Extrême-droite en Suède : le troisième type

Article publié le 16 septembre 2014
Article publié le 16 septembre 2014

Après la victoire des sociaux-démocrates aux législatives suédoises, leur chef de file Stefan Löfven a annoncé lundi qu'il consulterait les partis de gauche comme de droite en vue de former une coalition. Il a formellement exclu toute alliance avec les Démocrates de Suède (SD), le parti d’extrême-droite qui a réalisé une percée fulgurante, devenant ainsi la troisième force politique du pays.

Neue Zürcher Zeitung - Suisse : Les partis modérés doivent resserrer les rangs

Pour contrer la montée en puissance du parti d'extrême droite des Démocrates de Suède (SD), toutes les familles politiques doivent agir de concert, écrit le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : « Contrairement à la Norvège, où les populistes partagent le pouvoir avec les conservateurs depuis un an, en Suède, les partis excluent toute forme de collaboration avec les Démocrates de Suède. Si l'on veut empêcher que leur réussite soit totale dans quatre ans, les autres partis doivent s'atteler rapidement aux problèmes liés à l'intégration et à l'emploi. Citons le taux de chômage deux fois plus élevé chez les immigrés que chez les Suédois de souche. Mais aussi l'intégration linguistique, et les enseignants spécialisés et les fonds supplémentaires sollicités par les écoles dans les quartiers à forte population immigrée. Pour limiter l'influence des Démocrates de Suède, la coopération s'impose. »

(Article publié le 16.09.2014)

Göteborgs-Posten - Suède : La Suède a besoin d'une meilleure politique d'intégration 

En obtenant 12,9% des voix, le parti d'extrême droite Démocrates de Suède (SD) a plus que doublé son score par rapport au dernier scrutin. Pour le quotidien libéral Göteborgs-Posten, ce score est principalement dû à la vague de mécontentement suscité par la politique d'intégration : « En raison de conflits survenus à plusieurs endroits de la planète, le nombre d'immigrés a relativement augmenté [ces dernières années] en Suède. Dans le même temps, il y a une pénurie de logements et d'emplois. Des pans entiers de la population s'en trouvent marginalisés et des enclaves apparaissent en périphérie des grandes villes, totalement coupées du reste de la société. Cela génère des troubles au sein de la population majoritaire et profite à des forces xénophobes comme les Démocrates de Suède. Si nous voulons inverser cette tendance, les autres partis devront agir de manière concertée et rigoureuse, afin d'améliorer l'intégration et de créer une société qui privilégie la cohésion ; une Suède où tout le monde aura la possibilité de participer. Et où les Démocrates de Suède n'auront aucune chance de prendre pied. »

Der Standard - Autriche : Les inégalités, premier défi pour Löfvren 

Le nouveau gouvernement suédois mené par le leader social-démocrate Stefan Löfven, vainqueur des législatives, devra s’attaquer aux inégalités croissantes de ces dernières années et apporter davantage de justice dans le pays, estime le quotidien de centre-gauche Der Standard : « Stefan Löfven, ex-syndicaliste du secteur de la métallurgie, est un pragmatique dont l'économie n'a pas à avoir peur. Si, en constituant sa majorité, il parvient à attirer l'un des partis de centre-droit, la Suède pourrait retrouver une trajectoire innovante, purgée de toute posture idéologique, afin de renforcer le système social et d'améliorer l'égalité des chances, sans alourdir encore les charges fiscales. Sa réussite profiterait non seulement au pays, mais aussi à tous les pays industrialisés confrontés à des problèmes similaires, y compris l'Autriche. Mais la question de savoir comment procéder pour réduire le fossé croissant entre riches et pauvres dans une économie mondialisée pourrait s'avérer trop difficile à gérer pour les 'sociaux-technocrates' suédois. » 

(Article publié le 16.09.2014)

Il Sole 24 Ore - Italie: L'avancée des europhobes se poursuit 

Le bon score des Démocrates de Suède ainsi que les succès du parti populiste Alternative für Deutschland (AfD) lors des scrutins régionaux allemands montrent que les europhobes ont le vent en poupe en Europe, prévient le journal économique Il Sole 24 Ore : « A chaque scrutin national, les différents partis nationalistes, xénophobes, europhobes et anti-euros améliorent leurs scores. Leur message agressif attire d'abord des minorités, qui deviennent ensuite des majorités. C'est le cas en France avec le Front National, en Grande-Bretagne avec l'UKIP, au Danemark avec le Dansk Folkeparti. Ils ont tout brillé lors des élections européennes du mois de mai. On a sous-estimé leur succès, en affirmant que les européennes n'étaient qu'un scrutin favorisant un vote protestataire, lors duquel les électeurs votaient de manière moins responsable que lors d'élections nationales. Faux. La vague ne reflue pas, elle prend de l'ampleur et progresse. Car on a voulu dédramatiser, comme s'il suffisait de nier l'évidence pour changer la réalité. Pour avoir refusé de se pencher sur la grogne croissante des citoyens, l'Europe est en train de s'effriter. »

(Article publié le 16.09.2014)