Explosion prévue de la micofinance pour 2016 : une bonne nouvelle

Article publié le 7 janvier 2016
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Article publié le 7 janvier 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Malgré les critiques dont elle fait parfois l’objet, la microfinance est aujourd’hui largement reconnue comme un outil indispensable dans la lutte contre la pauvreté. En Côte d'Ivoire, le Fonds d'appui aux femmes de Dominique Nouvian en constitue un bel exemple. 

Comme l’affirmait Kofi Annan en désignant 2005 comme l’Année internationale du microcrédit, « dans bien des pays, le microfinancement s’est révélé une arme efficace contre la misère et la faim. Il permet d’améliorer réellement le sort des gens, surtout de ceux qui en ont le plus besoin ». 10 ans plus tard, l'efficacité du mécanisme ne se dément pas. 

Une croissance de 10 à 15 % prévue en 2016

Depuis la création de la Grameen Bank au Bangladesh, les initiatives de microcrédit et microfinance n’ont cessé de se multiplier. Aujourd’hui, on estime à 10 000 le nombre d’institutions de microfinance (IMF) dans le monde et à plus de 80 millions le nombre de leurs clients. Le microcrédit, produit phare du secteur, est en croissance rapide et intéresse de plus en plus les banques, qui découvrent un marché immense : près d’un milliard de personnes n’ont pas accès au crédit.

Le secteur a donc un bel avenir devant lui. D’après ResponsAbility, le plus grand investisseur privé du monde dans la microfinance, celle-ci devrait croître de 15 à 20 % en Afrique subsaharienne en 2016. La région arrive ainsi juste derrière l’Asie-Pacifique, où la croissance de la microfinance devrait être de 30 % cette année. En Amérique latine, les IMF devraient croître de 5 à 10 %, soit un taux similaire à celui de l’Europe de l’Est (+ 10 % en 2016), et légèrement en-dessous de celui de l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient (+ 10 à 15 %). La région Caucase et Asie centrale devrait de son côté enregistrer une progression de 0 à 10 %. A l’échelle mondiale, la croissance de la microfinance devrait se situer entre 10 et 15 % en 2016, contre 12 % en 2015.

Ces chiffres montrent le succès et la pertinence de la microfinance, non seulement dans les pays en développement, mais également dans de nombreux pays industrialisés où des structures d’aide aux micro-entrepreneurs se développent. Certes, ce secteur ne peut pas tout et trouve aussi des limites. Des risques et dérives importants sont apparus au fil des années. Les « loan sharks », des IMF proposant des prêts usuraires, ont malheureusement pu voir le jour grâce à la situation de marché captif dans laquelle elles se trouvent. En effet, leurs clients ne disposent pas d’autres alternatives de financement. La multiplication des IMF pose en outre la question de leur viabilité, leur mode de gouvernance et la pérennité de leur modèle économique. Certaines IMF se retrouvent facilement dans des situations extrêmement tendues suite à un développement mal maîtrisé.

Ces risques indiquent que l’activité de microfinance doit être encadrée à l’échelle nationale par un corpus de lois et règlements. Ils ne remettent en aucun cas en question la pertinence du mécanisme. La microfinance reste un instrument de promotion de l’inclusion sociale et financière. Elle est également considérée comme l’un des outils primordiaux pour l’atteinte des Objectifs pour le Développement Durable (ODD). En outre, elle est probablement le seul mécanisme financier qui soit aussi une stratégie orientée vers la réduction de la pauvreté ou la création de richesses.

Le FAFCI de Dominique Nouvian à la rescousse des femmes de Côte d'Ivoire

En Afrique, comme l’affirme Gisèle M. Yitamben, présidente de l’Association pour le soutien et l’appui à la femme entrepreneur à Douala (Cameroun), les structures de la microfinance sont primordiales, en particulier pour l’animation et la dynamisation des zones rurales. Elles peuvent contribuer de manière décisive à l’émancipation des femmes entrepreneurs et des jeunes des milieux défavorisés, traditionnellement exclus du système financier.

Le Fonds d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI), vaste programme de microcrédit initié par Dominique Nouvian, Première Dame du pays, en est un très bon exemple. Le dispositif souhaite donner aux femmes de Côte d’Ivoire la possibilité d’accéder à des ressources financières à coût réduit en vue de créer ou renforcer des activités génératrices de revenus. Doté d’un montant de démarrage d’un milliard de francs CFA, le FAFCI se propose également de former et sensibiliser les femmes à la gestion des activités génératrices de revenus.

La microfinance présente quelques lacunes, mais les attentes envers elle ne sont pas irréalistes. Elle donne accès au crédit à des populations jusque-là exclues de la bancarisation en leur permettant ainsi d’exercer leur créativité et développer leurs propres idées. Elle peut par ce biais devenir une véritable passerelle d’une économie de subsistance vers une économie de transformation durable.