Faire du social le moteur de l'économie européenne

Article publié le 8 juin 2006

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Humaniser la mondialisation c’est possible. Face au capitalisme, une alternative existe : l’économie sociale.

Les dirigeants d’entreprises performantes reconnaissent qu’aujourd’hui l’essentiel est le « capital humain » -affreuse expression- et non plus seulement le capital financier. En même temps, les forces sociales et politiques sont à la recherche de nouveaux modèles d’entreprises. Or, il en existe au moins un… novateur et efficace : l’économie sociale qui englobe quatre types de structures : les associations, les mutuelles, les coopératives et les fondations. L’économie sociale est souvent mise en opposition au système capitaliste orienté vers la recherche du profit et au secteur public qui vise à satisfaire l’intérêt général. En réalité, l’économie sociale est une manière « d’entreprendre autrement », en plaçant la personne humaine au centre du développement économique et social.

Un maillage universel

Un représentant d’une grande coopérative indienne s’étonnait l’autre jour que les Français ne cessent de courir après de nouveaux concepts, alors que celui d’économie sociale a l’avantage d’être de plus en plus reconnu dans le monde et suffisant en soi. Et c’est vrai, les coopératives, mutuelles, associations et leurs cousines sur le globe, connues sous les appellations diverses de « charities » ou « Selbsthilfe-Organisationen » sont présentes sur tous les continents. Dans tous les secteurs, qu’ils soient industriels, sanitaires et sociaux, financiers ou culturels.

Il s’agit donc d’une alternative en marche qui dans l’Union européenne représente 12% de son produit intérieur brut (PIB) et concerne, directement ou indirectement, au moins 60% de la population. Des exemples concrets ? Le groupe coopératif espagnol « Mondragon » (marques Fagor et maintenant Brandt), « Coop Italia », un puissant groupe de coopératives de consommateurs, les mutuelles d’assurance comme « DEVK Versicherungen » en Allemagne ou « Folksam » en Suède, les coopératives d’habitation ou la mutuelle « TÜW » en Pologne, le « Co-operative Group » britannique dans le domaine des consommateurs, de la banque ou des assurances ou le groupe coopératif « Migros » chez les Suisses.

Un futur prometteur

Cette économie sociale démocratique et solidaire, démontre bien que le capitalisme comme solution unique appartient au passé. Ce nouveau système offre la possibilité de concilier compétitivité et juste répartition des excédents, indépendance et propriété collective choisie. Afin de renforcer cette alternative, il faut que les plus jeunes, étudiants, créateurs d’entreprises, salariés et consommateurs, la rejoignent et l’obligent à évoluer ! Les nouveaux champs d’actions sont nombreux : Internet, les systèmes libres, comme la Fondation des logiciels libres ou Wikipedia, le commerce équitable incarné par la marque Max Havelaar, les services à la personne, les nouvelles technologies et biotechnologies.

Thierry Jeantet est l'auteur du livre "Economie Sociale: la solidarité au défi de l’efficacité" (la Documentation Française)