Festival Regards Croisés 2012 : C’est parti pour trois jours!

Article publié le 9 mars 2012
Article publié le 9 mars 2012
Par Alfonso de Cea La 2ème édition du festival « Regards Croisés » a ouvert ses portes hier soir au Théâtre Marni avec la projection du film «La couleur du sacrifice». Entrée libre pendant ces 3 jours, donnant accès aux expositions, documentaires, concerts, conférences et forums. Les phénomènes migratoires ainsi que les facteurs d’intégration sont les principaux sujets de ce festival.

Il s'agit d'une initiative du collectif Nomad's Land soutenu par Bruxelles Laïque et la Confédération Parascolaire qui prétendent donner la parole aux jeunes. L’année dernière, les motivations de l’organisation tournaient autour du concept de « (D)évolution ou l'idée de progresser sans considérer le coût humain, écologique et social ». Cette année, les jeunes se convertissent en acteurs politiques et distillent leurs messages revendicatifs dans les différentes manifestations artistiques.

Un sondage d'Ipsos révèle que 72% des belges jugent l’immigration de façon négative. Kyle Cnudde, membre du collectif déclare : "La présence d’une conférence sur le sujet des migrations vient donc de cette volonté de fournir une analyse pertinente, capable de sortir des lieux communs et des consensus mous". Géraldine Lenseclaes préfère citer le célèbre auteur de Indignez-vous Stéphane Hessel : "Regardez autour de vous, vous y trouverez les thèmes qui justifient votre indignation".

Last exit to Brussels, exposition de l’artiste bulgare Kristina Ianatchkova est une série de collage-portraits de réfugiés à travers leurs pérégrinations. "La route est encore longue pour briser les clichés de l'immigré-parasite, de l'étranger-voleur, de ‘l'Europe-ne-peut-pas-accueillir-toute-la-misère-du-monde". Le Festival parle d'une urgence humanitaire. En effet, ce dernier nous invite à réfléchir en nous proposant une pensée indépendante, sans l'influence des politiques et des médias.

Aurore Desaeger, responsable de la section audiovisuelle du festival, mentionne l'importance du cinéma en tant que source d'idées: "Le cinéma, c'est à la fois un art populaire et un média. On a décidé de projeter des documentaires pour exprimer des idées et sensibiliser les gens". Pour Bachir Barrou, autre ‘nomade’, personne ne choisit de quitter son pays : "Il y a toujours une raison pour que les gens partent vers une terre meilleure. Comment travailler ensemble afin de mettre fin aux raisons qui poussent les humains à quitter leur terre?".

Il faut se poser certaines questions essentielles. En quoi l’immigration pose-t-elle vraiment un problème ? Quels rôles jouent les politiques et les médias dans la perception que la population a des immigrés ? Quel genre de société voulons-nous ?