Federico Mayor Zaragoza: «Le temps de l’émancipation des citoyens est arrivé»

Article publié le 18 mars 2009
Article publié le 18 mars 2009
C’est la troisième fois que l'université de Séville organise un forum académique sur l’analyse des facteurs humains. Cette initiative réunit année après année les plus grands intellectuels de notre temps.
Quatre jours, durant lesquels, quelque huit cents élèves fréquentent les salles de l'Ecole d'ingénieurs de la ville de Séville pour toucher du doigt une réalité complexe qui laisse à chacun du temps pour la réflexion au sein de l’université. Federico Mayor Zaragoza, ancien directeur général de l'UNESCO et professeur de Biochimie, fut l'un des invités de cette troisième édition. Sa conférence, «Combien de monde y a t’il?», a pendant environ deux heures secoué les consciences, et invité les citoyens à devenir les acteurs du changement social. «Nous ne pouvons pas tolérer d’avantage ce système de forces», se référant à l’ONU et à la paralysie que produit le système du droit de veto dont dispose le conseil de sécurité, qui remet en cause l’efficacité même de l’ONU. Mayor Zaragoza, l'une des personnes qui a le plus d’échos dans le progressisme européen, incite tous les gens qui par scepticisme ou inappétence résistent au changement, à devenir les acteurs de celui ci. «Il y a beaucoup de choses à changer mais certaines doivent impérativement perdurer comme notre constitution, qui commence par «Nous les peuples ...» La conférence fut un appel à l'action, à la veille de la campagne européenne pour les élections au Parlement européen en Juin. «La démocratie ne consiste pas en ce qu’ils nous racontent, non plus en ce que nous racontons en tant que citoyens», a dit l’ex euro parlementaire au public. «Nous devons changer de sujet pour les citoyens, nous devons connaître la réalité avant de pouvoir la changer, c'est-à-dire connaître tous ce qui est visible et ce qui ne l’est pas», dit il en dénonçant la sous-information et la désinformation qui s’infiltre au sein de nos sociétés. «Nous nous efforçons de voir l'invisible, ce qui est à l’écart des masse médias». Analyser la réalité afin de l’anticiper:"Il n'y a pas de plus belle victoire que celle de l’anticipation», a déclaré le président de la Fondation de la culture de la paix, le deuxième jour de la réunion. « Et il n’y a qu’à parler, briser le silence des silencieux et de ceux que l’ont empêche de parler». Après les discours, les jeunes ont brisé le silence sépulcral d’un public attentif en se levant pour applaudir.

Concha Hierro

Traductrice:

Garance Tardieu