Festival Millenium - The Brussels window on the world

Article publié le 8 mars 2016
Article publié le 8 mars 2016

J – 10 ! Le Millenium International Documentary Film Festival ouvre les portes de sa 8ème édition le 18 mars prochain. Pendant 10 jours, les salles de cinéma de Bruxelles se rempliront de spectateurs curieux et avertis. Sa sélection de 60 films nous ouvre grand les yeux sur les épopées diverses de ceux qui ont choisi de prendre leur vie en main. Un avant goût qui nous met l’eau à bouche.

« Nous sommes tous des décideurs » 

Créé en 2009 sur la base d’un partenariat étroit avec les Nations Unis, le Festival Millenium fait écho aux objectifs du millénaire signés par 182 Etats au tournant du siècle, en 2000. Initialement au nombre de huit, ces lignes directrices de la politique internationale sont aujourd’hui 17 et constituent un programme de développement durable commun à tous les pays signataires. 

A l’heure où l’information, dont l’accès est désormais sans borne, se borne justement elle-même à un aspect factuel, le documentaire est la source d’une compréhension du monde plus analytique. « Alors que l’ONU ne parvient plus à le faire, le documentaire offre le temps et les nuances nécessaires à expliquer la diversité. » commente Pierre Harzé, directeur adjoint de la représentation des Nations Unies à Bruxelles et juré pour la compétition internationale, « nous vivons dans un monde qui a besoin de nuances »

Le message de l’édition à venir, « Nous sommes tous des décideurs » a conduit les organisateurs à sélectionner parmi plus de 800 films candidats un éventail exigent de films dont le point commun est de montrer la capacité de chacun à prendre son destin en main, à s’approprier le monde et à le remodeler. Alors que le terme de « décideurs » désigne bien souvent les hommes et femmes politiques, une forme d’élite à qui les citoyens délèguent presque passivement responsabilité et emprise sur leur propre vie, les films présentés renversent la logique pour donner la parole aux acteurs trop souvent anonymes de nombreux combats, à petite et grande échelle. 

Le festival indépendant de réalisateurs engagés

En première ligne de cette horde de « combattants », on retrouve les réalisateurs et les équipes de films à qui ce festival offre une voie royale de visibilité. Il offre par là même, à nous autres spectateurs, l’opportunité de partager ces luttes dont le récit n’est que rarement relaté en salles, faute de moyens de promotion nécessaires. 

Ainsi on y découvre en images (et quelles images !) des femmes risquant leur vie pour offrir un instant de chaleur et quelques vivres aux migrants en route vers les Etats-Unis (Llevate mis amores), un groupe de volontaires aux confins de l’Europe luttant pour la solidarité avec les réfugiés africains de Lampedusa (Lampedusa in Winter), une chanteuse bravant tous les interdits faits aux femmes iraniennes pour se produire en public (No Land Song) ou encore, et il s’agit du film d’ouverture du festival, un candidat à la présidentielle colombienne, idéaliste dans le plus beau sens du terme et prêt à sacrifier toute ambition personnelle au nom de l’intérêt général (Life is sacred). 

Le Festival Millenium fait également la part belle aux jeunes, et ce des deux côtés de l’écran. Pour le côté qui nous, qui vous concerne, au lendemain de l’ouverture de cet événement aura lieu la journée du jeune cinéma belge, au cours de laquelle les jeunes réalisateurs sont invités à rencontrer les acteurs de l’audiovisuel soutenant le cinéma documentaire pour des workshops et échanges de soutien dans leurs projets les plus ambitieux.

Et plus encore, leur avis compte ! La jeunesse constitue à elle seule le jury à part entière de la compétition « Vision Jeune » qui fait appel à son esprit critique face aux enjeux de notre époque. Les cinéphiles de 14 à 20 ans sont invités à visionner et à débattre sur les films pour décerner leur prix du meilleur documentaire. 

Une compétition variée et acharnée 

Mais le concours ne s’arrête pas là. Un jury d’exception a également pour mission de distinguer, par la remise de l’Objectif d’Or, le documentaire qui parviendra à transmettre son message avec le plus de force et d’authenticité. Pas moins de 13 films, bulgare, belge, néerlandais, allemand, chinois, mexicains, britannique ou américain sont en lisse. Six autres perles rares concourent à leur tour pour une compétition toute particulière, la catégorie nouvelle-née « travailleurs du monde » qui célèbre cette année ses deux ans. Les cameras font le choix d’un focus resserré sur les mondes du travail et de l’entreprise, multiples mais touchés par des enjeux similaires aux quatre coins de la planète. 

Deux larges panoramas s’offrent enfin à nos yeux, exemptés des carcans éventuels de la concurrence : le premier « Connaître l’autre » fait le choix d’une focale micro, sur l’individu dans sa diversité, sa complexité et son interaction avec le monde. Le second « Dans quel monde on vit ? » suit une focale macro, se penche sur de vastes problématiques criantes d’actualité sinon d’urgence : la sécurité nucléaire, la surveillance informatique, l’évasion fiscale, les migrations, le néolibéralisme, entre autres. 

Dans dix jours donc, s’ouvre une longue semaine de projections aux confins de salles intimistes de Bruxelles, de rencontre, de débat et surtout, pour que l’objectif soit parfaitement atteint, d’exploration et de réflexion. Un voyage de chez soi, vers un ailleurs pluriel, plus ou moins proche qui résonne ici et maintenant et qu’il ne tient qu’à nous, décideurs, de comprendre puis d’orienter.