie, à nous et à tous ceux qui nous entourent? Jusqu'où peut-on aller pour progresser économiquement? Comment peut-on être malheureux en menant une vie apparemment parfaite et baignant dans le luxe? Comment peut-on cependant quitter ce monde parfait pour trouver le bonheur dans un environnement plus pauvre et plus simple?  

"Les Opportunistes" (titre original en italien "Il Capitale Umano", le capital humain) a obtenu le Prix du Public au Festival du Cinéma européen de Séville. Un film  de l'Italien Paolo Virzí basé sur le roman de l'américain Stephen Amidon. Film empreint de critique sociale et financière qui nous fait nous poser beaucoup de questions, dont la plus importante : Quel prix accordons-nous à la vie ? Quel est le capital humain ?

Le film commence en nous montrant un accident de circulation dans lequel un cycliste est renversé par une voiture, et à partir de là il se structure en chapitres qui vont nous raconter la même histoire de trois points de vue différents, depuis la perspective de trois personnes distinctes. Trois personnages aux profils très différents qui se retrouvent impliqués dans l'enquête de l'accident de circulation.

Un ambitieux agent immobilier qui essaie de prospérer économiquement et socialement, qui par crédulité tombe dans le piège de la finance en perdant plus que ce qu'il n'avait et qui finit par trahir sa fille pour éviter la faillite.

L'épouse parfaite de l'homme d'affaires parfait avec une belle demeure et un enfant parfaits qui vit cependant une vie vide, pleine de banalités et d'insécurités, et qui découvre qu'elle veut quelque chose de plus dans la vie pile au moment où tout s'effondre autour d'elle.

Une jeune qui fait semblant face aux autres, qui reste avec son ex petit-ami millionnaire pour lui faire plaisir et qui trouve secrètement le bonheur avec un garçon au passé problématique, que ses amis rejettent sans savoir ce qu'il y a au-delà des apparences et des préjugés.

Tout cela n'a pas d'importance face à quelque chose d'aussi inévitable que la mort et la valeur que peut avoir la vie d'une personne ou, pour mieux dire, le prix qu'on lui donne. Parce que dans cette société capitaliste et sans principes, même la vie a un prix. Le Capital Humain est le calcul de l'indemnisation, dans ce cas précis celui du cycliste renversé, en fonction de son âge et de son espérance de vie, des perspectives de génération de revenus et du dommage émotionnel causé aux membres de la famille. Et pendant ce temps, les autres peuvent continuer à vivre leur vie.

C'est triste, mais c'est ainsi.