Exposition « J’aime les Belges » : Jacques Brel et la Belgique, un amour compliqué.

Article publié le 16 avril 2013
Article publié le 16 avril 2013

Les éditions Jacques Brel proposent une exposition permanente dédiée au célèbre chanteur belge et aux rapports complexes qu’il entretenait avec son pays. Un parcours thématique, divisé en cinq espaces, lève le voile sur l’univers de Brel et sa passion pour la Belgique.

Riche en interviews et témoignages, l’exposition est une véritable rencontre intime avec « le plus grand des Belges ».

Le plat pays

Dès l’accueil, le décor, typique d’une station balnéaire belge, surprend. Guidé par la voix de sa fille, France Brel, on découvre que Jacques y passait ses vacances lorsqu’il était enfant. Né à Schaerbeek dans une famille bourgeoise d’origine flamande, il a toujours revendiqué son appartenance à la Flandre : « En tout cas, de tempérament, de race aussi, je suis Flamand », dira-t-il lors d’une interview télévisée. Ne maîtrisant que très peu le néerlandais, le « Flamand » de Bruxelles écrit et interprète des chansons en français, presque toutes dédiées à la Flandre, son « plat pays ».

La Belgique, ça n’existe pas

Petit, mais chaleureux, chaque espace du parcours permet de plonger dans l’intimité de Jacques Brel. Au gré des interviews, le chanteur se confie, parle de son amour pour la Belgique qu’il adore critiquer, allant jusqu’à dire qu’elle « n’existe pas ». Parfois, c’est sur un ton de reproche qu’il s’adresse à certains de ses compatriotes, comme dans la chanson « Les Flamandes » qui a donné naissance à tant d’incompréhensions.

Belge avant tout

Emigré en France depuis ses 24 ans, Brel ne sera plus considéré comme étant « tout à fait Belge ». Sa fille d’ailleurs, ne s’appelle-t-elle pas France ? Pourtant, l’exposition nous apprend, notamment au travers des nombreux interviews de ses amis, qu’il était très fier de son pays natal. « Toutes mes chansons sont Belges », « D’abord, je suis Belge » disait-il. Et que ce soit depuis la France ou bien des îles Marquises où il passera sa retraire, il ne manquera pas de s’impliquer dans la situation communautaire de son pays. Lors du Walenbuiten, il déclare en effet qu’en tant que Flamand, il estime avoir le droit de s’exprimer en français. Plus tard, il dédiera également son dernier album aux extrémistes flamands.

Le plus grand des belges

Au terme de ce voyage aux côtés de l’artiste, on ressort à la fois charmé et confus. Jacques Brel était un personnage attachant, mais aussi contradictoire. On ne peut s’empêcher de penser qu’il était finalement un peu à l’image de son propre pays, complexe, singulier, voire même « surréaliste ». Un Flamand de Bruxelles, chanteur de langue française qui consacre presque tous ses textes à la Flandre. N’est-ce pas cocasse ? Mais une chose est sûre, il critiquait la Belgique autant qu’il l’aimait. Et les Belges ne s’y trompent pas, le considérant souvent comme « le plus grand Belge de tous les temps ».