FACTEUR HUMAIN 2008: Les multiples réalités de l’écrivain espagnole Ana Maria Matute

Article publié le 10 mars 2008
Article publié le 10 mars 2008
Plongée dans une pluie d’applaudissement, monte sur scène une vielle dame, belle, soignée et petite. C’est Ana Maria Matute, écrivain espagnole renommée, auteur de livres pour enfants et membre de la Real Academia de la Lengua Española (L'Académie Royale Espagnole).
Elle est venue répondre a une question : Attendrissante et proche, une fois assise elle nous prévient d’un doux sourire : « »

Qui va nous imaginer? Je ne suis pas dure d’oreille, je suis sourde et en plus tête-en-l’air... j’ai encore oublié mon audiophone...

Cette écrivain n’est, ni ne veut jouer l’érudite, elle est, d’après ses propres mots, écrivain. Elle nous explique qu’elle a commencé a écrire parce que le monde ne la comprenait pas « ». Avec une voix posée et un ton doux, elle nous parle des réalités multiples qui nous entourent et de comment, avec le temps, on perd la capacité de nous déplacer de l’une à l’autre, de comment on perd la magie. C’est pour cela qu’elle a souvent écrit pour les enfants « ». Malgré cela, elle dit être fatiguée d’écrire pour les enfants, elle dit chercher d’autres choses, elle cherche l’adulte qui « ».

j’ai pensé, si le monde ne veut pas de moi, et bien je veux en inventer un ; je fais partie du deuxième groupe d’écrivains, ceux qui le sont malgré eux ce n’est pas parce que je les aime bien, car je ne les aime pas, mais parce qu’ils m’intéressent, leur monde m’intéresse, car c’est un monde rond ; quand on écrit pour les enfants, il ne faut pas se préoccuper s’ils comprennent ou pas car ils te comprennent toujours, pas comme les adultesn’est plus que ce qui reste de l’enfant, pour le meilleur ou pour le pire

Elle nous lit un de ses contes d’enfants bêtes et elle nous raconte quelques détails de son enfance de papier. Aujourd’hui, à l’ âge de 82 ans, elle continue à avoir deux vies, l’une réelle et l’autre de mots, « ». Elle se confie car c’est une personne sans rien à craindre, « ». Une petite « » qui déteste se lever tôt, qui fait la sieste et qui adore boire un verre le soir entourée d’amis, une femme qui comprend mieux un farfadet qu’un directeur de banque.

El niño que era amigo del diablol’une n’exclut pas l’autre, affirme-t-elle en rigolant, avoir une vie de papier n’empêche pas de passer à l’autre vie, qui a des choses aussi merveilleuses que faire l’amour sur la rivière des pierres je vis parfois dans les mots, mais quand je sors, je redeviens la petite voyou que je suisvoyou

Après elle nous a fait comprendre qu’elle n’allait pas répondre aux questions complexes sur le future « ». Elle nous laisse une leçon « ».

je n’en sais rien, fiston, je ne sais rien de ce qu’il peut arriver...les gens croient que rien que pour être écrivain, on doit en savoir sur tout j’aime la vie, je l’aime beaucoup car on en a qu’une...ou au moins, c’est ce que l’on dit

Sara Domínguez Martín

Traduit par

Verónica de la Rosa